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— Abdelhakim Yamani, Analyste consultant géopolitique et Président de l'Institut Géopolitique Horizons — Ely Taleb Abdel KADER, Chercheur à l'Institut Géopolitique Horizons 4 avril 2025
En décembre 2024, quelques jours seulement avant la visite privée du président mauritanien au Maroc, une patrouille militaire algérienne a pénétré en territoire mauritanien et attaqué un campement d’orpailleurs. Cette révélation exclusive s’inscrit dans un contexte d’escalade préoccupante entre les deux pays, alors que plus de 60 ressortissants mauritaniens sont actuellement détenus au secret par l’Algérie depuis début mars 2025.
Les détails exclusifs d’une incursion armée algérienne en territoire mauritanienne
Notre Institut a pu obtenir une copie de l’enregistrement d’une conversation téléphonique avec l’une des victimes d’une incursion militaire algérienne en territoire mauritanien survenue en décembre 2024. Selon ce témoignage que nous avons pu authentifier, des militaires algériens armés de kalachnikovs ont attaqué un campement d’orpailleurs mauritaniens, détruit leurs installations et confisqué plusieurs de leurs possessions.
« Ils ont surgi de nulle part, armes au poing. Ils parlaient en arabe avec un accent algérien clair et portaient des uniformes militaires. Ils ont tout détruit avant de repartir avec notre matériel et notre Toyota », témoigne la victime dans l’enregistrement.
Le timing de cette opération est particulièrement significatif : elle s’est produite quelques jours seulement avant la visite privée du président mauritanien au Maroc, où il avait rencontré le roi Mohammed VI, une rencontre qui avait alimenté les spéculations sur un possible rapprochement entre Nouakchott et Rabat.
Escalade des tensions bilatérales
Cette révélation d’une incursion armée en territoire mauritanien prend une dimension particulièrement sensible dans le contexte géopolitique régional. Le timing de l’opération, juste avant la rencontre entre le président mauritanien et le roi du Maroc, soulève des questions sur les motivations profondes de cette action.
« Cette incursion pourrait être interprétée comme un message adressé à Nouakchott concernant son rapprochement avec Rabat », analyse un expert en relations internationales spécialiste du Maghreb contacté par notre institut. « L’Algérie observe avec inquiétude toute évolution diplomatique susceptible de renforcer la position marocaine dans la région. »
La réaction officielle du régime ne s’est pas fait attendre par le rappel dix après de son ambassadeur, Mohamed Benattou pour le remplacer par un chargé d’affaires.
D’ailleurs cette politique de représailles algérienne a été énoncée avec fracas par le président Tebboune lors d’une interview : « Tu me touches je te touche, que tu sois grand, moyen ou petit m’importe peu » ou exprimée autrement par le chef de l’armée algérienne Chenghriha :
« Nous savons bien choisir le moment et le lieu pour riposter à vos crimes odieux ».
Plus de 60 Mauritaniens détenus au secret
C’est dans ce contexte déjà tendu que s’inscrit la détention massive de plus de 60 ressortissants mauritaniens arrêtés début mars 2025. Selon des sources sécuritaires de haut niveau qui ont requis l’anonymat, ces orpailleurs ont été appréhendés dans une zone frontalière entre l’Algérie et la Mauritanie, environ une semaine avant le début du ramadan.
« Cette arrestation collective, survenue aux alentours du 3 mars 2025, n’a fait l’objet d’aucune communication officielle, ce qui est inhabituel même dans le cadre des opérations de sécurisation des frontières », nous précise un expert des questions sécuritaires régionales.
Notre institut a pu obtenir les noms de 12 personnes parmi les soixante concernées :
1. Abdallah Amadou Sal
2. Ahmed Salem Cheikh
3. Ali Sidi
4. Mohamed Hamadi Diallo
5. Mohamed Elf
6. Alsan Omar El Hadj Hussein
7. Menay Yahya
8. Mohamed El Mokhtar Lemīn
9. Jiddra Mohamed
10. Yahya Kassem Yahimeh
11. Ould Mohamed Najem Jilali
12. Ibrahim Emdo
Silence diplomatique et inquiétudes familiales
« Après plus de 45 jours de détention, l’absence totale de communication officielle devient préoccupante », nous confie une source proche du dossier. « Les familles sont sans nouvelles depuis leur disparition, et les canaux diplomatiques habituels semblent étonnamment inefficaces dans cette affaire. »
Des sources sécuritaires mauritaniennes indiquent que des démarches discrètes ont été entreprises pour localiser ces ressortissants et clarifier leur situation juridique, mais sans succès apparent jusqu’à présent.
« Cette détention prolongée sans notification consulaire constitue une violation claire des conventions bilatérales entre l’Algérie et la Mauritanie, ainsi que des normes internationales concernant le traitement des ressortissants étrangers », affirme un juriste spécialisé en droit international consulté par notre institut.
« Ce silence diplomatique est révélateur des enjeux géopolitiques sous-jacents », ajoute une source diplomatique régionale. « La Mauritanie se trouve dans une position délicate, prise entre ses relations avec l’Algérie d’un côté et son rapprochement progressif avec le Maroc de l’autre. »
L’or au cœur des tensions régionales
L’exploitation aurifère dans cette région transfrontalière cristallise des enjeux qui dépassent largement la simple question économique. La zone, proche du territoire disputé du Sahara occidental, constitue un point névralgique où s’entrecroisent les intérêts et les rivalités régionales.
Un expert en sécurité régionale nous explique : « L’orpaillage est devenu un prétexte commode pour maintenir une présence militaire renforcée dans ces zones frontalières stratégiques. Derrière la question des ressources se joue un véritable ‘Grand Jeu’ d’influence régionale. »
Des implications diplomatiques majeures
Ces révélations interviennent dans un contexte de recomposition géopolitique au Maghreb et au Sahel. « La question qui se pose désormais est celle de la réponse mauritanienne », analyse un observateur politique. « Nouakchott se trouve face à un dilemme : réagir fermement au risque de détériorer ses relations avec un voisin puissant, ou privilégier la discrétion au risque d’encourager de nouvelles incursions. »
Contactées par notre Institut, les autorités mauritaniennes n’ont pas souhaité commenter officiellement ces informations, évoquant seulement « des canaux diplomatiques appropriés pour traiter les questions bilatérales avec l’Algérie ».






