AES–CEDEAO : vers une coexistence pragmatique après la rupture ?
Discours officiel du 15 juillet, interdépendances régionales persistantes, signaux exclusifs recueillis par l’IGH : trois strates d’analyse convergent vers une même question. La rupture entre l’AES et la CEDEAO est-elle le point final d’une relation, ou le premier chapitre d’une recomposition encore à écrire ?
ANALYSERien, à ce stade, ne permet d’affirmer que l’AES et la CEDEAO s’acheminent vers un rapprochement institutionnel. La doctrine souverainiste défendue par Bamako reste présentée comme un acquis non négociable, et aucun des éléments recueillis par l’IGH n’indique une volonté de réintégration. Ce n’est donc pas de réconciliation qu’il convient de parler, mais, le cas échéant, de recomposition — un terme qui n’implique ni retour en arrière ni normalisation complète, mais l’émergence possible de formes de relation inédites entre les deux blocs.
HYPOTHÈSEPlusieurs facteurs pourraient favoriser une telle évolution : l’interdépendance économique entre pays de l’hinterland et pays côtiers, les grands projets énergétiques et de connectivité en développement dans la sous-région — sans qu’aucun élément obtenu par l’IGH ne permette aujourd’hui de les qualifier de leviers de rapprochement confirmés —, et l’enjeu sécuritaire transfrontalier, dont le traitement politique reste pour l’instant soigneusement évité par les deux parties.
FAITÀ l’inverse, la CEDEAO poursuit le renforcement d’une architecture sécuritaire autonome — la Force en attente, au cœur des travaux du sommet de Freetown — qui se construit sans lien formel avec les dispositifs militaires propres à l’AES. Les deux blocs développent ainsi, pour l’heure, des logiques parallèles plutôt que convergentes.
PROSPECTIVETrois trajectoires paraissent, à ce stade, également plausibles à l’horizon de trois à six mois : une compétition ouverte, où chaque bloc consoliderait ses propres mécanismes sans chercher de convergence ; une coexistence pragmatique, faite d’échanges ponctuels sur des dossiers précis sans intégration formelle ; ou une coopération ad hoc, limitée à des enjeux sectoriels bien identifiés — circulation des personnes, sécurité transfrontalière. Aucune de ces trois trajectoires ne peut, à ce jour, être présentée comme la plus probable : elles constituent des hypothèses de travail, non des prévisions.
ANALYSELes éléments réunis par l’Institut Géopolitique Horizons ne permettent pas de conclure à un rapprochement acquis entre l’AES et la CEDEAO. Ils justifient en revanche une surveillance attentive de cette relation dans les semaines à venir. L’IGH y consacrera une analyse approfondie, incluant des éléments non abordés dans cette série.






