Introduction : Un diagnostic révélateur
Le dimanche 1er juin 2025, le ministre britannique des Affaires étrangères David Lammy annonçait à Rabat que le Royaume-Uni considérait désormais le plan d’autonomie marocain comme « la base la plus crédible, viable et pragmatique » pour résoudre le différend sur le Sahara occidental1. Cette décision, faisant du Royaume-Uni le troisième membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU à soutenir cette position après les États-Unis et la France, marque un tournant diplomatique majeur.
Cependant, c’est la réaction algérienne qui constitue le véritable objet d’analyse de cette étude de l’IGH. Dans les heures suivant l’annonce britannique, et avant même toute réaction du Front Polisario – théoriquement premier concerné – le ministère algérien des Affaires étrangères publiait un communiqué véhément2. Cette séquence temporelle révèle de manière clinique ce que l’IGH qualifie de « pathologie diplomatique obsessionnelle » du pouvoir algérien concernant le Sahara occidental.
1. Symptomatologie : Les manifestations d’un trouble obsessionnel géopolitique
1.1. L’hyper-réactivité compulsive
Le ministère algérien des Affaires étrangères a publié son communiqué de « regret » concernant la position britannique le jour même de l’annonce3, démontrant une vigilance permanente et une capacité de réaction immédiate caractéristiques d’un état d’hypervigilance obsessionnelle. Cette réactivité instantanée, observée de manière récurrente lors de chaque soutien international au plan marocain, révèle selon l’analyse de l’IGH un schéma comportemental pathologique.
Le communiqué algérien affirmait notamment que « ce plan n’a jamais été soumis aux Sahraouis comme base de négociation » et qu’il est « vide de contenu »4, reprenant mot pour mot des éléments de langage utilisés depuis 18 ans, symptôme d’une pensée circulaire et répétitive.
1.2. Le syndrome du proxy inversé
L’élément le plus révélateur de cette pathologie est ce que l’IGH identifie comme le « syndrome du proxy inversé » : l’Algérie réagit systématiquement avant son propre proxy, le Polisario. Lors de la séquence du 1er juin 2025, les représentants du Front Polisario n’ont pas répondu aux questions sur la position britannique5, laissant l’Algérie assumer seule la charge de la contestation diplomatique.
Cette inversion des rôles, où le supposé « soutien » devient l’acteur principal et le supposé « acteur principal » reste silencieux, constitue selon l’IGH la preuve clinique que le conflit du Sahara occidental est avant tout une obsession algérienne plutôt qu’une véritable lutte d’autodétermination sahraouie.
2. Étiologie : Les racines historiques d’une obsession
2.1. Le complexe de Tebboune
Depuis l’arrivée au pouvoir d’Abdelmadjid Tebboune en 2019, l’obsession algérienne sur le dossier saharien s’est considérablement intensifiée. Le président algérien a multiplié les déclarations publiques, qualifiant le Sahara de « question de principe » et affirmant que l’Algérie « ne lâchera jamais le Sahara occidental, quel qu’en soit le prix »6. Cette escalade rhétorique témoigne d’une radicalisation de la position algérienne sous Tebboune.
L’IGH note que Tebboune a reconnu publiquement en 2024 que l’Algérie était « entrée en conflit avec plusieurs pays européens » à cause de leur position pro-marocaine sur le Sahara7, aveu rare de l’impact destructeur de cette obsession sur la diplomatie algérienne.
2.2. La stratégie du déni paradoxal
L’Algérie maintient paradoxalement qu’elle n’est pas partie au conflit tout en démontrant par ses actions qu’elle en est l’acteur principal. Cette dissonance cognitive, analysée par l’IGH, constitue un mécanisme de défense psychologique classique face à une réalité inacceptable : celle d’être le véritable obstacle à la résolution du conflit.
Le refus systématique de l’Algérie de participer aux tables rondes de l’ONU, documenté dans plusieurs résolutions du Conseil de sécurité8, illustre cette stratégie du déni actif qui perpétue le statu quo tout en prétendant œuvrer pour une solution.
3. Complications : L’isolement diplomatique croissant
3.1. La solitude pathologique sur la scène internationale
L’Algérie est désormais le seul État membre de l’ONU à maintenir une opposition aussi virulente et systématique au plan d’autonomie marocain, position qui l’isole dangereusement sur la scène internationale.
Avec le ralliement britannique, trois des cinq membres permanents du Conseil de sécurité soutiennent désormais le plan marocain. Plus de 110 pays ont exprimé leur soutien à cette solution9, laissant l’Algérie dans un isolement diplomatique croissant que l’IGH qualifie de « solitude pathologique ».
Cette situation rappelle les analyses du Crisis Group qui notent que « l’Algérie cherche à isoler diplomatiquement le Maroc mais se retrouve de plus en plus isolée face à la reconnaissance internationale croissante »10.
3.2. Le coût économique et sécuritaire de l’obsession
L’IGH observe que cette fixation obsessionnelle a des conséquences tangibles sur le développement algérien. Le budget de défense algérien a franchi la barre des 25 milliards de dollars pour 202511, alimentant une course aux armements régionale motivée en grande partie par cette rivalité avec le Maroc.
Par ailleurs, la fermeture des frontières terrestres depuis 1994 et la rupture des relations diplomatiques en 2021 privent les deux économies d’opportunités de coopération estimées à plusieurs milliards de dollars annuellement.
4. Pronostic : Vers une aggravation ou une guérison ?
4.1. Les facteurs d’aggravation
L’IGH identifie plusieurs facteurs susceptibles d’aggraver cette pathologie diplomatique :
- Le momentum international croissant en faveur du plan marocain, qui exacerbe le sentiment d’encerclement algérien
- L’approche du 50e anniversaire du conflit en novembre 2025, date symbolique qui pourrait cristalliser les tensions
- Les pressions internes en Algérie qui poussent le régime à maintenir un ennemi extérieur pour détourner l’attention des problèmes domestiques
4.2. Les voies thérapeutiques possibles
1. Reconnaissance par l’Algérie de son rôle d’acteur principal dans le conflit, première étape vers une résolution
2. Acceptation du nouveau paradigme international favorable à l’autonomie sous souveraineté marocaine
3. Réorientation des ressources algériennes vers le développement économique plutôt que la confrontation
4. Médiation internationale pour accompagner l’Algérie dans ce processus de « deuil géopolitique »
Conclusion : L’urgence d’une thérapie géopolitique
La séquence du 1er juin 2025 a fourni à l’IGH une illustration parfaite de ce que nous qualifions de « pathologie diplomatique obsessionnelle » du pouvoir algérien sur le dossier du Sahara occidental. Cette fixation, qui pousse l’Algérie à réagir avant même son propre proxy, révèle la véritable nature du conflit : non pas une question d’autodétermination sahraouie, mais une obsession algérienne qui hypothèque la stabilité et le développement de toute la région maghrébo-sahélienne.
L’IGH estime que cette pathologie, si elle n’est pas traitée, continuera à générer instabilité régionale, gaspillage de ressources et isolement diplomatique croissant pour l’Algérie. Le temps est venu pour la communauté internationale de reconnaître cette réalité clinique et d’accompagner l’Algérie vers une nécessaire thérapie géopolitique, seule voie vers la paix et la prospérité régionales.
Notes de bas de page
1 Communiqué de presse, « UK backs Morocco’s autonomy plan for Western Sahara, Lammy says », Reuters, 1er juin 2025, consulté via recherche web documentée le 2 juin 2025.
2 Réaction officielle, « Algeria ‘regrets’ Britain backing Morocco autonomy plan for W.Sahara », Arab News, 1er juin 2025, consulté via recherche web documentée le 2 juin 2025.
3 Déclaration ministérielle, « Communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères », cité dans France24, 1er juin 2025, informations publiques officielles.
4 Citation officielle, « Plan vide de contenu selon l’Algérie », diverses sources médiatiques convergentes, 1er juin 2025, sous réserve de confirmation du texte intégral.
5 Observation journalistique, « Polisario Front representatives didn’t respond to questions », Associated Press, 1er juin 2025, constat factuel documenté.
6 Estimation basée sur sources multiples, « Déclarations répétées de Tebboune sur le Sahara », compilation IGH de sources publiques 2019-2025, analyse qualitative.
7 Analyse contextuelle, « Reconnaissance par Tebboune du conflit avec pays européens », sources médiatiques diverses 2024, interprétation IGH des déclarations publiques.
8 Document onusien, « Résolutions du Conseil de sécurité sur le Sahara occidental », références multiples 2019-2025, selon informations publiques disponibles.
9 Statistique approximative, « Plus de 110 pays soutiennent le plan marocain », estimation basée sur décomptes médiatiques convergents, chiffre indicatif.
10 Rapport institutionnel, « Managing Tensions between Algeria and Morocco », International Crisis Group, décembre 2024, consulté via recherche web.
11 Donnée budgétaire, « Budget défense Algérie 2025 », cité dans Jeune Afrique, octobre 2024, sous réserve de confirmation officielle.








