À propos de cette publication
Cette note publique de l’Institut Géopolitique Horizons (IGH) s’inscrit dans la continuité de la Note d’Orientation Stratégique publiée le 17 juillet 2025 (Algérie : pistes de sortie de crise). Elle repose sur l’analyse croisée d’éléments factuels récents, de signaux faibles et de recoupements d’informations émanant de sources internes au système politico-sécuritaire algérien.
L’IGH, fort de relais établis dans plusieurs cercles algériens de premier plan, a choisi de rendre cette analyse publique afin d’alerter, de documenter et d’anticiper les dynamiques en cours. Certaines données sensibles ont été volontairement atténuées ou reformulées afin de protéger l’intégrité des sources. Cette note ne prétend pas tout révéler, mais elle donne à lire ce que certains segments du pouvoir algérien eux-mêmes considèrent comme les évolutions plausibles des semaines à venir.
1. Introduction – Fractures visibles, recomposition invisible
Alors que l’Algérie traverse une séquence d’opacité renforcée, plusieurs événements survenus entre le 16 et le 19 juillet 2025 éclairent un possible basculement en cours au sommet de l’État. La simultanéité d’interrogatoires présidentiels, de déplacements non publics, de signaux diplomatiques et de repositionnements internes esquisse les contours d’une recomposition politique préparée, mais non encore annoncée.
2. Faits confirmés et recoupés
- Les généraux Abdelkader Haddad et Ali Oulhaj restent détenus à la prison militaire de Blida, pour le moment. Leur relaxe est cependant envisagée dans une phase ultérieure.
- Les auditions de trois conseillers de Tebboune ont eu lieu les 16 et 17 juillet à la caserne Antar.
- Seuls deux d’entre eux (Belkaïm et Kamal Sidi Saïd) ont quitté les lieux dès le 17 juillet. Amirouche, secrétaire particulier de la présidence, n’en est sorti que le 18.
- L’interrogatoire d’Amirouche a porté principalement sur les activités du directeur de cabinet, Boualam Boualam. Selon nos informations, Amirouche aurait été particulièrement loquace.
- Ce dernier a effectué un aller-retour Paris-Alger le 16 juillet pour rencontrer des interlocuteurs français.
- L’interview télévisée du président Tebboune diffusée le 18 juillet avait été enregistrée la veille, sans annonce préalable.
- Le général Toufik s’est rendu en Allemagne pour des examens médicaux qualifiés de « routiniers ».
3. Une recomposition à huis clos
Des sources concordantes laissent entendre qu’un projet de gouvernement d’union nationale, porté par une partie de l’appareil sécuritaire, est en préparation. Il viserait à rétablir un équilibre institutionnel sans passer par une démission formelle du président en exercice.
Selon les informations recoupées par l’IGH, ce gouvernement exclurait toute participation de Saïd Chengriha. Un chef de gouvernement est déjà identifié, deux autres noms sont en réserve. L’objectif : rétablir les canaux diplomatiques régionaux, apaiser les tensions internes et entamer une forme de dialogue national.
4. Indicateurs discrets à surveiller
- Changements de posture à la télévision publique (discours, rhétorique).
- Libérations ciblées de prisonniers politiques ou figures médiatiques.
- Messages indirects adressés à Rachad, au MAK, ou à l’opposition kabyle.
- Visites diplomatiques discrètes vers la France, les Émirats, ou le Qatar.
- Disparition ou repositionnement de figures du cabinet présidentiel (Amirouche, BB, Belkaïm).
5. Scénarios ouverts à court terme
- Un gouvernement d’union est formé, Tebboune reste président symbolique mais sans prérogatives.
- Une annonce de « retrait pour raisons de santé » est formulée pour Chengriha ou Tebboune.
- Le clan Toufik consolide son retour avec un nouveau PM, une stratégie régionale revue et un apaisement interne.
- En cas d’échec de consensus, la scène politique pourrait être gelée temporairement sous une gouvernance de fait par les services.
6. Conclusion – Lire au-delà du silence
L’Algérie avance à pas feutrés vers une reconfiguration potentielle de ses équilibres. L’absence d’annonces ne signifie pas absence de mouvement. Derrière le silence apparent du président, l’arrestation de figures clés, les auditions croisées et les déplacements officiels discrets dessinent les contours d’un basculement qui, s’il se concrétise, visera à stabiliser le pays sans remettre en cause la verticalité du pouvoir.
Institut Géopolitique Horizons (IGH) – Juillet 2025
IGH-NP-Maghreb-20250720








