Institut Géopolitique Horizons - 22 février 2025Note : Cette analyse se base sur les éléments publiquement disponibles à la date du 22 février 2025.
La séquence diplomatique et sécuritaire de ces derniers mois interroge sur une possible évolution de la position marocaine face à l’Algérie. Du discours royal de novembre 2024 aux récentes découvertes sécuritaires, en passant par les déclarations du ministre Bourita, les signaux d’un changement d’approche se multiplient.
Une séquence diplomatique et sécuritaire dense
La chronologie récente éclaire cette évolution de la position marocaine :
6 novembre 2024 : Discours du Roi Mohammed VI qualifiant certaines positions de « déconnectées du monde réel » lors de la commémoration de la Marche Verte et utilisant l’expression « l’autre monde » en référence à l’Algérie.
15 février 2025 : Élection de l’Algérie à la vice-présidence de l’Union Africaine.
19 février 2025 : Les services marocains démantèlent une cellule terroriste avec des arrestations simultanées dans neuf villes du Royaume (Laâyoune, Casablanca, Fès, Taounate, Tanger, Azemmour, Guercif, Oulad Teïma et Tamesna). Douze personnes sont interpellées.
20 février 2025 : Découverte d’une base arrière logistique de la cellule près d’Oued Naam, à la frontière orientale, contenant un arsenal conséquent.
20 février 2025 : Intervention remarquée de Nasser Bourita devant le Forum des Présidents des Commissions des Affaires Étrangères des Parlements Africains.
Une nouvelle assurance diplomatique
Cette évolution du discours marocain s’inscrit dans un contexte international favorable. Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche depuis le 20 janvier 2025 renforce la position du Royaume sur le dossier du Sahara. Son administration précédente avait déjà marqué un tournant décisif dans la reconnaissance de la souveraineté marocaine.
Un changement de ton significatif
Le discours de Bourita, prononcé au lendemain du démantèlement d’une importante cellule terroriste, prend une résonance particulière. Sa déclaration sur « le rejet de l’opportunisme et des faux leaderships auto-proclamés » intervient dans un contexte où les preuves matérielles d’activités terroristes transfrontalières s’accumulent. La découverte d’une base logistique sophistiquée à Oued Naam, avec des armes emballées dans des journaux maliens datés du 27 janvier 2025, pose directement la question de la surveillance des frontières orientales.
Des implications sécuritaires majeures
La localisation de cette base arrière, dans une zone théoriquement sous surveillance de la troisième région militaire algérienne, soulève des interrogations légitimes. L’arsenal découvert – fusils d’assaut Kalachnikov, explosifs artisanaux, équipements de vision nocturne – témoigne d’une logistique élaborée ayant nécessité des complicités ou, a minima, une certaine permissivité dans la surveillance frontalière.
Une doctrine diplomatique en évolution
Cette nouvelle approche marocaine reflète la maturité d’un pays qui, fort de ses succès diplomatiques et de son développement interne, peut désormais exprimer plus directement ses préoccupations. Le timing de ces déclarations, entre l’élection contestée à l’UA et la découverte d’activités terroristes à sa frontière orientale, suggère une stratégie coordonnée plutôt qu’une simple réaction conjoncturelle.
Ainsi, et de prime abord, plus qu’un durcissement, on observe l’émergence éventuelle d’une nouvelle position diplomatique marocaine. Cette approche, plus directe, s’appuie sur des faits concrets – tant sécuritaires que diplomatiques – pour justifier une position plus affirmée sur la scène régionale.








