INTRODUCTION : LES SIGNES AVANT-COUREURS D’UNE CRISE TERMINALE
En mai 2025, l’Algérie présente tous les signes d’un État en crise systémique. Le président Abdelmadjid Tebboune, réélu en septembre 2024 dans des conditions hautement contestées (84,3% des voix avec une participation réelle estimée à moins de 10% selon les observateurs indépendants), voit sa légitimité politique s’éroder à un rythme accéléré. Son parcours personnel illustre parfaitement les contradictions d’un système où le pouvoir civil n’est qu’une façade derrière laquelle opèrent les véritables centres décisionnels militaires.
Notre analyse s’appuie sur plusieurs sources distinctes et convergentes qui font état de contacts établis (et tentatives de contacts) entre différentes factions militaires algériennes et des acteurs étrangers en conflit direct avec Alger : responsables marocains, représentants du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK), et émissaires des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Ces démarches, inhabituelles dans leur simultanéité et leur intensité, signalent qu’un processus de recomposition du pouvoir est en cours, avec comme constante la prééminence de l’élément militaire – le « vert kaki » mentionné par nos sources.
La convergence de facteurs déstabilisateurs pour le régime est sans précédent : résolution programmée du dossier du Sahara, crise avec la France atteignant des sommets historiques, perspective de plus en plus concrète d’une classification du Polisario comme organisation terroriste, menace de sanctions américaines, et enfin un isolement géopolitique et régional inédit. Face à ces défis existentiels, la désignation d’un bouc émissaire devient une nécessité stratégique pour l’État profond algérien. L’éviction de Tebboune, potentiellement accompagnée de celle du général Saïd Chengriha, permettrait au système de se régénérer en prétendant « repartir sur de nouvelles bases ».
L’hospitalisation de Tebboune en Allemagne fin 2020 constitue un précédent instructif : déjà à cette époque, son éviction avait été envisagée par certains cercles du pouvoir. Sa survie politique tenait alors à trois facteurs conjoncturels aujourd’hui disparus : le début récent de son mandat, le contexte exceptionnel de la pandémie, et l’appui diplomatique français. En 2025, ces garde-fous ont disparu, laissant le président dans une position de vulnérabilité sans précédent.
I. LES FONDEMENTS STRUCTURELS DE LA VULNÉRABILITÉ PRÉSIDENTIELLE
A. La légitimité contestée : le piège de l’élection fantôme
La fraude électorale massive a été confirmée indirectement par les autorités judiciaires elles-mêmes : trois anciens candidats dont les dossiers avaient été rejetés (Saïda Neghza, Belkacem Sahli et Abdelhakim Hamadi) ont été condamnés en mai 2025 à dix ans de prison pour avoir acheté des parrainages d’élus. L’enquête a impliqué une soixantaine d’autres personnes, dont de nombreux élus locaux, condamnés pour corruption électorale. Cette reconnaissance officielle des manipulations électorales fragilise l’ensemble du processus et, par extension, la légitimité du président.
B. L’instabilité gouvernementale chronique : le symptôme d’un pouvoir fragmenté
Depuis son investiture en décembre 2019, Tebboune a nommé trois Premiers ministres différents (Abdelaziz Djerad, Aïmene Benabderrahmane et Nadir Larbaoui) et procédé à multiples remaniements ministériels, signe d’une instabilité chronique. Plus révélateur encore, la nomination de Saïd Chengriha comme ministre délégué à la Défense en novembre 2024 marque une militarisation assumée du gouvernement et une perte d’autonomie présidentielle.
Cette valse des ministres reflète moins des choix stratégiques que des tentatives d’équilibrisme entre factions rivales du pouvoir. L’échec à attirer des figures de premier plan dans les gouvernements successifs traduit la perception d’un régime en fin de vie, où l’entrée au gouvernement représente désormais un risque majeur pour les carrières (avec de nombreux anciens ministres en prison pour corruption).
C. L’hyperprésidentialisme de façade : un pouvoir civil sous tutelle
L’influence croissante de l’armée dans la vie politique algérienne contredit les promesses initiales de Tebboune d’une « nouvelle Algérie » avec des institutions civiles renforcées. Le récent décret autorisant le détachement d’officiers militaires dans l’administration civile consacre cette militarisation rampante. Cette évolution révèle la nature profondément contradictoire du régime : un hyperprésidentialisme de façade couplé à une tutelle militaire effective.
La répression du Hirak a nécessité un renforcement de l’arsenal répressif, donnant à l’armée et aux services de sécurité une influence accrue. Cette dynamique s’est amplifiée avec la révision constitutionnelle de 2020, qui, malgré une rhétorique de « nouvelle République », a consolidé les structures autoritaires existantes tout en maintenant le statu quo quant au rôle de l’armée comme « colonne vertébrale » du régime.
II. LE PRECEDENT DE 2020 : LEÇONS D’UNE CRISE POLITIQUE AVORTÉE
A. L’hospitalisation en Allemagne : chronologie d’un vide du pouvoir
L’hospitalisation de Tebboune en Allemagne à partir du 28 octobre 2020 pour cause de COVID-19 a créé une crise politique majeure. Son absence prolongée (près de deux mois) a généré une vacance du pouvoir de facto, bien que non reconnue officiellement. Cette situation a révélé la fragilité des institutions algériennes face à l’indisponibilité du chef de l’État, le système étant incapable de fonctionner normalement sans sa présence.
La vidéo postée sur Twitter le 13 décembre 2020 depuis son lieu de convalescence à Berlin constitue un moment clé dans cette crise. Cette intervention, réalisée sans consultation préalable avec l’establishment militaire, visait à réaffirmer son autorité politique. Le choix de Twitter comme canal de communication – plateforme internationale échappant au contrôle des services algériens – et l’absence notable de remerciements à l’armée signalaient clairement les tensions entre la présidence et l’institution militaire.
La vraie raison de cette communication d’urgence depuis Berlin était de contrer une tentative de mise à l’écart en cours à Alger. Selon nos sources, des discussions avaient déjà été engagées au sein du haut commandement militaire pour activer l’article 102 de la Constitution (concernant l’empêchement du président). Seule l’intervention de services français, qui ont alerté Tebboune de ces manœuvres, lui a permis de réagir à temps et de déjouer cette tentative d’éviction.
B. Le soutien français de 2020 : un garde-fou aujourd’hui disparu
Le soutien d’Emmanuel Macron à Tebboune en 2020-2021 a joué un rôle crucial dans le maintien de ce dernier au pouvoir. Le président français avait alors déclaré qu’il ferait tout son possible « pour aider le président Tebboune », qu’il jugeait « courageux » tout en soulignant qu’il était « pris dans un système » – référence à peine voilée au carcan militaire entravant l’action présidentielle.
Ce soutien diplomatique français a constitué un facteur déterminant dans la survie politique de Tebboune en 2020. Cependant, la dégradation spectaculaire des relations franco-algériennes depuis 2022, culminant avec la reconnaissance implicite par Paris de la souveraineté marocaine sur le Sahara, a fait disparaître ce garde-fou diplomatique. Selon des informations de dernière heure publiées par le média français « L’Express », le président Macron s’apprêterait même à geler les avoirs d’une vingtaine de hauts responsables algériens disposant de biens et intérêts financiers en France, mesure sans précédent qui cible directement l’élite dirigeante dont Tebboune dépend.
C. Le contexte exceptionnel de la pandémie : un argument de stabilité révolu
En 2020, la pandémie mondiale de COVID-19 créait un contexte exceptionnel favorisant la stabilité institutionnelle. L’éviction de Tebboune aurait représenté un facteur supplémentaire d’instabilité dans une période déjà critique. En 2025, cette contrainte a disparu : la pandémie n’est plus un facteur d’immobilisme politique, ouvrant la voie à des recompositions que l’urgence sanitaire avait temporairement gelées.
Par ailleurs, le début récent du premier mandat de Tebboune en 2020 plaidait pour une certaine continuité. En 2025, à près d’un an dans son second mandat et après plus de cinq ans au pouvoir, ce facteur ne joue plus en sa faveur. Le bilan de sa gouvernance, marqué par l’échec des réformes promises et l’aggravation des problèmes socio-économiques, ne constitue plus un argument de stabilité mais au contraire un facteur de vulnérabilité.
III. LE NOUVEL ÉCHIQUIER GÉOPOLITIQUE : L’ALGÉRIE ISOLÉE
A. L’encerclement diplomatique régional : une stratégie coordonnée
L’Algérie de Tebboune fait face à un isolement diplomatique sans précédent depuis l’indépendance. La rupture des relations avec le Maroc en 2021, les tensions croissantes avec l’Alliance des États du Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso), la détérioration des relations avec la France et l’Espagne, la perte d’influence en Libye et aussi et surtout l’éloignement de l’allié traditionnel russe dessinent un tableau d’encerclement stratégique.
Cet isolement n’est pas le fruit du hasard mais résulte d’une stratégie coordonnée où les Émirats arabes unis jouent un rôle central. La séquence diplomatique récente – visite de Sheikh Shakhboot Bin Nahyan Al Nahyan dans les trois capitales de l’AES suivie de la mission de Saddam Haftar au Niger – matérialise l’activation d’une stratégie d’encerclement orchestrée depuis Abou Dhabi, exploitant les fractures sahéliennes pour redessiner les équilibres régionaux au détriment d’Alger.
B. Le dossier kabyle : une bombe à retardement réactivée
La Kabylie, avec ses 6 millions d’habitants et ses ressources économiques significatives, représente 15% de la population algérienne concentrée sur un territoire stratégique face à la Méditerranée. Son taux de participation électorale inférieur à 1% lors de la présidentielle de septembre 2024 révèle une sécession démocratique de facto, créant un vide politique exploitable par les mouvements séparatistes.
L’instrumentalisation externe de la question kabyle s’inscrit dans une stratégie plus large visant à affaiblir l’État algérien. Le précédent de la reconnaissance par le Maroc de « l’autodétermination de la Kabylie » en juillet 2021 a ouvert une brèche diplomatique que d’autres acteurs régionaux exploitent désormais. Cette dynamique crée une vulnérabilité structurelle que le pouvoir algérien peine à contrer, d’autant que la répression du Hirak a considérablement réduit la marge de manœuvre du pouvoir central en Kabylie.
Nos sources indiquent que certaines factions militaires algériennes, conscientes de l’impasse actuelle, envisagent un changement de paradigme face à la question kabyle. Plutôt que de poursuivre une répression contre-productive, ces cercles militaires « pragmatiques » proposeraient d’utiliser le changement de dirigeant pour initier un processus de décentralisation contrôlée, susceptible de désamorcer les revendications indépendantistes tout en préservant l’intégrité territoriale formelle. Cette approche nécessiterait un nouveau visage à la tête de l’État, Tebboune étant trop identifié à la politique de répression actuelle.
C. L’hypothèque du Polisario : vers une requalification terroriste
L’annonce par le parlementaire américain Joe Wilson de la possible classification du Polisario comme Foreign Terrorist Organization (FTO) constituerait un coup fatal à la diplomatie algérienne. Cette requalification, si elle se concrétise, transformerait le soutien algérien au mouvement séparatiste en soutien à une organisation terroriste désignée, avec toutes les conséquences juridiques et financières qui en découlent.
La perspective d’une résolution définitive du dossier du Sahara, avec une reconnaissance internationale croissante de la souveraineté marocaine, retire à Tebboune l’un des principaux leviers de sa politique étrangère. Cette évolution, combinée à l’influence grandissante du Maroc dans les instances décisionnelles américaines et européennes, crée une situation diplomatique intenable pour le président algérien, qui se retrouve à défendre une position de plus en plus isolée et perçue comme anachronique par les partenaires internationaux.
Le financement, l’armement et le soutien logistique au Polisario représentent un investissement stratégique colossal pour l’Algérie depuis près de cinq décennies. L’effondrement probable de ce projet géopolitique constituerait un échec majeur pour le régime et pourrait précipiter une crise de légitimité interne. Face à cette perspective, certains cercles militaires algériens pourraient privilégier un changement de cap radical, impliquant nécessairement un changement à la tête de l’État.
IV. LES DYNAMIQUES INTERNES : VERS UNE REDISTRIBUTION DES CARTES
A. Les rivalités au sein de l’establishment militaire : le jeu des factions
L’emprisonnement actuel de 155 officiers supérieurs à la prison militaire de Blida – un chiffre sans précédent – révèle l’ampleur des purges internes et des fractures au sein de l’establishment sécuritaire. Cette situation exceptionnelle traduit une guerre des clans qui dépasse largement le cadre habituel des rivalités internes et annonce une recomposition majeure du pouvoir militaire algérien.
Le décret du 6 juin 2024 renforçant le contrôle militaire sur les affaires civiles a accentué les tensions entre différentes factions au sein de l’armée. Ce texte, qui place justice, entreprises publiques et administration sous tutelle militaire directe, a cristallisé les oppositions entre les partisans d’une militarisation assumée du régime et ceux qui privilégient le maintien d’une façade civile du pouvoir.
La nomination de Saïd Chengriha comme ministre délégué à la Défense en novembre 2024 marque une étape supplémentaire dans cette militarisation, tout en révélant les manœuvres internes visant à positionner certaines figures militaires dans la perspective d’une succession de Tebboune. Ce placement stratégique illustre la prééminence du militaire sur le politique et surtout la dépendance criante du président actuel.
B. La crise socio-économique persistante : le carburant du mécontentement
Sur le plan économique, le bilan de Tebboune est catastrophique : inflation galopante, chômage massif (particulièrement chez les jeunes où il dépasse 30%), pénuries récurrentes de produits de première nécessité (semoule, lait, médicaments). Cette détérioration continue du niveau de vie alimente un mécontentement populaire croissant qui fragilise davantage la position du président.
Malgré les discours officiels sur la diversification économique, l’Algérie reste dramatiquement dépendante des hydrocarbures qui représentent toujours plus de 90% des recettes d’exportation. Les promesses de réformes structurelles n’ont pas été suivies d’effets significatifs, tandis que la corruption systémique continue de gangrener l’économie nationale. Cette stagnation économique réduit la marge de manœuvre politique du président, qui ne peut plus s’appuyer sur la redistribution de la rente pétrolière pour acheter la paix sociale.
C. Les contacts avec l’étranger : signaux d’une recomposition en cours
Ces contacts ne sont pas uniquement le fait d’acteurs marginaux mais impliquent des cercles proches du centre du pouvoir. Ils s’inscrivent dans une logique de positionnement anticipé face à un inévitable changement à la tête de l’État. La multiplication de ces canaux parallèles traduit une érosion de la discipline institutionnelle et une autonomisation croissante de différentes factions au sein de l’appareil sécuritaire.
La constante « vert kaki » mentionnée par nos sources indique que ces recompositions, bien que diverses dans leurs orientations, convergent toutes vers un renforcement du rôle de l’armée dans la future configuration du pouvoir. Selon nos informations, le pouvoir actuel se trouve dans une véritable impasse et ne sait plus véritablement où donner de la tête. Cette confusion au sommet de l’État explique en partie la multiplication des contacts informels avec des acteurs extérieurs.
V. SCÉNARIOS PROSPECTIFS : LES CHEMINS DE L’ÉVICTION
A. Scénario 1 : L’éviction constitutionnelle (probabilité : 45%)
Ce scénario présente plusieurs avantages pour l’establishment militaire : il évite une rupture brutale de la légalité, préserve une certaine stabilité institutionnelle, et offre une période de transition (90 jours) permettant de préparer l’élection d’un nouveau président plus en phase avec les orientations du pouvoir militaire. Sa principale force réside dans sa capacité à maintenir l’apparence d’une continuité constitutionnelle, élément important pour la légitimation interne et externe du régime.
B. Scénario 2 : La démission forcée (probabilité : 35%)
Dans ce scénario, Tebboune serait contraint à la démission sous la pression convergente de l’armée et des services de sécurité. Cette démission pourrait être présentée comme un acte volontaire motivé par des raisons de santé ou par la reconnaissance de l’échec des politiques menées. La pression exercée resterait discrète mais implacable, probablement liée à des dossiers compromettants concernant la famille présidentielle ou ses proches collaborateurs.
Ce scénario permettrait d’éviter une crise institutionnelle ouverte tout en facilitant une transmission contrôlée du pouvoir. Il préserverait également l’image internationale de l’Algérie en évitant l’apparence d’un coup d’État militaire. La démission serait probablement suivie d’une période de transition dirigée par le président du Conseil de la Nation, conformément aux dispositions constitutionnelles, avant l’organisation d’une élection présidentielle anticipée soigneusement encadrée.
C. Scénario 3 : La rupture institutionnelle (probabilité : 15%)
Dans l’hypothèse d’une résistance de Tebboune aux pressions visant à obtenir sa démission, ou en cas de crise sécuritaire majeure, une intervention directe de l’armée reste possible. Ce scénario impliquerait une suspension temporaire de la Constitution, la formation d’un Haut Conseil de Sécurité assumant les fonctions exécutives, et l’annonce d’une « feuille de route » pour le retour à l’ordre constitutionnel. Bien que moins probable en raison de son coût diplomatique et de ses risques internes, cette option demeure envisageable si les tensions atteignent un point de rupture.
Une telle rupture institutionnelle représenterait un retour aux pratiques des années 1990, avec un rôle ouvertement prépondérant de l’armée. Elle présenterait l’avantage de clarifier les rapports de force réels au sein du système algérien, mais comporterait des risques significatifs en termes de stabilité intérieure et de relations internationales. Ce scénario pourrait être déclenché par une aggravation brutale de la situation sécuritaire aux frontières ou par une crise interne majeure liée à la question kabyle.
D. Scénario 4 : Élections présidentielles anticipées (probabilité : 25%)
L’avantage principal de ce scénario réside dans sa capacité à préserver les apparences démocratiques tout en permettant un changement contrôlé. Il offrirait une sortie honorable à Tebboune tout en donnant aux militaires le temps de préparer l’accession au pouvoir d’un candidat consensuel. Cette option présenterait également l’avantage de projeter une image de normalité institutionnelle à l’international, potentiellement utile pour désamorcer certaines pressions diplomatiques.
La période préélectorale permettrait aux différentes factions militaires de négocier un nouveau partage du pouvoir, tandis que les résultats seraient soigneusement orchestrés pour garantir l’élection du candidat choisi. Ce scénario s’inscrirait dans la tradition algérienne de transmission du pouvoir formellement démocratique mais substantiellement contrôlée.
CONCLUSION STRATÉGIQUE : L’ALGÉRIE À LA CROISÉE DES CHEMINS
L’analyse des facteurs de vulnérabilité du président Tebboune révèle une convergence sans précédent d’éléments défavorables à son maintien au pouvoir. La conjonction de pressions internes (militarisation du régime, crise économique, contestation de sa légitimité) et externes (isolement diplomatique, encerclement régional, résolution imminente du dossier saharien) crée les conditions d’une éviction qui apparaît désormais comme inéluctable à moyen terme.
La question n’est plus de savoir si Tebboune terminera son mandat, mais plutôt quand et comment interviendra son départ. Les scénarios d’éviction constitutionnelle, de démission forcée ou d’élections anticipées semblent les plus probables, avec une préférence du système pour des solutions préservant une apparence de légalité et de continuité institutionnelle. Dans tous les cas, le rôle de l’armée dans la transition sera déterminant, confirmant la prééminence du « vert kaki » dans la configuration future du pouvoir algérien.
– Probabilité que Tebboune termine son second mandat (horizon 2029) : inférieure à 10%
– Échéance probable de l’éviction : 2-3 mois (avant la prochaine réunion du Conseil de Sécurité sur le Sahara)
– Configuration post-Tebboune la plus probable : présidence civile sous contrôle militaire renforcé
– Risque de déstabilisation majeure en cas d’éviction mal gérée : élevé
Le système politico-militaire algérien, dont la survie est réellement menacée par la résolution programmée du dossier du Sahara, la crise avec la France, la perspective d’une classification du Polisario comme organisation terroriste et l’isolement géopolitique régional, cherche désormais un bouc émissaire. L’éviction de Tebboune (et potentiellement de Chengriha) permettrait au système de reconquérir un second souffle et de prétendre repartir sur « de nouvelles bases », tout en maintenant intactes ses structures fondamentales de pouvoir.
Cette analyse n’a pas vocation à prédire l’avenir mais à éclairer les tendances lourdes qui façonnent la trajectoire politique de l’Algérie. Dans ce contexte d’incertitude, la vigilance s’impose face aux développements des prochains mois, qui pourraient accélérer ou ralentir le compte à rebours de la présidence Tebboune, sans toutefois en modifier l’issue probable.









