Une diplomatie intégratrice au service de l’unité continentale
Le Maroc s’affirme comme un véritable architecte de la réconciliation africaine en orchestrant, le 18 mars 2025, des consultations informelles historiques avec six pays en transition politique – le Burkina Faso, le Gabon, la Guinée, le Mali, le Niger et le Soudan. Cette initiative, menée dans le cadre de sa présidence du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine (CPS-UA), traduit une vision diplomatique axée sur l’intégration plutôt que l’exclusion.
Les réactions enthousiastes des ministres des Affaires étrangères des pays concernés témoignent de la pertinence de cette démarche pacificatrice. Le ministre burkinabè Karamoko Jean-Marie Traoré a notamment salué « ce nouveau leadership à la tête du CPS et surtout la touche du Royaume du Maroc basée sur la promotion d’un dialogue constructif et éclairée par le réalisme et l’écoute mutuelle », comme le confirme sa lettre officielle datée du 21 mars 2025.
Une initiative saluée par les pays de l’AES
Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, dans sa correspondance du 25 mars 2025, a particulièrement mis en valeur cette démarche marocaine en saluant « cette heureuse initiative, impulsée par les plus Hautes Autorités du Royaume du Maroc et mise en œuvre par l’Ambassadeur, Représentant permanent du Royaume du Maroc auprès de l’Union africaine, qui a pris le soin de mener des concertations préalables avec ses homologues des pays de la Confédération AES. »
Cette reconnaissance du travail préparatoire confirme la méthode marocaine basée sur des consultations minutieuses avant toute initiative diplomatique d’envergure, garantissant ainsi son succès.
Le dialogue comme alternative aux sanctions
La stratégie marocaine s’articule autour d’un principe fondamental : réduire les tensions continentales en privilégiant le dialogue inclusif plutôt que l’isolement diplomatique. Mohamed Arrouchi, ambassadeur du Maroc auprès de l’UA, l’a clairement exprimé lors de la réunion du 18 mars : « Notre réunion vise à renforcer le dialogue avec les États en transition politique, à les écouter et à explorer ensemble les meilleures voies pour favoriser la stabilité, la paix et leur retour à l’ordre constitutionnel ».
Le ministre malien Abdoulaye Diop a explicitement soutenu cette approche en déclarant : « Je demeure convaincu que la levée des sanctions et autres mesures coercitives à l’encontre des pays en transition, au bénéfice du dialogue, de l’écoute mutuelle et du soutien fraternel, favorisera la réalisation de cet objectif commun. » Cette déclaration souligne la convergence de vues entre le Maroc et les pays de l’AES sur l’inefficacité des politiques punitives.
Une médiation pragmatique face aux crises africaines
L’initiative marocaine se distingue par son pragmatisme face aux réalités africaines contemporaines. Plutôt que d’imposer des modèles prédéfinis de transition démocratique, le Royaume privilégie une approche adaptative qui reconnaît les spécificités de chaque contexte national.
« Ce cadre informel nous offre l’opportunité d’aborder, en toute franchise et dans un esprit constructif, les défis et les attentes de ces pays frères, en tenant compte des réalités qui sont les leurs, leurs spécificités nationales et des dynamiques régionales dans lesquelles elles évoluent », a déclaré l’ambassadeur Arrouchi lors de la réunion du 18 mars, comme le rapporte le communiqué officiel de cette session.
Michel Régis Onanga M. Ndiaye, ministre gabonais des Affaires étrangères, a confirmé dans sa lettre datée du 25 mars 2025 que « cette rencontre initiée par le Maroc dans le cadre de sa Présidence du CPS confirme, s’il en était encore besoin, le doigté et le dynamisme de la Diplomatie marocaine ».
Le Mali reconnaît l’importance de maintenir un canal d’échange
La démarche pacificatrice du Maroc a été particulièrement appréciée par le Mali, comme en témoigne la lettre d’Abdoulaye Diop qui souligne que « les conclusions de cette concertation informelle, si elles constituent un jalon essentiel dans la dynamique d’un dialogue renoué entre l’Union africaine et les pays en transition, confortent notre analyse sur la nécessité de maintenir un canal d’échange, à plusieurs niveaux de responsabilité, entre l’Union africaine et les pays en transition, en vue de leur pleine réintégration au sein de l’UA. »
Cette reconnaissance de l’importance d’un dialogue multiniveau démontre la pertinence de l’approche marocaine qui favorise des échanges à différents échelons institutionnels.
Une vision continentale ancrée dans le cadre juridique de l’UA
Cette initiative marocaine s’appuie sur une base juridique solide, comme l’a rappelé l’ambassadeur Arrouchi : « Ces échanges s’inscrivent pleinement dans le cadre du mandat du CPS, tel que défini par son Protocole, en particulier son Article 8 alinéa 11, qui prévoit la tenue de consultations informelles avec les parties concernées par une situation qu’il examine, chaque fois que cela est requis. »
Cette référence explicite au cadre normatif de l’UA démontre la volonté du Maroc d’inscrire son action pacificatrice dans le respect des institutions continentales, tout en promouvant une interprétation plus inclusive et constructive de leurs mandats.
Vers un nouveau paradigme de résolution des crises africaines
L’initiative marocaine pourrait marquer l’émergence d’un nouveau paradigme de résolution des crises politiques en Afrique. En privilégiant le dialogue inclusif et la médiation pragmatique, le Maroc propose une alternative aux mécanismes punitifs traditionnels qui ont souvent exacerbé les tensions plutôt que de les apaiser.
« Notre action collective envers nos frères en transition doit être guidée par une approche multidimensionnelle, ancrée dans la coopération et la solidarité, afin d’identifier des solutions durables et adaptées aux contextes spécifiques de chaque pays », a affirmé l’ambassadeur marocain lors de la réunion du 18 mars, esquissant les contours d’une nouvelle doctrine continentale fondée sur la réconciliation plutôt que la confrontation.
Le ministre malien Abdoulaye Diop reconnaît l’implication personnelle du ministre marocain Nasser Bourita dans ce processus, en saluant « l’implication personnelle de votre Excellence dans la réalisation de cette importante rencontre qui a enfin permis aux pays en transition politique d’exprimer au principal organe de l’Union africaine chargé de la paix et de la sécurité continentales, la vision de leurs Autorités respectives, les progrès réalisés, les défis rencontrés ainsi que les attentes légitimes des populations, qui attendent davantage de solidarité et de soutien de notre Organisation commune. »
La consultation du 18 mars 2025 constitue ainsi une étape significative vers l’émergence d’une approche plus cohésive des crises politiques en Afrique, fondée sur l’écoute mutuelle et la solidarité continentale.







