Par Abdelhakim Yamani
Dans une escalade diplomatique sans précédent ce 1er janvier 2025, les relations entre le Mali et l’Algérie ont atteint un point de rupture historique. Le communiqué cinglant du Ministère malien des Affaires étrangères, d’une violence diplomatique rare, a provoqué une onde de choc à Alger, révélant au grand jour la fragilité d’une puissance régionale en déclin.
La réaction immédiate des médias algériens, tentant maladroitement de détourner l’attention vers leur obsession marocaine, traduit un désarroi profond face à des accusations d’une gravité exceptionnelle. Le Mali, ancien allié stratégique, accuse désormais ouvertement l’Algérie de « proximité et complicité avec les groupes terroristes » et d’avoir « offert le gîte et le couvert » aux groupes qui déstabilisent le Sahel. Des accusations précises, documentées, qui ébranlent la crédibilité d’un pays qui se présentait jusqu’alors comme le médiateur incontournable de la région.
La panique transparaît dans la réponse médiatique précipitée d’Alger. En quelques heures, les journaux télévisés algériens orchestrent une campagne de diversion, brandissant leur joker habituel : une prétendue manipulation marocaine. Cette réaction pavlovienne, loin de convaincre, ne fait que souligner l’incapacité du régime à répondre sur le fond à des accusations aussi graves.
L’isolement diplomatique d’Alger se cristallise désormais sur tous les fronts. Au nord, les relations sont tendues avec le Maroc et la Tunisie. À l’est, la situation libyenne reste complexe. À l’ouest, le gazoduc maghrébin est fermé. Et maintenant au sud, c’est le Mali qui rompt les amarres, entraînant dans son sillage une reconfiguration majeure de l’échiquier sahélien.
La montée en puissance de l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, dessine les contours d’un nouveau Sahel, s’émancipant de la tutelle algérienne. Le communiqué malien souligne d’ailleurs les « succès indéniables des Forces Armées et de Sécurité du Mali », une référence directe qui contraste avec l’inefficacité de la médiation algérienne.
Plus grave encore, le Mali touche un point particulièrement sensible en évoquant « la question kabyle », invitant l’Algérie à « recentrer son énergie sur la résolution de ses propres crises et contradictions internes. » Cette mention délibérée d’un sujet tabou pour Alger révèle une nouvelle approche diplomatique régionale, plus directe et moins complaisante.
La réaction algérienne, privilégiant la propagande à la diplomatie, illustre l’épuisement d’un modèle d’influence régionale. L’incapacité à proposer une réponse constructive aux accusations maliennes, préférant se réfugier dans une rhétorique conspirationniste éculée, témoigne d’une perte de repères stratégiques.
Cette crise marque un tournant décisif dans la géopolitique sahélienne. L’Algérie, qui se présentait comme un acteur incontournable de la stabilité régionale, se retrouve aujourd’hui accusée d’être un facteur de déstabilisation. Le Mali, en dénonçant ce qu’il considère comme un « double jeu » algérien, ouvre une nouvelle ère diplomatique au Sahel, où la vérité crue remplace les arrangements d’antan.
L’avenir dira si Alger saura repenser fondamentalement sa diplomatie régionale ou si cette crise marque définitivement la fin de son influence au Sahel. Une chose est certaine : la panique médiatique observée ce soir sur les chaînes algériennes révèle une puissance régionale aux abois, incapable de maintenir le voile de sa diplomatie traditionnelle face aux accusations précises d’un ancien allié.





