INSTITUT GÉOPOLITIQUE HORIZONS
Résolution 2797 : Comment l’IGH a anticipé le tournant historique du dossier saharien
De février à octobre 2025 : analyse d’une prophétie géopolitique réalisée et de ses implications régionales
RÉSUMÉ EXÉCUTIF
Le 31 octobre 2025 restera une date charnière dans l’histoire diplomatique du Maghreb. Par 11 voix pour, 3 abstentions et aucun vote contre, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté la résolution 2797, consacrant le plan d’autonomie marocain comme base unique et crédible de règlement du différend régional autour du Sahara.
Cette résolution historique valide intégralement l’analyse prospective publiée par l’Institut Géopolitique Horizons le 22 février 2025. Dans notre document intitulé « 2025 : L’année de la résolution définitive du conflit du Sahara – Une nécessité stratégique globale », nous avions identifié 2025 comme une fenêtre d’opportunité exceptionnelle, marquée par la convergence de multiples facteurs géopolitiques favorables à un dénouement du dossier saharien.
Huit mois plus tard, l’ensemble de nos prédictions se sont concrétisées avec une précision remarquable. Cette validation constitue non seulement un succès analytique pour l’IGH, mais démontre surtout la maturité de nos méthodologies d’anticipation géopolitique et notre compréhension approfondie des dynamiques régionales et internationales.
Points clés
- Validation intégrale des 8 prédictions majeures de l’analyse IGH de février 2025
- Consécration du plan d’autonomie marocain comme base unique de négociation
- Abandon définitif de l’option référendaire par le Conseil de sécurité
- Soutiens internationaux massifs : États-Unis, France, Royaume-Uni et 23 États de l’UE
- Transformation doctrinale profonde de l’approche onusienne du dossier
- Isolement diplomatique confirmé de la position algérienne au Conseil de sécurité
- Ouverture d’une nouvelle ère d’intégration régionale et de développement économique
Ce document analyse la trajectoire qui a conduit de notre anticipation stratégique de février à la consécration diplomatique d’octobre, décrypte les mécanismes de validation de nos prédictions, et esquisse les perspectives géostratégiques ouvertes par cette résolution historique pour le Maghreb, l’Afrique et les équilibres internationaux.
I. RETOUR SUR L’ANTICIPATION IGH : « 2025, L’ANNÉE DE LA RÉSOLUTION »
1.1. Le document prophétique du 22 février 2025
Le 22 février 2025, alors que le débat international sur le Sahara semblait encore enlisé dans des positions figées, l’Institut Géopolitique Horizons publiait une analyse prospective audacieuse : « 2025 : L’année de la résolution définitive du conflit du Sahara – Une nécessité stratégique globale ».
Co-signée par Abdelhakim Yamani, président de l’IGH, et Sanae Hanine, professeur d’économie à l’Université Hassan 1er de Settat et chercheur associé à l’IGH, cette analyse démontrait que l’année 2025 représentait une fenêtre d’opportunité historique pour la résolution définitive du conflit, cinquante ans après la Marche Verte.
Notre thèse centrale reposait sur la convergence exceptionnelle de plusieurs facteurs structurels :
- Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche et sa détermination affichée à clore définitivement le dossier saharien
- L’évolution des positions diplomatiques internationales, notamment françaises et européennes
- La transformation du Maroc en puissance régionale incontournable
- Le développement spectaculaire des provinces du Sud comme levier économique
- L’urgence de stabilisation du Sahel et les impératifs sécuritaires régionaux
- L’obsolescence manifeste des mécanismes onusiens traditionnels (MINURSO, option référendaire)
- Le potentiel énergétique stratégique du Sahara comme hub méditerranéen
- La symbolique du cinquantenaire de la Marche Verte comme catalyseur historique
« 2025 pourrait marquer non pas simplement la fin d’un conflit, mais le début d’une nouvelle ère d’intégration régionale, faisant du Sahara un carrefour d’échanges entre le Maghreb, l’Afrique subsaharienne et l’Europe. La convergence des intérêts stratégiques de tous les acteurs crée une responsabilité historique pour saisir cette opportunité unique. »
— Extrait de l’analyse IGH du 22 février 2025
1.2. Méthodologie d’anticipation géopolitique IGH
Notre analyse ne relevait pas de la divination, mais d’une méthodologie rigoureuse d’anticipation géopolitique développée par l’IGH, combinant plusieurs approches complémentaires :
Lecture des signaux faibles
Nous avons systématiquement identifié et analysé les signaux faibles diplomatiques, souvent négligés par les observateurs traditionnels : évolution sémantique des résolutions onusiennes, changements subtils dans les communiqués bilatéraux, repositionnements discrets d’acteurs clés, multiplication des reconnaissances diplomatiques sans annonces fracassantes.
Analyse multi-acteurs
Nous avons cartographié l’ensemble des parties prenantes et leurs intérêts convergents ou divergents : États-Unis et impératifs sécuritaires au Sahel, France et recomposition de son influence africaine post-retrait militaire, Royaume-Uni et positionnement post-Brexit en Afrique, pays européens et sécurité énergétique, puissances du Golfe et investissements stratégiques, Maroc et consolidation de son statut régional.
Convergence des intérêts
Au cœur de notre anticipation figurait la reconnaissance d’une convergence exceptionnelle des intérêts géostratégiques de la majorité des acteurs internationaux autour de la solution marocaine. Cette convergence créait une dynamique politique irrésistible, transcendant les positions diplomatiques traditionnelles.
Timing historique
Nous avions identifié 2025 comme une année charnière en raison de la confluence de plusieurs échéances : retour de Trump au pouvoir (janvier 2025), cinquantenaire de la Marche Verte (novembre 2025), renouvellement annuel du mandat de la MINURSO (octobre 2025), maturité du plan d’autonomie (proposé en 2007), urgence croissante de la situation sahélienne.
II. LA RÉSOLUTION 2797 : DÉCRYPTAGE D’UN BASCULEMENT DIPLOMATIQUE
2.1. Anatomie d’une résolution historique
Le 31 octobre 2025, à l’issue de négociations diplomatiques intenses, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté la résolution 2797 par 11 voix pour, 3 abstentions (Chine, Russie, Mozambique) et aucun vote contre. Ce scrutin marque une inflexion majeure dans le traitement international du dossier saharien.
Nouveautés doctrinales majeures
La résolution 2797 introduit trois ruptures fondamentales par rapport aux résolutions antérieures :
- Reconnaissance explicite : Pour la première fois, une résolution du Conseil de sécurité désigne explicitement le plan d’autonomie marocain comme « base pour parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable ».
- Réalisme affirmé : Le texte qualifie cette autonomie sous souveraineté marocaine de solution « la plus réaliste et la plus applicable », abandonnant toute neutralité diplomatique traditionnelle.
- Abandon du référendum : Aucune mention du référendum d’autodétermination n’apparaît dans le texte, marquant l’obsolescence définitive de cette option.
Comparaison avec les résolutions antérieures
| Résolution | Date | Qualification | Évolution |
|---|---|---|---|
| 1754 | 2007 | Initiative « sérieuse et crédible » | Première reconnaissance |
| 2548 | 2020 | Appel à « réalisme et esprit de compromis » | Évolution sémantique |
| 2756 | 2024 | « Prise en compte de l’élan récent » | Reconnaissance dynamique |
| 2797 | 2025 | Solution « la plus réaliste » — BASE UNIQUE | CONSÉCRATION DÉFINITIVE |
Tableau 1 : Évolution des résolutions du Conseil de sécurité sur le Sahara (2007-2025)
2.2. Déclarations post-vote : un soutien international massif
Immédiatement après l’adoption de la résolution 2797, les principales puissances ont confirmé leur soutien explicite au plan d’autonomie marocain, marquant une convergence diplomatique sans précédent.
États-Unis : un engagement sans équivoque
L’ambassadeur américain auprès des Nations unies a qualifié le vote d’« historique », saluant « une occasion unique qui fait fond sur l’élan en faveur d’une paix qui n’a que trop attendu au Sahara ». Plus significatif encore, la déclaration américaine a explicitement exhorté « toutes les parties à venir à la table des négociations et à engager des discussions sérieuses en utilisant le projet d’autonomie crédible et réaliste du Maroc », désigné comme « la seule base pour une solution juste et durable à ce différend ».
Cette formulation—« la seule base »—représente un abandon définitif de toute neutralité diplomatique et un alignement complet sur la position marocaine.
France et Royaume-Uni : le basculement européen
La France et le Royaume-Uni, deux membres permanents du Conseil de sécurité, ont réaffirmé leur soutien au plan d’autonomie comme « base la plus crédible, viable et pragmatique » pour résoudre le différend. Ce positionnement confirme le basculement européen amorcé en 2024, désormais relayé par 23 États membres de l’Union européenne qui soutiennent la solution marocaine.
III. VALIDATION DES PRÉDICTIONS IGH : 8 SUR 8
L’adoption de la résolution 2797 valide intégralement l’ensemble des huit prédictions majeures formulées par l’IGH dans son analyse du 22 février 2025. Cette validation systématique démontre la pertinence de notre méthodologie d’anticipation et la justesse de notre lecture des dynamiques géopolitiques régionales.
3.1. Tableau synthétique de validation
| Prédiction IGH (février 2025) | Réalisation (octobre 2025) | Statut |
|---|---|---|
| Le retour de Trump à la Maison Blanche constituera un accélérateur décisif du dossier saharien | Pressions américaines confirmées sur l’Algérie, engagement diplomatique actif de l’administration Trump, déclaration sans équivoque de l’ambassadeur US à l’ONU | ✓ VALIDÉ |
| Le plan d’autonomie sera consacré comme base unique de négociation par le Conseil de sécurité | Résolution 2797 désigne explicitement le plan d’autonomie comme solution « la plus réaliste » et « base » du règlement | ✓ VALIDÉ |
| Les soutiens européens au Maroc s’élargiront massivement (France, UK, États UE) | France et Royaume-Uni ont réaffirmé leur soutien explicite, 23 États membres de l’UE soutiennent désormais le plan marocain | ✓ VALIDÉ |
| La MINURSO connaîtra une transformation de son mandat, s’éloignant de l’option référendaire | Aucune mention du référendum dans la résolution 2797, recentrage sur la facilitation du dialogue politique autour de l’autonomie | ✓ VALIDÉ |
| L’Algérie subira un isolement diplomatique croissant au Conseil de sécurité | Vote 11-0-3 (abstentions sans veto), aucun membre permanent n’a soutenu la position algérienne, isolement confirmé | ✓ VALIDÉ |
| Le Sahara se positionnera comme hub énergétique stratégique (hydrogène, interconnexions) | Projets d’hydrogène vert lancés, investissements européens confirmés, corridor énergétique Afrique-Europe en construction | ✓ VALIDÉ |
| 2025 marquera l’année charnière de résolution du conflit (cinquantenaire Marche Verte) | Résolution 2797 adoptée le 31 octobre 2025, veille du 50e anniversaire de la Marche Verte, timing historique confirmé | ✓ VALIDÉ |
| Une nouvelle ère d’intégration régionale s’ouvrira, avec le Sahara comme carrefour Maghreb-Sahel-Europe | Dynamique d’investissements massifs enclenchée, perspectives de normalisation Maroc-Algérie émergentes, projets d’interconnexion régionale | ✓ VALIDÉ |
Tableau 2 : Validation intégrale des prédictions IGH (8/8 = 100%)
Analyse IGH
Ce taux de validation de 100% témoigne de la rigueur de notre méthodologie d’analyse et de notre compréhension approfondie des mécanismes géopolitiques régionaux. Il positionne l’Institut Géopolitique Horizons comme un acteur de référence dans l’anticipation des évolutions diplomatiques majeures au Maghreb et en Afrique.
IV. FACTEURS DE LA CONVERGENCE : POURQUOI 2025 ÉTAIT L’ANNÉE
La validation de nos prédictions ne relève pas du hasard, mais de la convergence exceptionnelle de multiples facteurs géopolitiques, régionaux et institutionnels que nous avions identifiés dès février 2025. Cette section décrypte les mécanismes qui ont transformé une fenêtre d’opportunité en réalité diplomatique.
4.1. Facteurs géopolitiques : le retour de Trump comme catalyseur
Le retour de Donald Trump à la présidence américaine en janvier 2025 a constitué le facteur déclencheur majeur de l’accélération du dossier saharien. Contrairement aux administrations précédentes caractérisées par une approche prudente et multilatérale, l’administration Trump a adopté une diplomatie directe et pragmatique.
Dès décembre 2020, lors de son premier mandat, Trump avait reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara dans le cadre des Accords d’Abraham. Son retour au pouvoir a ravivé cet engagement initial et l’a transformé en priorité diplomatique active.
La nomination de Massad Boulos comme conseiller présidentiel pour l’Afrique et le Moyen-Orient, homme d’affaires familier des réalités africaines, a confirmé la volonté américaine de clore définitivement ce dossier. Les pressions diplomatiques exercées sur l’Algérie pour le désarmement du Polisario et le démantèlement des camps de Tindouf ont démontré la détermination de Washington.
4.2. Facteurs régionaux : le Maroc comme puissance incontournable
La transformation du Maroc en puissance régionale majeure a considérablement renforcé sa position dans les négociations. Sur le plan économique, les provinces du Sud affichent désormais des indicateurs de développement parmi les meilleurs du pays, avec un PIB par habitant supérieur à la moyenne nationale.
Les investissements massifs dans les infrastructures—ports, aéroports, routes, énergies renouvelables—ont transformé ces territoires en pôles de développement attractifs. Le port de Dakhla Atlantique, en construction, est destiné à devenir un hub stratégique de l’Afrique Atlantique, connectant l’Afrique de l’Ouest à l’Europe et aux Amériques.
4.3. Facteurs institutionnels : l’obsolescence des mécanismes onusiens
La MINURSO, Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental, créée en 1991, a progressivement perdu sa raison d’être initiale. Après 34 ans d’existence et des centaines de millions de dollars de budget, l’option référendaire s’est révélée techniquement inapplicable et politiquement irréaliste.
Le Conseil de sécurité a progressivement pris acte de cette réalité, évoluant d’une approche fondée sur le référendum vers une approche privilégiant une solution politique négociée. La résolution 2797 marque l’aboutissement de cette évolution doctrinale, en substituant définitivement l’autonomie négociée au référendum inapplicable.
4.4. Le timing symbolique : cinquantenaire de la Marche Verte
L’année 2025 revêtait une dimension symbolique exceptionnelle, marquant le cinquantième anniversaire de la Marche Verte du 6 novembre 1975, événement fondateur dans la récupération du Sahara par le Maroc.
L’adoption de la résolution 2797 le 31 octobre 2025, soit la veille de l’ouverture des célébrations du cinquantenaire, ne doit rien au hasard : elle témoigne d’une orchestration diplomatique précise visant à offrir au Maroc une victoire diplomatique majeure à l’occasion de cette commémoration historique.
V. IMPLICATIONS GÉOSTRATÉGIQUES DE LA RÉSOLUTION 2797
Au-delà de sa portée diplomatique immédiate, la résolution 2797 ouvre une nouvelle ère géopolitique au Maghreb et en Afrique. Ses implications dépassent largement le cadre du dossier saharien pour redéfinir les équilibres régionaux, les dynamiques d’intégration et les stratégies des grandes puissances sur le continent.
5.1. Pour le Maroc : souveraineté consolidée et nouvelles responsabilités
Légitimité internationale renforcée
La résolution 2797 offre au Maroc une légitimité internationale sans précédent sur ses provinces du Sud. Le soutien explicite de trois membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, France, Royaume-Uni) et d’une majorité écrasante de la communauté internationale transforme radicalement la nature du dossier.
Responsabilité d’actualisation du plan d’autonomie
Dans son discours royal du 1er novembre 2025, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a annoncé l’actualisation et la formulation détaillée de la proposition d’autonomie en vue d’une soumission ultérieure aux Nations unies. Cette actualisation devra répondre aux attentes internationales en matière de :
- Définition précise des compétences transférées aux institutions régionales
- Mécanismes de gouvernance démocratique et de représentation des populations locales
- Gestion des ressources naturelles et partage des revenus
- Protection des droits culturels et linguistiques hassanis
- Mécanismes de contrôle et de garanties internationales
Opportunités économiques majeures
La résolution du différend ouvre la voie à une accélération des investissements dans les provinces du Sud, notamment dans les secteurs stratégiques : énergies renouvelables (hydrogène vert, parcs éoliens et solaires), économie bleue (exploitation durable des ressources halieutiques), infrastructures portuaires (port de Dakhla Atlantique), agriculture saharienne et tourisme.
5.2. Pour le Maghreb : vers une nouvelle architecture régionale
La résolution 2797 pourrait catalyser une transformation profonde des relations intermaghrébines, ouvrant la perspective d’une normalisation entre le Maroc et l’Algérie après quatre décennies de rivalité.
Perspectives de réconciliation Maroc-Algérie
Plusieurs signaux convergents suggèrent une possible désescalade des tensions bilatérales : réfection simultanée des ambassades, intensification des contacts diplomatiques discrets, reconnaissance tacite par l’Algérie de l’irréversibilité de la dynamique internationale favorable au Maroc.
Une normalisation Maroc-Algérie transformerait radicalement la géopolitique maghrébine, ouvrant la voie à une relance effective de l’Union du Maghreb arabe (UMA). L’intégration économique du Maghreb pourrait générer jusqu’à 5% de croissance supplémentaire pour l’ensemble de la région.
5.3. Pour l’Afrique : le corridor atlantique
La stabilisation du Sahara ouvre des perspectives majeures pour l’Afrique Atlantique. Le port de Dakhla Atlantique, dont la première phase devrait être opérationnelle en 2028, est conçu pour traiter 35 millions de tonnes de marchandises et accueillir 2 millions de passagers annuellement.
Les projets d’interconnexion électrique et de gazoducs entre le Maroc et l’Afrique de l’Ouest bénéficieront également de la stabilisation. Le gazoduc Nigeria-Maroc, projet de 5 000 kilomètres, pourrait transporter jusqu’à 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel annuellement vers l’Europe.
5.4. Pour les puissances internationales : reconfiguration des alliances
États-Unis : victoire stratégique
Pour Washington, la résolution du dossier saharien représente une victoire diplomatique majeure, consolidant son influence au Maghreb et au Sahel. Le Maroc devient un partenaire stratégique encore plus incontournable.
France : retour d’influence
Le soutien français au plan d’autonomie marocain marque un repositionnement stratégique de Paris après le retrait forcé du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Le Maroc devient le pivot de la nouvelle stratégie française en Afrique.
Chine et Russie : recul tacite
Les abstentions de la Chine et de la Russie témoignent d’une évolution pragmatique. Pékin et Moscou ont choisi de ne pas s’opposer frontalement à un consensus international porté par Washington, reflétant leur volonté de préserver leurs relations commerciales avec le Maroc.
VI. PERSPECTIVES 2026-2030 : LA DÉCENNIE DE LA CONSOLIDATION
L’adoption de la résolution 2797 ne marque pas la fin du processus, mais l’ouverture d’une nouvelle phase de consolidation diplomatique, institutionnelle et économique. Les cinq prochaines années seront déterminantes pour transformer cette victoire diplomatique en réalité politique durable.
6.1. Actualisation du plan d’autonomie : un chantier complexe
Le Maroc dispose désormais d’une fenêtre d’opportunité pour présenter une version actualisée et détaillée de son plan d’autonomie de 2007. Cette actualisation devra préciser les institutions régionales, les compétences transférées, les mécanismes démocratiques, la gestion des ressources et les garanties internationales.
6.2. Transformation de la MINURSO : du référendum à la supervision
La Mission des Nations unies devra évoluer pour refléter la nouvelle réalité consacrée par la résolution 2797. Son mandat devrait progressivement se recentrer sur la facilitation du dialogue politique, le maintien du cessez-le-feu, la vérification des garanties internationales et le soutien au retour volontaire des populations.
6.3. Scénarios prospectifs 2026-2030
L’IGH identifie trois scénarios prospectifs pour l’évolution du dossier saharien d’ici 2030 :
Scénario 1 : Consolidation rapide (probabilité haute)
Actualisation du plan d’autonomie d’ici mi-2026, adoption d’une nouvelle résolution onusienne validant l’autonomie actualisée en octobre 2026, acceptation progressive de l’Algérie, démantèlement graduel des camps de Tindouf (2027-2029), transformation complète de la MINURSO, résolution définitive à l’horizon 2028-2029.
Scénario 2 : Normalisation progressive (probabilité moyenne basse)
Maintien de la position algérienne d’opposition formelle mais affaiblie, reconnaissances diplomatiques continues, mise en œuvre partielle de l’autonomie sans validation onusienne définitive, coexistence d’un statut de facto et de jure, résolution juridique repoussée à l’horizon 2030 ou au-delà.
Scénario 3 : Résistances résiduelles (très improbable)
Durcissement temporaire de la position algérienne, instrumentalisation du dossier saharien pour détourner l’attention des difficultés internes, tensions diplomatiques accrues, isolement croissant de l’Algérie, révision forcée de la position algérienne à moyen terme.
Analyse IGH : Le scénario de consolidation rapide apparaît comme le plus probable à court terme, compte tenu de l’accumulation des avantages diplomatiques marocains et de l’affaiblissement de la position algérienne.
VII. ENSEIGNEMENTS POUR L’ANALYSE GÉOPOLITIQUE
La validation intégrale de nos prédictions offre une occasion unique d’examiner les méthodes qui permettent d’anticiper les ruptures diplomatiques majeures.
7.1. Méthodologie IGH : un modèle d’anticipation géopolitique
L’approche développée par l’Institut Géopolitique Horizons repose sur quatre piliers complémentaires :
- Lecture des signaux faibles : Identification systématique des évolutions sémantiques, changements subtils et repositionnements discrets souvent négligés par les observateurs traditionnels.
- Analyse multi-acteurs : Cartographie exhaustive des parties prenantes, leurs intérêts stratégiques et leurs marges de manœuvre diplomatique.
- Convergence des intérêts : Reconnaissance des convergences géostratégiques susceptibles de créer une dynamique politique irrésistible.
- Timing historique : Identification précise des fenêtres d’opportunité diplomatique par analyse des échéances convergentes.
7.2. Facteurs d’anticipation réussie
Notre succès analytique repose sur plusieurs facteurs méthodologiques :
- Indépendance analytique : absence de parti pris idéologique ou de pression politique
- Connaissance du terrain : expertise approfondie des réalités maghrébines et sahariennes
- Accès aux sources : réseau de contacts diplomatiques, académiques et institutionnels
- Approche interdisciplinaire : combinaison d’analyses géopolitiques, économiques, historiques et juridiques
- Courage intellectuel : volonté d’affirmer des prédictions précises plutôt que de rester dans des analyses prudentes
Cette validation renforce la crédibilité de l’Institut Géopolitique Horizons comme think tank de référence pour l’analyse prospective des dynamiques maghrébines et africaines.
CONCLUSION : 2025, L’ANNÉE OÙ L’ANTICIPATION EST DEVENUE RÉALITÉ
Le 31 octobre 2025 restera gravé dans l’histoire diplomatique comme la date de consécration internationale du plan d’autonomie marocain au Sahara. Cette résolution historique valide intégralement l’analyse prospective publiée par l’Institut Géopolitique Horizons huit mois plus tôt, démontrant la pertinence de notre méthodologie d’anticipation géopolitique.
La résolution 2797 ne marque pas simplement la fin d’un conflit vieux d’un demi-siècle, mais l’ouverture d’une nouvelle ère pour le Maghreb et l’Afrique. Elle consacre le passage d’une approche traditionnelle de décolonisation fondée sur le référendum à une approche moderne privilégiant l’autonomie négociée, le développement économique et l’intégration régionale.
Pour le Maroc, cette victoire diplomatique s’accompagne de responsabilités majeures. Pour le Maghreb, la résolution ouvre la perspective d’une normalisation des relations Maroc-Algérie. Pour l’Afrique, le Sahara stabilisé peut devenir un carrefour stratégique reliant l’Europe à l’Afrique subsaharienne.
La validation intégrale de nos prédictions (8 sur 8) démontre la maturité de l’approche analytique de l’IGH et sa capacité à anticiper les ruptures géopolitiques majeures. Les cinq prochaines années seront déterminantes pour transformer cette victoire diplomatique en réalité politique durable.
« 2025 ne marque pas la fin d’un conflit, mais le début d’une nouvelle histoire. L’histoire d’un Sahara transformé en carrefour de développement et de coopération, d’un Maghreb réconcilié avec lui-même, d’une Afrique maîtresse de ses équilibres géopolitiques. L’histoire que nous avions anticipée en février, et qui s’écrit désormais sous nos yeux. »
— Institut Géopolitique Horizons, novembre 2025









