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Accueil Afrique

Géopolitique de l’Énergie : Comment le Maroc est en phase de rebattre les cartes ?

Institut Géopolitique Horizons by Institut Géopolitique Horizons
26 mars 2025
in Afrique, Documents, Maroc
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Géopolitique de l’Énergie : Comment le Maroc est en phase de rebattre les cartes ?
Par Sanae Hanine, Chercheur à l’Institut Géopolitique Horizons
Professeur Université Hassan Ier – Settat - Maroc

 

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Résumé

C’est presque un truisme d’affirmer que l’accès à l’énergie et puissance sont fortement intriqués. Deux faits majeurs s’opèrent actuellement sur la scène européenne, ses vicissitudes sur le plan énergétique et les risques qui pèsent sur sa sécurité de ses approvisionnements la poussant de plus en plus pour le déploiement des énergies renouvelables. Bien que les énergies fossiles restent un fait dominant, la transition énergétique en cours est un catalyseur de transformation des rapports de forces entre les pays, et impacte les reconfigurations des échanges internationaux et de la coopération interétatique. Cet article s’intéresse à analyser la dynamique énergétique qui est en train d’être opérée par leMaroc au niveau de la rive atlantique et comment cette dernière pourrait faire partie des solutions pour la crise de l’EU. Les faitslaissent présager que le Maroc est en train de se transformer en un pivot géostratégique énergétique au niveau régional et international. En outre de son engagement dans une stratégie nationale de transformation profonde de son appareil productif d’énergie et la consolidation de sa souveraineté énergétique, le Maroc est en train de mettre en place des projets infrastructurels et économiques qui sont susceptibles de redimensionner la géopolitique de l’énergie en Afrique et en Europe.

Introduction

Quelle relation entre trois faits  majeurs qui ont marqué le début de l’année 2025: le premier est la rupture de l‘approvisionnement en gaz russe des pays de l’Union européenne via l’Ukraine en janvier 2025, le deuxième consiste en l’annonce conjointe de la Mauritanie et du Sénégal le début de la production de gaz dans leur gisement marin commun « Grand Tortue Ahmeyim» (GTA), et le troisième annonce l’intégration de la Mauritanie à l’Initiative de l’Afrique Atlantique ? L’analyse de ces éléments laisse présager des transformations probables  sur la géopolitique énergétique au niveau de la rive atlantique africaine. En outre de son emplacement géostratégique qui lui confère le statut de l’unique corridor énergétique et commercial reliant l’Europe, l’Afrique et le bassin atlantique, le Maroc est pressenti comme tampon d’approvisionnement énergétique possible pour l’Europe. L’opérationnalisation de l’Initiative de l’Afrique Atlantique et notamment le projet du Gazoduc Afrique Atlantique qui doit en principe relier le Nigeria à l’Europe combinée avec l’accélération de sa transition énergétique vers les énergies propres notamment celles orientées vers l’exportation sera l’un des projets majeurs de cette reconfiguration de la géopolitique de l’énergie. Le Maroc est susceptible  de devenir un  game changer sur le plan énergétiqueaussi bien pour l’Europe que pour l’Afrique. En effet, le Maroc peut fournir aussi bien des énergies fossiles provenant de la rive africaine que les énergies propres de sa propre production redessinant ainsi les équilibres géopolitiques de la région.

En effet,  grâce aux avantages du nearshoring, l’Europe pourraientbénéficier de la nouvelle dynamique énergétique africaine. Et comme la géopolitique de l’énergie épouse tout d’abord celle des routes maritimes, le projet du gazoduc Afrique Atlantique, d’une longueur d’environ 6 000 km et  supposé relier le Nigeria au marché européen est un fait majeur dans cette nouvelle configuration de la géopolitique énergétique. Le gazoduc Afrique Atlantique  devrait traverser treize pays africains sur la façade atlantique pour acheminer des milliards de mètres cubes de gaz nigérian jusqu’au Maroc. De là, il doit être connecté au Gazoduc Maghreb Europe (GME) pour connecter l’EU. Le Nigeria riche en énormes réserves fossiles (les réserves prouvées de pétrole sont estimé à 5 030 Mt  fin 2022, soit 2,0 % du total mondial, et le gaz naturel à 5 913 Gm3 soit le 9e rang mondial avec 2,8 % du total mondial et au 1er rang en Afrique) est susceptible de créer un marché gazier stable et  profitable aussi bien pour les pays de l’Afrique de l’Ouest et les pays du Sahel que pour l’Europe.

L’adhésion de la Mauritanie à ce projet renforce sa concrétisation et sa viabilité étant donné que cette dernière constitue un véritable trait d’union  entre le Maroc et les pays de la CEDEAO.  En effet, la Mauritanie a procédé à la signature d’un mémorandum d’entente avec le Maroc et le Nigeria en 2022. Démarche qui va lui permettre d’acheminer le gisement du gaz du Grand Tortue Ahmeyim (GTA) qu’il partage avec le Sénégal via le gazoduc Afrique Atlantique.

Sur un autre registre, l’objectif de l’EU d’atteindre 42,5 % d’énergies renouvelables dans son mix énergétique européen pour 2030 implique de renforcer les efforts pour l’atteindre. Le Maroc de par ses énormes potentialités en la matière, pourrait devenir l’un des leviers incontournables de l’Europe pour l’atteindre. Déjà, le Maroc est devenu un pays exportateur de l’énergie solaire vers  l’UE  et d’électricité en 2019 grâce à son interconnexion avec l’Espagne. Dans le même sens, l’objectif du Maroc consiste à devenir  dans 10 ans, l’un des premiers pays exportateurs de l’hydrogène vert à haute valeur ajoutée envers l’Europe (IRESEN, 2020).En effet, le Maroc est qualifié pour devenir un acteur clé dans le développement de l’hydrogène vert grâce à ses ressources renouvelables exceptionnelles qui constituaient 37% de la capacité globale installée du pays en 2020 (environ 4 GW) (il est prévu de l’avancer à 52 pour cent d’ici 2030) (Zarkik, 2023).

Le Maroc ambitionne de tripler sa capacité en énergies renouvelables et d’augmenter l’investissement cinq fois plus dans les réseaux électriques d’ici 2030. Il est pressenti comme un pays exportateur vers l’Europe. L’émergence de l’hydrogène vert, liée à celle des énergies renouvelables, rebat les cartes de l’énergie et, potentiellement, de l’industrie du futur et redessinera le paysage mondial de l’énergie et des ressources dès 2030. L’afflux d’investissements dans l’hydrogène vert de la part des États membres de l’UE, notamment le projet Power-to-X, qui est le premier projet industriel d’hydrogène vert à grande échelle au Maroc, en collaboration entre l’Agence marocaine pour l’énergie durable (MASEN) et le gouvernement allemand soutient cette donne. A la lumière de ce qui précède, dans cet article nous tentons une analyse sur les projets énergétiques stratégiques du  Maroc est comment il est en train d’articuler une architecture énergétique régionale émergente. Selon, (Tellenne, 2019), l’énergie est à la fois un moyen, un enjeu et un terrain de la géopolitique, et ce àdifférentes échelles de l’analyse spatiale  de l’international au local.

En se basant sur un cadre conceptuel de la géopolitique de l’énergie, nous présentons une analyse qui s’appuie sur les faits  géopolitiques qui sont entrains de redessiner les contours de l’énergie en Europe et en Afrique. Notre question de base est la suivante : Comment le Maroc est entrain de reconfigurer la géopolitique de l’énergie au niveau régional et international ?Pour répondre à ce nous analysons  les transformations  qui sont en train de s’opérer au niveau énergétique au Maroc et la rive atlantique africaine et comment cette dernière pourrait contribuer à résoudre la crise énergétique en Europe. Notre matériau se base essentiellement sur les articles académiques, des think than ainsi que les publications de presse publiées sur le sujet.

I. La crise énergétique européenne

La crise énergétique européenne qui s’est accrue depuis 2021 n’en finit pas de perdurer depuis le que Nord Stream 1 et 2 sont hors service à la fin septembre 2022. Selon (Furfari, 2024), l’industrie et les citoyens européens souffrent actuellement d’une crise énergétique sans précédent. L’énergie est devenue chère et rare. En, effet, Gazprom avait stoppé le flux de gaz venant de Russie, via les gazoducs ukrainiens. Cette décision marque la fin d’un accord quinquennal signé en 2019 entre les deux pays en guerre, qui permettait aux exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) de la Russie vers l’Europe de transiter par l’Ukraine avant d’être réacheminées vers leur destination finale. Le volume annuel de gaz envoyé vers l’Europe via l’Ukraine est passé de plus de 130 milliards de m³ à «zéro». L’UE a remplacé la majorité du gaz russe par du GNL importé en plus amples quantités du Moyen-Orient ou des Etats-Unis.

En 2025, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les stocks de gaz ne couvrent plus que 30% de la consommation hivernale de l’Union européenne. Le 16 mars 2025, les réserves étaient à seulement 34%, contre 60% à la même époque l’année précédente. Cette situation de pénurie de gaz met une pression supplémentaire sur les prix de l’énergie en Europe. En 2025, les prix du gaz sont attendus à 45 euros par mégawattheure (MWh), soit presque deux fois plus qu’avant la crise énergétique de 2022. Cette hausse des prix risque de nuire à la compétitivité de l’industrie européenne en plus du mécontentement des citoyens de l’augmentation des prix. Selon l’AIE, les prix pour les consommateurs industriels européens sont en moyenne 30% plus élevés qu’en Chine et cinq fois plus qu’aux États-Unis. Sur un autre registre , une autre source de souffrance provient du fait du déclin des sources approvisionnements de l’UE par gazoducs venant notamment de Norvège et d’Algérie bien que la demande européenne de gaz reste constante jusqu’en 2040. Quoi qu’il en soit, une certitude s’impose : alors que le gaz naturel représentait 22% du mix énergétique de l’UE en 2018, la faible production gazière l’UE va continuer de décliner fortement et sa dépendance aux importations de gaz, qui représentaient déjà 83% de sa consommation en 2018, ne peut qu’augmenter. Sans le gaz naturel, la production d’hydrogène en Europe, énergie désormais déclarée comme prioritaire dans la recherche par le futur Green Deal européen, verrait ses coûts à terme augmenter de 37% (Sebille-Lopez, 2020).

Source: Wood Mackenzie 2019

1. Situation des gazoducs en Europe

Pour comprendre la situation de fragilité des sources d’approvisionnements de l’Europe, nous dressons ci-joint la situation des principaux gazoducs qui l’alimentent :

Le gazoduc Yamal-Europe : d’environ 4 000 km, il relie la Russie à l’Europe de l’Ouest en traversant la Biélorussie et la Pologne pour alimenter l’Allemagne. Avec 30 milliards de mètres cubes par an, il est l’un des principaux vecteurs de l’approvisionnement en gaz russe de l’Europe. Il est à l’arrêt depuis 2022. Depuis le 21 décembre 2024, il n’achemine plus de gaz d’est en ouest et fonctionne désormais dans l’autre sens, après que la Pologne a renoncé à acheter du gaz à la Russie au profit du gaz stocké en Allemagne.  

Le gazoduc  EastMed Pipeline de l’East Mediterranean Gas Forum (EMGF) : Forum de sept pays (Égypte, Jordanie, Italie, Grèce, Chypre, Israël et l’Autorité palestinienne), lancé au Caire en janvier 2019, en vue de créer un marché sous-régional du gaz avec mutualisation des projets pour optimiser les coûts et la compétitivité. Il relierait Israël à l’UE en passant par Chypre, Égypte, puis la Grèce et l’Italie. Il fait partie du corridor gazier de la Méditerranée orientale acheminant le gaz azerbaïdjanais vers l’Europe. Néanmoins, ce gazoduc a des difficultés en matière de viabilité. L’emplacement du gazoduc EastMed connait dans une zone très instable caractérisée par des tensions croissantes sur fond de redéfinition d’alliances régionales protéiformes et bien incertaines sur la durée. (Sebille–Lopez, 2020). Le tracé théorique d’EastMed prévoit en effet le passage du gazoduc dans une zone contestée entre la Turquie et Chypre qui n’ont jamais défini leurs frontières maritimes (Wakim, 2020). Le contentieux n’ayant pas été résolu, la construction du gazoduc pourrait être sérieusement freinée par les tensions turco-gréco-chypriotes (Koutantou, 2020).Début 2025, deux conflits majeurs ont ajouté une nouvelle complexité au paysage énergétique régional : la guerre israélo-libanaise, et la guerre israélienne contre Gaza, qui a mis à rude épreuve les alliances régionales et les calculs sécuritaires.L’Égypte, de sa part, contrainte de suspendre ses exportations de GNL en raison de la crise économique interne et de l’éclatement du conflit entre Israël et le mouvement palestinien Hamas dans la bande de Gaza. Cependant, au lieu de devenir une force unificatrice, le gaz naturel a creusé les divisions. Le différend maritime entre Israël et le Liban, apparemment réglé en 2022, a refait surface, menaçant les futurs investissements dans le secteur gazier offshore libanais. La Méditerranée orientale demeure une zone d’intérêts nationaux concurrents, de souveraineté contestée et de revendications maritimes militarisées (Belhaj, 2025).

Le Gazoduc Nabucco : projet initié en 2002 et abandonné. Il devait relier l’Iran et les pays de la Transcaucasie à l’Europe centrale. Soutenu par l'(UE), il devait permettre à partir de 2017 de diversifier les sources d’approvisionnement énergétique de l’Europe, notamment d’un pays comme la Hongrie, qui dépend à 80 % du gaz russe. Nabucco avait été estimé devenir la quatrième source d’approvisionnement de l’Union européenne avec 30 milliards de m³. En 2006, à la suite des conflits gaziers Russie-Ukraine, l’UE a intégré Nabucco dans la liste de ses projets prioritaires. Long de 3300 kilomètres,  ce gazoduc vise à approvisionner l’Europe occidentale en gaz d’Asie centrale, de la Caspienne et du Moyen-Orient tout en évitant le territoire russe. Le tracé prévu le fait passer par la Turquie, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie jusqu’à Baumgarten, en Autriche et le branche enfin au réseau gazier européen. Finalement abandonné au profit d’un projet beaucoup plus modeste n’apportant que 16 milliards de mètres cubes sur les marchés européens, il est remplacé par le corridor énergétique austral qui a pour conséquence d’augmenter, plutôt que remplacer, la part de gaz russe.

Le gazoduc South Stream : devant relier sur 3 600 kilomètres la Russie à la Bulgarie pour se diriger ensuite vers l’Europe occidentale via la Serbie, la Hongrie et la Slovénie – sans passer par l’Ukraine – a été abandonné fin 2014. La capacité présumée de ce gazoduc s’élève à 30 milliards de m³. Le gaz du Turkménistan tout comme celui du Kazakhstan nécessiterait la mise en place d’infrastructures sous la Mer Caspienne (la Transcaspienne) qui paraît compromise pour le moment. Le gaz de ces deux pays nécessiterait de plus une priorité accordée à l’UE au détriment de la Russie. Or, depuis 2007, cette hypothèse ne paraît plus crédible. Les approvisionnements à partir de l’Iran se heurtent, quant à eux, aux incertitudes de production, d’orientation de cette production,de la relation irano-russe et enfin du climat international avec une hypothèse persistante des sanctions. Le gaz iranien, pour résumer, n’arrivera pas vite dans les tuyaux de Nabucco. Le gaz irakien est encore plus improbable, tout comme celui égyptien, qui nécessiterait tout d’abord de nouvelles découvertes. Mais les  iraniennes et une préférence pour l’Asie est possible (Chine, Inde, Pakistan) et ce en plus d’une coopération gazière avec la Russie(Nies ,2008).

Le gazoduc TANAP (Trans-Anatolian Natural Gas Pipeline) : achevé en octobre 2020 et relie l’Azerbaïdjan à l’Italie en passant par la Grèce, l’Albanie et la mer Adriatique. Son objectif est d’assurer le transit de 10 milliards de m3 de gaz par an vers le continent européen (Kotsev, 2020). La reprise des combats par l’Azerbaïdjan, contre l’enclave arménienne du Haut-Karabakh, à l’automne 2020, illustre toute la vulnérabilité de ce corridor énergétique considéré comme stratégique. Pour  les réserves de pétrole de l’Azerbaïdjan s’épuisent de plus en plus et devient de plus en plus coûteux à extraire.

Le gazoduc Turkstream : inauguré en  2020, il  relie le sud de la Russie à la Turquie et au marché de l’Union européenne notamment l’Europe du sud-est et du sud, en particulier la Hongrie et des pays des Balkans. TurkStream est le seul gazoduc opérationnel reliant les territoires russe et européen, et permet d’acheminer chaque année 31,5 milliards de mètres cube de gaz russe à l’Europe du sud sans passer par l’Ukraine. Son prolongement, Balkan Stream, passe sous la mer Noire, vers la Bulgarie, la Serbie et la Hongrie. Il aurait été attaqué aux drones selon la Russie qui accuse l’Ukraine qui n’a à ce stade pas commenté ces affirmations. Déjà en 2024, il n’a  été utilisé qu’à 50 % de ses capacités pour un volume total d’environ 16 milliards de m3 (Le Figaro et AFP, 2025).

Le gazoduc Soyouz (aussi appelé Brotherhood) relie la Russie à l’Europe centrale via l’Ukraine, distribue du gaz vers des pays comme la Slovaquie, l’Autriche et la Hongrie. Le TAG est une extension du gazoduc Soyouz, depuis la frontière austro-slovaque jusqu’à l’Italie, quand le Megal se rend jusqu’en Allemagne cesse, en 2025, de faire transiter du gaz russe. Le robinet est donc coupé après la fin d’un accord de cinq ans entre les deux pays. Un accord datant de 2019 qui avait été respecté de part et d’autre malgré le conflit les opposant.

Le gazoduc « Baltic Pipe »  est entré en service fin 2022. Il relie la Norvège, le Danemark et la Pologne. Il permet d’importer chaque année jusqu’à 10 milliards de mètres cubes de gaz de la Norvège à la Pologne et de transporter 3 milliards de mètres cubes de gaz de la Pologne au Danemark.Le Baltic Pipe est un projet d’intérêt commun depuis 2013 et a bénéficié d’un financement de l’UE d’environ 267 millions d’euros .En juillet 2020, des militants de la campagne Baltic Pipe Nej Tak ont ​​occupé l’un des chantiers de pré-construction du projet. Baltic Pipe Nej Tak (« Pipe Baltique, non merci ! ») est une plateforme de campagne pour le vaste mouvement contre les nouvelles infrastructures fossiles, et se concentre spécifiquement sur l’opposition à la construction du gazoduc Baltic Pipe.

Le gazoduc trans-adriatique (TAP) Le Trans Adriatic Pipeline achemine en Europe le gaz en provenance d’Azerbaïdjan. Il dispose d’une capacité de 10 milliards de mètres cubes de gaz par an. Il apour objet de transporter vers le marché européen le gaz naturel d’Azerbaïdjan. Il part de la frontière gréco-turque et traverse la Grèce, l’Albanie et la mer Adriatique pour arriver en Italie. Sa construction s’est achevée en  2020. La longueur totale du gazoduc est de 878 kilomètres, dont 550 kilomètres en Grèce, 215 km en Albanie, 105 km sous la mer et 8 km en Italie. La portion sous-marine atteindra une profondeur maximale de 810 m. La capacité du gazoduc est d’environ 10 milliards de m³ de gaz naturel par an, avec une option de doubler la capacité à 20 milliards de m³. Le projet TAP fait l’objet d’une opposition sévère de la part des environnementalistes.

Pour les gazoducs traversant le Sahara et la Méditerranée : Maghreb–Europe, Medgaz,  TransMed et Green Stream.

Le gazoduc Maghreb-Europe : Opérationnel depuis 1996 et d’une capacité de 13,5 milliards de mètres cubes. Le GME approvisionne l’Espagne et le Portugal via le Maroc et le détroit de Gibraltar. Il fait partie d’un ensemble de trois gazoducs qui relient l’Algérie à l’UE à savoir le gazoduc TransMed qui dessert le marché italien via la Tunisie et le Medgaz qui relie directement l’Algérie à l’Espagne. L’Algérie est le premier fournisseur de gaz naturel de l’Espagne, dont il dépend à près de 50 % pour ses approvisionnements. Sur ce registre, deux éléments majeurs sont à signaler. Le premier est le recours de l’Algérie à utiliser le gaz comme moyen de pression comme il s’est passé dans sa crise avec le Maroc et l’Espagne. En effet, l’Algérie n’a pas procédé au renouvèlement du contrat d’exploitation qui a expiré en 2021 avec le Maroc. Le gaz à destination de l’Espagne passe, depuis cette date, par Medgaz sans transiter par le Maroc malgré lesinconvénients que présente cette option : capacité inférieure, pertes financières, une hausse du prix du gaz…etc (AFP, 2021). Le deuxième est relatif à la baisse des volumes de gaz algérien. Selon (ObservAlgérie.com, 2025), en sus d’une consommation interne très importante par rapport aux années précédentes, une forte baisse des volumes de gaz transportés par le GME est obsérvée. Cette diminution porte la production totale de gaz algérien à 98,41 milliards de mètres cubes en 2024, contre 105,24 milliards de mètres cubes en 2023,  selon le site Attaqa.net Par ailleurs, cette situation pourrait impacter les partenariats internationaux et les contrats d’exportation, notamment vers l’Europe, qui cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement en gaz.

Le gazoduc GreenStream : un gazoduc de 520 kilomètres de long qui relie la Lybie à l’Italie. Il est soumis à beaucoup d’incertitudes et des perspectives de fermeture à cause de profondes divisions politiques dans ce pays qui a dégénéré en guerre civile, comme cela s’est produit en 2019-2020. En plus une diminution des flux a été remarquée. En effet, l’Italie a importé 2,522 milliards de mètres cubes de gaz de Libye en 2023, en baisse de 3,7 pour cent par rapport à l’année 2022. Cela est dû au fait que la grande majorité de la production libyenne est destinée à la consommation locale. La présence d’autres pays comme la Turquie, et la Russie complique la situation (Agenzia Nova, 2024).

Dans le contexte international actuel, aucune sourced’approvisionnement n’est sûre à 100 %.   L’analyse de la situation des gazoducs qui approvisionnent l’Europe fait ressortir que d’importants problèmes politiques, géopolitiques, géostratégiques et sécuritaires enfoncent la sécurité des approvisionnements dans l’incertitude. (Machrouh, 2022) a fait remarquer que la concentration des sources d’approvisionnement (pas moins de 50% du Gaz consommé dans les pays de l’Union européenne (UE) proviennent d’une même source d’approvisionnement) aggrave cette fragilité. Ceci constituerait naturellement une arme géopolitique dangereuse susceptible d’être utilisée contre l’Europe. C’est pourquoi il est important pour l’Europe d’œuvrer pour une plus grande diversification de ses importations gazières. L’Union européenne a indiqué dans son plan RepowerEU vouloir s’affranchir du gaz naturel russe à l’horizon 2027. A cet effet, le plan  s’articule autour de trois actions  qui approfondissent certains aspects du Pacte vert européen : diversifier l’approvisionnement, économiser de l’énergie et parier sur les énergies renouvelables.Notamment à travers la mise en place un marché de l’hydrogène pour l’UE en particulier et en accélérant le développement des énergies renouvelables. Le Maroc de par son Initiative de l’Afrique Atlantique, pourrait faire partie de la solution pour la problématique énergétique européenne. Nous expliquons dans la deuxième section les bases de cette affirmation.

2.  Pendant ce temps : Que se passe-t-il en Afrique ?

Les réserves énergétiques de l’Afrique sont également très importantes notamment en offshore offrant un fort potentiel de progression même si la production du continent n’est encore que de 400 millions de tonnes de pétrole par an. Les principaux gisements se trouvent dans le golfe de Guinée, au Nigeria, en Angola, au Gabon, au Ghana, au Niger et au Mozambique.

2.1 Le gaz naturel : Le gisement entre la Mauritanie et le Sénégal

Le Sénégal et la Mauritanie vont devenir des exportateurs du gaz dans le cadre du projet commun appelé Greater Tortue Ahmeyim (GTA). Le gisement sénégalo-mauritanien, dont les réserves sont estimées à 25 trillions de pieds cubes de gaz naturel, atteindra un volume de 2,5 millions de tonnes par an.  La Mauritanie et le Sénégal ont annoncé le 2 janvier, 2025 le début de la production de gaz dans leur gisement marin commun «Grand Tortue Ahmeyim» (GTA). Cette convergence s’exprime d’abord dans le domaine énergétique, où le projet du Gazoduc Afrique-Atlantique (AAGP) reliant le Nigeria au Maroc en passant par la Mauritanie cristallise les ambitions communes. Ce projet, conjugué aux initiatives dans les énergies renouvelables, dessine les contours d’une véritable dorsale énergétique ouest-africaine. Outre le gisement GTA, la Mauritanie dispose d’un champ gazier propre, « BirAllah », dont les réserves sont estimées à environ 1400 milliards de mètres cubes. Son exploitation devrait débuter en 2027 ou 2028. La Mauritanie se retrouve avec des réserves en gaz estimées entre 120 000 et 160 000 milliards de pieds cubes de gaz, soit les 4e réserves de gaz du continent derrière le Nigeria, le Mozambique, et l’Algérie (Diop, 2024).

Le gazoduc Africain-Atlantique et  l’Initiative visant à favoriser l’accès des États du Sahel à l’océan atlantique est conçu pour approvisionner l’Europe en gaz au moment du démarrage de l’exploitation du champ gazier transfrontalier GTA, commun à la Mauritanie et au Sénégal. L’intégration du gisement GTA dans ce projet permettra à ce dernier d’être plus rentable et viable, permettra à la Mauritanie à  d’exporter son gaz vers l’Europe.

2.2 Le Gazoduc Africain Atlantique (AAGP)

Le rapprochement entre le Maroc et la Mauritanie laisse présager que  le Maroc  pourrait acheminer les hydrocarbures en provenance du Sénégal ou du Nigeria vers l’Europe à travers le gazoduc Maghreb-Europe qui relie le Maroc à l’Espagne à proximité de juste 14 km. D’autres découvertes de gaz ont été faites au Ghana et en Côte d’Ivoire. Ses découvertes démontrent que le potentiel d’export via le Gazoduc Africain Atlantique. Lancé en 2016 par le Maroc et le Nigeria, le projet de l’Africain Atlantique (AAGP) estentré dans une phase avancée en 2022, passant d’un accord bilatéral à une initiative régionale avec la signature, d’un Mémorandum d’entente entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le Nigeria et le Maroc. Le projet ambitionne d’acheminer des ressources gazières du Nigeria vers le Maroc en traversant  onze pays Ouest-africains, et la liaison avec le Gazoduc de Maghreb Europe qui traverse la Méditerranée avec, au final, l’interconnexion avec le réseau énergétique européen.  En juin 2023, la signature d’un Memorandum of Understanding avec la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Libéria et le Bénin, ont confirmé l’engagement de ces pays à se rallier au projet.  

Il est conçu pour être un gazoduc sous-marin suivant la côte-ouest de l’Afrique, en passant  par le golfe de Guinée. L’objectif de ce projet multilatéral est de connecter tous les pays d’Afrique de l’Ouest au Maroc, créant ainsi un marché régional du gaz naturel. Cela permettrait ainsi aux pays de la région d’accéder à une source d’énergie fiable et abordable, et pour les pays produisant du gaz naturel, d’offrir des débouchés pour leur gaz naturel. 

Bien que le Nigéria soit le principal et premier fournisseur prévu, étant donné qu’il détient la majeure partie des réserves de gaz sur le continent, d’autres pays ouest-africains pourraient également contribuer à l’approvisionnement futur. Un autre objectif important non dénué de sens dans le contexte actuel européen, est que ce gaz soit in fine redistribué vers l’Europe. Le lancement Le projet dispose d’une capacité de 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an, avec la possibilité de fournir 18 milliards de mètres cubes pour l’exportation vers l’Europe.  

Le Gazoduc Africain-Atlantique sera fusionné au projet d’extension du gazoduc de l’Afrique de l’Ouest (WAGP) déjà existant, reliant le Delta du Nigeria à Takoradi, au Ghana, en passant par le Bénin et le Togo. La phase I du projet consistera à étendre le WAGP jusqu’à San Pedro, en Côte d’Ivoire, tout en reliant Kayar, au Sénégal, au nord du Maroc. Quant à la phase II, Une fois tous les segments réalisés et connectés entre eux, cette infrastructure de 6.800 km de long, dont 5.100 km en offshore, disposera d’une capacité de transport de 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an. Elle reliera le Nigeria au Maroc, tout en alimentant les États membres de la CEDEAO, ainsi que la Mauritanie, avec une future extension prévue vers l’Europe. L’acheminement du gaz via le Gazoduc Africain Atlantique (AAGP) devrait être opérationnel à partir de 2029. Le coût global est estimé à 26 milliards de dollars (Kofi, 2024).

La réalisation concrète du projet se fera en plusieurs étapes et sera le prolongement du West Africa Gas Pipeline (WAGP) qui relie le Delta du Nigeria à Takoradi au Ghana, en passant par le bénin et le Togo. Enfin, la phase III permettra de relier San Pédro à Kayar. Une fois ces différentes phases réalisées, l’acheminement du gaz via le gazoduc devrait se faire à partir de 2029. À noter que cet important projet structurant va permettre l’évacuation d’importantes quantités de gaz de la région ouest-africaine vers l’Europe à moindre coût, comparativement au Gaz naturel liquéfié (GNL).Le Nigeria, qui pourtant dispose des plus importantes réserves en gaz du continent (7e réserves mondiales estimées à 5.284 milliards de mètres cubes), n’arrive qu’au troisième rang des producteurs africains de gaz en raison notamment du torchage et de la priorité accordée jusqu’à présent à la production pétrolière.

Le gazoduc pourrait ainsi inciter le Nigeria à exploiter ses importantes réserves gazières surmontant par la même l’obstacle que constitue l’exportation via le GNL. Ce n’est pas pour rien que les autorités nigérianes ont fait part de leur volonté d’injecter 12,5 milliards de dollars pour la réalisation du Gazoduc Africain Atlantique, soit l’équivalent de la moitié du coût estimé du projet.Aux côtés du Nigeria, d’autres pays ont découvert, ces dernières années, d’importantes ressources gazières.

(Machrouh, 2022) a démontré l’intérêt de l’Europe  dans la réalisation du projet de Gazoduc Nigeria-Maroc. Les arguments sont multiples: 

  1. Le projet participerait efficacement à la diversification des ressources gazières des pays européens et leur donnerait plus de marge de manœuvre.
  2. La mise en place du gazoduc participerait à l’édification d’une nouvelle génération de mesures qui aideraient à juguler les menaces asymétriques dont souffre l’Europe.
  3. le projet réduira le risque de remplacement de la dépendance européenne au gaz russe par une dépendance aux sources d’énergie non-conventionnelles aux conséquences climatiques dangereuses.
  4. Il empêcherait également l’émergence d’une forte dépendance gazière européenne envers l’Algérie.
  5. Il donnerait à l’Europe l’occasion de procéder à un rééquilibrage de son mouvement stratégique d’un schéma horizontal peu productif pour emprunter un schéma vertical véritable démultiplicateur de sa puissance et, enfin, le projet  impulserait une dynamique positive au processus d’intégration économique dans la région de l’Afrique de l’Ouest qui constituerait, en retour, un vaste marché de consommation utile pour les économies européennes.

3. ‍Les énergies renouvelables

Selon l’Agence Internationale de l’Energie, la demande mondiale pour les énergies renouvelables devrait être multipliée par 7, entre 2020 et 2040.  L’EU a l’ambition de devenir le «premier continent climatiquement neutre» d’ici 2050. La transition énergétique présente les conséquences géopolitiques et socio-économiques mondiale  semblables aux « profondes que celles engendrées il y a deux siècles par le passage de la biomasse aux énergies fossiles », avec l’émergence de « nouveaux leaders énergétiques » (Irena,2018).   De par la dynamique des énergies renouvelables au Maroc, il est estimé qu’il jouera un grand rôle à ce niveau. Le (CESE, 2020)   affirme que le potentiel énergétique marocain en énergies renouvelables, désormais plus compétitif, pourrait égaler lacapacité de production  au gaz et au pétrole du Nigéria ou du Venezuela.

Vu sa position géographique et ses énormes potentiels en énergies renouvelables, le Maroc pourrait en outre renforcer sa position en tant qu’acteur principal de la transition et d’intégration énergétique euro-méditerranéenne comme en témoigne le lancement des plateformes de coopération de l’UPM1.

Le Maroc peut, en effet, dans un proche avenir, jouer un rôle fondamental pour l’approvisionnement de l’Europe en énergie verte via l’électricité ou l’hydrogène. Les nouveaux engagements européens de neutralité carbone en 2050, formalisés dans le Green New Deal, ouvrent cette opportunité.

3.1 L‘électricité

Situé aux portes de l’Europe, il a ouvre à produire 52 % de son électricité à partir de sources renouvelables d’ici à 2030. L’objectif est d’exporter une grande partie de cette électricité vers l’Europe par le biais de câbles sous-marins. Cette position stratégique, qui le place comme un relais entre l’Europe et l’Afrique, notamment en matière d’interconnexions électriques, comme c’est le cas avec l’Espagne, via deux lignes électriques sous-marines d’une capacité de 1.550 MW. Une troisième connexion électrique d’une capacité de 700 mégawatts, a été mise en œuvre. Un projet d’interconnexion sous-marine avec une capacité de 1000 MW entre le Maroc et le Portugal a été également lancé.

Le Maroc a également signé avec la Mauritanie en janvier 2025 un mémorandum d’entente portant sur un projet d’interconnexion électrique entre les deux pays en plus de l’Espagne.  Ce  projet constitue un prélude d’interconnexion électrique entre avec le West African Power Pool (WAPP), ainsi que l’Initiative Desert-to-power reliant le Nord de l’Afrique à l’Afrique de l’Ouest et plus globalement l’Afrique subsaharienne. Il représente également une opportunité potentielle d’exportation de l’électricité vers le Sud de l’Europe  et  à travers l’axe Sénégal-Mauritanie-Maroc.

Cette interconnexion ouvrira des opportunités sans précédent dans le développement des énergies renouvelables. Le projet positionne les deux pays pour renforcer leurs liens avec les marchés de l’électricité européens et africains.

Le réseau d’interconnexion depuis Espagne au Nord jusqu’au Sénégal au Sud, en passant par le Maroc et la Mauritanie. (Source: BAD, Rapport 2011).

Apres la signature, de la convention de la déclaration conjointe de la feuille de route « SET Roadmap» relative aux échanges électriques entre le Royaume, l’Allemagne, la France, l’Espagne et le Portugal lors de la COP-22 à Marrakech, le Maroc fournira au Royaume-Uni 8% de ses besoins électriques  à partir de sources d’énergie renouvelable produite au Maroc à faible coût dans le cadre du projet électrique XLinks Maroc/Royaume-Uni qui sera une nouvelle installation de production d’électricité entièrement alimentée par l’énergie solaire et éolienne combinée à une installation de stockage de batteries.

3.2 L’hydrogène vert

L’émergence de l’hydrogène vert, liée à celle des énergies renouvelables, redessinera le paysage mondial de l’énergie et des ressources dès 2030, avec un positionnement clé pour l’Afrique du Nord ( Deloitte, 2023) . L’hydrogène vert du futur viendra donc de l’électrolyse de l’eau à partir d’électricité éolienne, solaire ou hydraulique. Selon une étude publiée par la Société Fraunhofer intitulée « Study des opportunités du Power-to-X au Maroc », ce dernier pourrait capter jusqu’à 4% de la demande mondiale en hydrogène vert d’ici 2030.  En ce sens, le Maroc a conclu des accords de partenaires avec  des pays européens, comme l’Allemagne (dont le montant du projet s’élève à 2,5 milliards de dollars) et le Portugal, sur des projets communs visant à développer les chaînes de valeur et R&D autour de l’hydrogènevert.

Avec des investissements à hauteur de 102 milliards de dollars, le Maroc a sélectionné des projets d’envergure dans les domaines de l’ammoniac vert, des carburants synthétiques et de l’acier bas carbone. Les entreprises sélectionnées sont les suivants : d’Ortus(États-Unis), Acciona (Espagne) et Nordex (Allemagne) sera impliqué dans la production d’ammoniac. Un second groupement associe Taqa (Émirats arabes unis) et Cepsa (Espagne) pour la production d’ammoniac et de carburants industriels. Deux autres investisseurs, Acwa Power (Arabie saoudite) et un consortium chinois regroupant UEG et China Three Gorges, se consacreront à la production d’acier vert et d’ammoniac. D’autres investisseurs seront de la course notamment le projet de Total Energies à 10,6 milliards de dollars avec la prévision de Production de 200 000 tonnes d’ammoniac vert par an au Maroc.

Au niveau national, la société marocaine Nareva concentrera ses investissements sur l’ammoniac et le groupe OCP  va s’atteler à transformer la production d’engrais grâce à une énergie propre pour un montant de 13 milliards de dollars.  En plus, plus de 30 000 hectares  seront dédiés aux infrastructures d’énergie verte. D’ici2030, le Maroc devrait devenir le leader du marché de l’hydrogène vert en Afrique, renforçant ainsi son rôle de fournisseur clé de l’Europe et au-delà. Selon les prévisions de l’ONU, la demande pour l’hydrogène pourrait atteindre 650 millions de tonnes à l’horizon 2050, soit environ 14% de la demande énergétique mondiale totale anticipée. Cela explique la volonté du Maroc de se placer comme exportateur d’hydrogène vert. Cependant, il n’est pas seul dans cette course. Le Maroc a plusieurs arguments en sa faveur, notamment sa proximité de l’Europe, le gazoduc Maghreb-Europe qu’il peut convertir et puis une stabilité politique qui rassure les investisseurs.

Conclusion

A la lumière de l’ensemble des éléments précédant, il est clair que le Maroc poursuit un avenir énergétique résilient grâce à une approche stratégique multiforme. Qui conjugue le géopolitique et l’économique. Ce qui pourrait présager, que le Maroc pourrait jouer un rôle important dans la résolution de la crise énergétique européenne et la pacification par le développent économique des pays africains qui seront irrigué par le gazoduc Afrique Atlantique.

Références

1. AFP (2021). Les frictions Algérie-Maroc menacent la fourniture de gaz à l’Espagne,30 septembre
2. Agenzia Nova (2024). L’analyste de Nova : La fermeture du gazoduc GreenStream serait un problème pour la Libye et non pour l’Italie, le 26 février.
3. Belhaj F. (2025).  The ebbs and flows of Eastern Mediterranean gas politics, Policy Center for the New South, PB -11/25
4. Conseil Economique, Social et Environnemental (2020). Accélérer la transition énergétique pour installer le Maroc dans la croissance verte,  Avis du Auto-saisine n°45/2020
5. Diop M. (2024 ).Les enjeux de l’adhésion de la Mauritanie à l’Initiative du Roi du Maroc de désenclavement des pays du Sahel, le 360 ,Le 21/12/2024 à 12h52
6. Furfari S. (2024) Energie, mensonges d’état La destruction organisée de la compétitivité de l’UE,  Ed.  L’artilleur.
7. Kofi G.  (2024). Le Gazoduc Africain Atlantique: la CEDEAO a réalisé des progrès dans la concrétisation de ce mégaprojet structurant, le 360,  15/12/2024
8. Kotsev, V.East  (2020). Med pipeline: maybe someday. Petroleum Economist
9. Koutantou, A. (2020). Greece, Israel, Cyprus Sign EastMed Gas Pipeline Deal », Reuters
10. Le Figaro, AFP (2025). Guerre en Ukraine : La Russie accuse l’Ukraine d’avoir mené une attaque de drones contre le gazoduc TurkStream,  le 13 janvier à 08h10
11. Machrouh (2022). Pourquoi l’Europe a-t-elle un intérêt stratégique dans la réalisation du Gazoduc Nigeria-Maroc ?, Policy Center for the New South, PB -56/22
12. Nies S. (2008). Nabucco et South Stream : des gazoducs trop politisés ? Financial Times
13. Sebille-Lopez Ph. (2020). Le gaz naturel en Europe : quels enjeux énergétiques et géopolitiques ? Première partie, la Revue  géopolitique
14. Sebille-Lopez Ph. (2020).  Le gaz naturel en Europe : quels enjeux énergétiques et géopolitiques ? Deuxième partie, la Revue  géopolitique
15. Tellenne, C. (2019). Introduction à la géopolitique; La Découverte, Paris, 127 p.
16. Wakim, N. (2020). Pourquoi le gaz fait flamber la Méditerranée, Le Monde, 18 août
17. Zarkik A. (2023). Gas Crisis in Europe: A Harbinger of Sustainable Cooperation with North Africa,Istituto Affari Internazionali (IAI)
Tags: AAGPAfriqueContexte géopolitiqueDakhladéveloppementdiplomatieÉnergies renouvelablesespagneEtats-UnisfranceGazoduc Africain AtlantiqueGazoducs EuropéengéopolitiqueIGH Institut Géopolitique HorizonsinvestissementsLe Roi Mohammed VImaghrebMALIMarocMauritaniemédiation Maroc AlgérieMohammed 6Mohammed VINIGERNIGERIAONURABATRUSSIESaharasahara marocainSahara occidentalSahelTrumpUnion Européenne
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