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Sahara occidental marocain : le rapport de Guterres propose un cadre de règlement

Institut Géopolitique Horizons by Institut Géopolitique Horizons
3 octobre 2026
in Actualités, Algérie, Analyse Stratégique, Documents, Maghreb, Maroc, Mauritanie
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Sahara occidental marocain : le rapport de Guterres propose un cadre de  règlement

IGH-AS-2026-10-03-01 · Analyse stratégique · 3 octobre 2026 · v3.2

Sahara occidental marocain :
le rapport de Guterres PROPOSE les contours
d’un possible règlement

Autonomie, transition, garanties :
les éléments désormais sur la table

Résumé exécutif

Le rapport du Secrétaire général des Nations unies, daté du 1er octobre 2026, auquel l’Institut Géopolitique Horizons (IGH) a eu accès, doit d’abord être lu pour ce qu’il est : un rapport adressé au Conseil de sécurité sur l’évolution du dossier du Sahara occidental, qui rend compte des développements intervenus au cours de la période considérée et formule les recommandations du Secrétaire général.

Ces recommandations constituent des indicateurs particulièrement importants de la direction que pourrait prendre le processus, mais elles ne constituent pas, à elles seules, une décision du Conseil de sécurité. Le Conseil peut les reprendre, les modifier ou ne pas les retenir. Cette distinction est essentielle : le rapport ne règle donc pas la question du Sahara occidental et ne préjuge pas, à lui seul, de l’issue des négociations. En revanche, il permet d’identifier avec une précision nouvelle les éléments que le Secrétaire général propose de placer au cœur d’un éventuel règlement.

Le document décrit une séquence de négociations directes entre le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie, sous la facilitation de l’Envoyé personnel du Secrétaire général et avec une implication particulièrement active des États-Unis. Le rapport précise que les discussions se sont déroulées sur la base de la Proposition marocaine d’autonomie, conformément au cadre établi par la résolution 2797, tout en indiquant que le Front Polisario a lui aussi présenté une proposition portant notamment sur l’autodétermination et les garanties post-référendaires. Le rapport ne présente donc pas encore un accord, mais décrit les bases autour desquelles les participants ont engagé et poursuivent la négociation.

C’est surtout l’architecture progressivement mise en discussion qui mérite attention. Le rapport fait apparaître, sans en faire un règlement arrêté, une possible séquence allant d’un accord-cadre à une éventuelle période de transition, puis à la définition d’un modèle détaillé de gouvernance ou d’autonomie, accompagné d’une consultation significative de la population sahraouie et de garanties internationales. L’hypothèse d’un Conseil de transition, ainsi que les questions relatives au partage des ressources, à l’amnistie et à la réconciliation, au désarmement, à la démobilisation et à la réintégration, à la sécurité et aux mécanismes électoraux, sont désormais mentionnées dans le compte rendu des discussions.

Le vocabulaire employé par le Secrétaire général est lui-même significatif. Le rapport maintient explicitement le principe de l’autodétermination, mais l’inscrit dans une architecture où l’autonomie constitue précisément l’une des modalités possibles de son exercice. L’enjeu n’est donc plus de présenter l’autodétermination et l’autonomie comme deux notions nécessairement opposées, mais de déterminer les conditions dans lesquelles une solution d’autonomie pourrait être soumise au choix des populations concernées. Le rapport indique ainsi qu’une « véritable autonomie » pourrait constituer « l’issue la plus réalisable », tout en précisant que toute proposition devrait faire l’objet d’une consultation significative permettant un choix libre et volontaire.

Cette formulation mérite une attention particulière. Le rapport maintient le principe d’autodétermination, mais décrit désormais une architecture de consultation différente, fondée sur une consultation significative et sur un choix libre et volontaire des populations concernées. Dans cette architecture, l’autonomie n’apparaît donc pas comme une alternative à l’autodétermination, mais comme l’une des solutions susceptibles d’être soumises au choix des populations concernées. Le déplacement essentiel est ainsi moins celui du principe que celui de sa traduction concrète : le débat porte progressivement sur la forme que pourrait prendre son exercice.

Une autre évolution importante concerne les camps de Tindouf. L’initiative visant à organiser, sur une base individuelle et volontaire, des visites permettant à des réfugiés sahraouis de se rendre à Laayoune et à Dakhla afin de mieux connaître les conditions de vie et les perspectives liées à l’autonomie proposée s’inscrit officiellement dans les mesures de confiance. Elle donne néanmoins une dimension nouvelle à la question de l’information et du choix individuel des populations concernées. Là encore, le rapport décrit une initiative et non un résultat déjà acquis.

Enfin, le document établit un lien direct entre l’évolution du processus politique et l’avenir de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO). Il recommande la prorogation du mandat jusqu’au 31 octobre 2027, tout en faisant état d’un examen stratégique de la mission qui devra tenir compte des développements du processus politique. La question de la MINURSO n’est donc plus présentée uniquement sous l’angle du maintien du cessez-le-feu : son avenir est explicitement replacé dans la dynamique plus large d’un éventuel règlement.

Cette lecture rejoint, sur plusieurs points précis, la trajectoire analytique développée par l’IGH dès le lendemain de l’adoption de la résolution 2797 (31 octobre 2025), avec une première publication dès le 3 novembre 2025, soit à peine trois jours plus tard. Dès cette première séquence, l’IGH avait identifié le déplacement du centre de gravité du dossier vers la Proposition marocaine d’autonomie et les implications possibles de cette nouvelle architecture pour le processus politique et l’avenir de la MINURSO.

31 octobre 2025 → résolution 2797
3 novembre 2025 → première analyse IGH sur le nouveau tournant
1er octobre 2026 → rapport S/2026/781

Cette première lecture prospective s’est ensuite prolongée et précisée au fil des analyses de l’IGH consacrées à la redéfinition du rôle de la MINURSO, à la montée en puissance du rôle américain, à l’émergence d’un possible cadre de règlement, aux hypothèses de transition, aux garanties internationales et à l’évolution de la question de Tindouf. Le rapport du 1er octobre 2026 fournit désormais une traduction institutionnelle et procédurale à plusieurs de ces trajectoires, sans que cela signifie que le Secrétaire général « confirme » les analyses de l’IGH.

Pris dans son ensemble, le rapport ne dit pas quel sera le règlement du Sahara occidental. Il montre en revanche les éléments susceptibles d’en constituer l’architecture : une base de négociation, un éventuel accord-cadre, une possible phase de transition, des mécanismes institutionnels, un modèle détaillé de gouvernance ou d’autonomie, une consultation significative et des garanties internationales, tandis que l’avenir de la MINURSO serait appelé à évoluer en fonction des progrès du processus.

La portée du rapport réside donc moins dans une quelconque décision qu’il aurait lui-même prise que dans la cartographie qu’il fournit des options désormais discutées au niveau international. Il constitue, à ce titre, un document essentiel pour comprendre non pas la conclusion du dossier, mais la direction dans laquelle le processus pourrait désormais être conduit — et permet de mesurer, près d’un an après la résolution 2797, la continuité entre les premières lectures prospectives de l’IGH et l’architecture aujourd’hui décrite dans un document officiel des Nations unies.

I. Un rapport qui ne parle plus seulement du statu quo

Le fait qui structure le document tient en une phrase du résumé : après l’adoption de la résolution 2797 (2025), le premier trimestre 2026 a vu trois séries de négociations directes entre le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie, « pour la première fois en sept ans » (§2). Elles étaient co-facilitées par l’Envoyé personnel du Secrétaire général, Staffan de Mistura, et par les États-Unis, porte-plume du Conseil de sécurité sur le dossier. Le premier round s’est tenu à Washington les 18-19 janvier 2026, le deuxième à Madrid les 8-9 février 2026, le troisième à Washington les 23-24 février 2026 (§7, 8, 10). Le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie y étaient représentés par leurs ministres des Affaires étrangères, le Front Polisario par son responsable de la politique étrangère (§6).

Le rapport ne décrit pourtant pas un processus apaisé, et il serait faux de le lire ainsi. Il rend compte d’une activité militaire de basse intensité qui se poursuit : tirs rapportés vers l’armée royale marocaine, frappes de drones attribuées à celle-ci, incident de Smara le 5 mai, frappe rapportée le 7 juin dans la zone de Mijek (§17-24). Il note, à l’est du mur de défense, une « diminution significative » du nombre et de l’intensité des incidents investigués par la MINURSO (§34). Et il désigne le déficit de confiance, « en particulier entre le Maroc et le Front Polisario », comme un obstacle majeur à une solution qui puisse être mise en œuvre (§12).

Le vocabulaire est celui de la prudence : des efforts « entravés » par les opérations militaires et le manque de confiance, mais des « perspectives » qui demeurent (§2). Le Secrétaire général se dit « encouragé » par la reprise de l’engagement direct (§59). Nulle part il n’écrit que la solution est trouvée. Il décrit les conditions dans lesquelles elle pourrait être négociée.

Point d’analyse. Le changement majeur n’est pas encore le résultat de la négociation. C’est la transformation de son cadre : un format direct à quatre participants, des ministres autour de la table, un travail conjoint ONU–États-Unis et un calendrier de rounds.

II. L’autonomie : de la proposition à la base de négociation

Tout tient ici à une nuance que le rapport prend soin de poser. Le Maroc a élaboré un « Draft Autonomy Statute » (projet de statut d’autonomie), qui développe sa proposition de 2007. Le document a été partagé en janvier 2026 avec l’Envoyé personnel et les États-Unis, en tant que co-présidents, ainsi qu’avec les participants : le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie. Il n’a pas été rendu public, parce qu’il est expressément destiné à servir de « base de négociation plutôt que d’accord final » (§3, a basis for negotiations rather than an outcome agreement).

Le projet de statut est donc un document de travail, conçu pour structurer la discussion, et non un règlement. Les discussions ont d’ailleurs pris la proposition marocaine d’autonomie « comme base », conformément au cadre établi par la résolution 2797 (§6). Lors du premier round, le Maroc a présenté la version développée de son projet, répondu aux questions des autres participants et indiqué sa disposition à travailler avec le Front Polisario pour que le résultat soit « développé et approprié conjointement par toutes les parties » (§7).

Le rapport est tout aussi net sur un autre point : il ne s’agit pas du seul texte en présence. Le 20 octobre 2025, le Front Polisario a transmis au Secrétaire général une proposition développant son texte de 2007 sur les « garanties post-référendaires », consacrée à une solution politique mutuellement acceptable qui prévoie l’autodétermination du peuple du Sahara occidental (§3). Le Front en a présenté les idées lors du premier round (§7). La formule exacte est donc la suivante : la proposition marocaine constitue la base des discussions, mais le processus comporte aussi une proposition du Front Polisario.

La distinction entre « base de négociation » et « résultat de la négociation » est reprise par l’Envoyé personnel lui-même. Il décrit la résolution 2797 comme un texte qui « fournit un cadre de négociation mais ne prescrit pas de résultat », et rappelle que s’engager dans la négociation ne signifie pas en accepter automatiquement l’issue (§5, provides a framework for negotiations but does not prescribe an outcome). Le Secrétaire général, dans ses recommandations, appelle les parties à « explorer la possibilité » d’une autonomie authentique qui, selon la résolution, « pourrait représenter l’issue la plus réalisable » (§60). Le conditionnel est celui du texte. L’Envoyé y ajoute une exigence de contenu : toute proposition d’autonomie devrait répondre aux plus hauts standards internationaux (§10).

III. Washington : de la facilitation à la construction du cadre

Le rôle américain, tel que le rapport le décrit, dépasse la facilitation. Les États-Unis co-président les négociations : l’Envoyé personnel a conduit les trois rounds avec le représentant permanent américain à l’ONU, Michael Waltz, avec le soutien actif du conseiller principal du Président américain pour les affaires arabes et africaines, Massad Boulos, et d’autres hauts responsables (§6). Surtout, ils interviennent dans la rédaction. « À la demande des participants », les équipes de l’ONU et des États-Unis ont travaillé ensemble, pendant et après le deuxième round, à un projet préliminaire d’accord-cadre sur une phase transitoire éventuelle, ainsi qu’à des positions de compromis possibles ; plusieurs documents ont été rédigés pour le troisième round (§9). Après les consultations du printemps, l’Envoyé a revu avec son co-président les zones de consensus relatif et préparé un projet révisé d’accord-cadre pour une période transitoire (§13).

La formule « Washington impose la solution » dépasse ce que le document permet de dire. Les mots « à la demande des participants » inscrivent ce travail dans un mandat donné par les parties à la table, et le résultat reste un projet. Ce que le texte autorise à écrire est plus précis, et plus intéressant : Washington participe désormais à la construction du cadre dans lequel une solution pourrait être négociée.

Les États-Unis ne sont plus seulement un acteur extérieur exprimant une préférence. Ils co-signent, avec l’Envoyé et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), la lettre qui propose des visites aux réfugiés (§50), condamnent publiquement l’incident de Smara comme « incompatible avec l’esprit des récents pourparlers » (§21), et le Secrétaire général salue leur engagement renouvelé (§59). Le rapport relève aussi, sans en tirer de conclusion, qu’un projet de loi américain introduit le 24 juin 2025 demanderait aux autorités compétentes d’examiner si le Front Polisario remplit les critères d’une désignation comme organisation terroriste, et que deux mandataires spéciaux de l’ONU ont fait part à Washington de leurs préoccupations quant à ses effets possibles sur le processus (§54). Il s’agit d’un projet de loi, non d’une mesure adoptée. Le rapport mentionne enfin une rencontre à Oslo avec le secrétaire d’État norvégien (§16), sans lui attribuer de fonction particulière dans le processus.

IV. La transition : l’apparition d’une architecture intermédiaire

C’est dans la description du deuxième round, à Madrid, que le vocabulaire se déplace. Les participants y ont « examiné l’établissement d’un Conseil de transition » qui « non seulement gérerait divers processus transitoires, mais offrirait aussi un espace pour négocier les détails » d’une solution juste, durable et mutuellement acceptable (§8). Le rôle des acteurs internationaux et les garanties de mise en œuvre y ont été « longuement débattus ». Des idées et propositions ont été introduites sur le partage des ressources, l’amnistie et la réconciliation, le désarmement, la démobilisation et la réintégration (DDR), les mesures de sécurité et les systèmes électoraux (§8). Le troisième round a permis une discussion approfondie sur le Conseil de transition et sur d’autres éléments présentés par les équipes de l’ONU et des États-Unis (§10).

Deux éléments complètent le tableau. La Mauritanie a souligné la nécessité de constituer une commission chargée de clarifier, de manière consensuelle, les frontières internationales finales et permanentes du territoire en litige (§8) : c’est la proposition d’un participant, et elle ouvre une dimension territoriale que le rapport ne développe pas. Et le Secrétaire général, dans ses recommandations, indique que la proposition de l’Envoyé personnel d’un accord-cadre suivi d’une période de transition « pourrait permettre » que les négociations se tiennent dans les meilleures conditions possibles (§60). Ce projet d’accord-cadre, s’il est adopté, « pourrait fournir une base » pour négocier un modèle détaillé d’autogouvernance et un processus de consultation (§13).

Il faut être précis sur le statut de tout cela. Le Conseil de transition a été examiné. Il n’a pas été créé. La transition est envisagée. Elle n’a pas été décidée. L’accord-cadre n’est pas adopté, et ses modalités restent à négocier.

La question qui s’impose est celle-ci : pourquoi une négociation qui porte classiquement sur le statut final commence-t-elle à intégrer une architecture intermédiaire ? Le rapport n’y répond pas expressément. Ce qui suit est une lecture de l’IGH, et non un constat du texte. Le Conseil de transition est décrit comme un lieu de gestion et de négociation à la fois, ce qui suggère de déplacer une partie de la discussion vers une période d’exercice. Le rapport insiste, par ailleurs, sur la défiance entre les parties et sur le besoin de garanties à long terme (§12) : une phase intermédiaire peut se lire comme une manière de traiter ce déficit. Enfin, l’ordre décrit au paragraphe 13 est inhabituel, puisque le cadre transitoire précéderait la négociation du modèle détaillé. Ces lectures demeurent des hypothèses.

V. Autodétermination et autonomie : le déplacement du débat

C’est le nœud du dossier, et le rapport l’indique sans détour. Le troisième round a « ouvert un débat » sur l’autodétermination et la souveraineté du territoire, qui « demeurent les éléments les plus controversés » de la recherche d’une solution (§10, the most contentious elements). Devant l’ampleur des divergences, les co-présidents ont décidé de traiter ces questions avec chaque partie séparément, afin d’identifier des solutions possibles (§10). Le rapport ne fait état d’aucune convergence sur ce point.

Le texte maintient le principe d’autodétermination, et il le fait à chaque étape. L’Envoyé personnel affirme trois exigences : toute proposition d’autonomie devrait répondre aux plus hauts standards internationaux ; une transition vers une autonomie authentique devrait être adossée à de fortes garanties internationales ; toute résolution du conflit devrait comporter un processus de consultation significatif du peuple sahraoui, conformément au principe d’autodétermination (§10). Le Secrétaire général précise cette exigence dans ses recommandations finales : toute proposition doit être soumise à ce processus, de sorte que la population ait « un choix libre et volontaire de l’accepter ou de la rejeter », condition pour qu’elle ne soit plus privée de son droit inaliénable à l’autodétermination (§61, free and voluntary choice to accept or reject it). L’objectif d’ensemble reste une solution mutuellement acceptable qui prévoit l’autodétermination (§11, 59).

Le rapport place ainsi dans une même architecture l’autonomie, l’autodétermination, la consultation significative, le choix libre et volontaire et les garanties internationales. La lecture analytique qui s’en dégage, et qui relève de l’IGH, est la suivante : l’autodétermination constitue le principe ; l’autonomie peut constituer une modalité concrète de son exercice ; le débat se déplace donc progressivement vers les modalités de cet exercice.

Le rapport maintient le principe d’autodétermination, mais décrit désormais une architecture de consultation différente, fondée sur une consultation significative et sur un choix libre et volontaire des populations concernées. Le déplacement essentiel porte désormais sur la modalité d’exercice de l’autodétermination : le rapport décrit une architecture dans laquelle une autonomie authentique pourrait être soumise à une consultation significative et à un choix libre et volontaire des populations concernées. Il s’agit d’une lecture politique et négociatoire du texte, non d’une affirmation juridique : le rapport ne redéfinit pas l’autodétermination, il décrit une architecture de négociation.

Les limites du texte doivent être respectées. Le rapport ne définit ni la forme exacte de la consultation, ni le corps électoral, ni la question posée, ni la procédure, ni le rapport avec les anciennes architectures du dossier. Il n’écrit pas que l’autodétermination disparaît.

VI. Tindouf : l’information individuelle entre dans le processus

Les mesures de confiance qui devaient permettre des liens familiaux entre les réfugiés des camps de Tindouf et leurs communautés d’origine restent suspendues (§49). C’est dans ce contexte que l’Envoyé personnel a plaidé pour leur élargissement et proposé, avec le HCR, des visites individuelles et volontaires de type « go and see » à Laayoune et Dakhla, afin que des réfugiés sahraouis puissent mieux connaître les conditions sur place et les détails de la proposition marocaine d’autonomie (§50). L’initiative a été portée à l’attention du Front Polisario le 2 septembre par une lettre cosignée de l’Envoyé, du Haut-Commissaire pour les réfugiés et du représentant permanent des États-Unis. Dans sa réponse du 14 septembre, le Front s’est dit prêt à coopérer avec le HCR pour en faciliter la mise en œuvre (§50).

La portée de l’initiative doit être mesurée sans extrapolation. Elle s’inscrit officiellement dans les mesures de confiance et d’information. Elle n’est pas une consultation politique, et le rapport ne dit pas que des visites ont effectivement eu lieu. Il décrit, en parallèle, des camps fragilisés : environ 80 % de la population sahraouie en insécurité alimentaire, une malnutrition en hausse, et 17 % seulement des fonds requis pour 2026 reçus au 30 juin (§46-48).

Ce que l’initiative apporte au processus tient en peu de mots, mais il est nouveau : l’accès individuel à l’information, sur les conditions sur place comme sur le contenu d’une proposition politique.

VII. MINURSO : son avenir devient lié au processus politique

À la demande de la résolution 2797, le Secrétaire général a chargé le directeur de la Division de la politique et de la médiation du Département des affaires politiques et de la consolidation de la paix, Asif R. Khan, de conduire une revue stratégique sur le futur mandat de la MINURSO, « en tenant compte de l’issue des négociations » (§42). Après des consultations à New York du 12 au 19 mars, puis dans la région du 24 mars au 2 avril, M. Khan a présenté le 23 avril au Conseil de sécurité une évaluation préliminaire, formulée « en l’absence d’une issue politique ». Il a mis en garde contre des changements prématurés de la structure ou du mandat de la mission tant que les négociations sont en cours (§43).

La recommandation finale est cohérente avec cette ligne. Le Secrétaire général recommande de proroger le mandat d’un an, jusqu’au 31 octobre 2027, « tout en tenant compte des évolutions du processus politique » (§65, while taking into account developments in the political process). Il ajoute que, sans la MINURSO pour surveiller, enquêter et rendre compte, le risque d’escalade « augmenterait fortement », avec une possibilité de débordement régional (§65).

Le rapport ne dit pas que la MINURSO va disparaître, et il ne dit pas non plus quel sera son futur mandat. Il articule désormais explicitement l’avenir institutionnel de la mission à l’évolution du processus politique, dans les deux sens : une mission maintenue tant qu’aucune solution n’est atteinte, un mandat à réexaminer à mesure que des résultats apparaissent. L’IGH écrivait le 2 avril 2026 : « Avril 2026 n’est pas une séquence MINURSO. C’est une séquence sur l’avenir du mandat — ce qui n’est pas la même chose. » Le rapport donne aujourd’hui une traduction institutionnelle à cette évolution, sans en définir l’issue.

VIII. Ce que le rapport dit — et ce qu’il ne dit pas

Le rapport permet d’affirmer :

  • que des négociations directes ont eu lieu, avec une proposition marocaine d’autonomie comme base des discussions et une proposition du Front Polisario également présente ;
  • que l’ONU et les États-Unis ont travaillé ensemble à un projet d’accord-cadre, qu’une transition a été discutée, de même qu’un Conseil de transition ;
  • que le Secrétaire général recommande une consultation significative et des garanties internationales ;
  • qu’une initiative « go and see » a été proposée aux réfugiés ;
  • qu’une revue stratégique de la MINURSO est en cours et qu’une prorogation du mandat est recommandée.

Il ne permet pas d’affirmer :

  • qu’un accord définitif a été conclu, ni que le statut final est arrêté ;
  • que le principe d’autodétermination est abandonné ;
  • que le Front Polisario a accepté l’autonomie, ni que l’Algérie a accepté un cadre final ;
  • que les camps de Tindouf seront démantelés, ni que les visites ont eu lieu ;
  • que la MINURSO sera supprimée ;
  • que le Conseil de transition est créé, ni qu’une transition est décidée ;
  • que Washington a imposé un règlement.

Un point mérite d’être précisé à propos de l’Algérie. Elle est partie aux discussions, représentée au niveau ministériel, et reçue séparément par l’Envoyé personnel (§6, 11). Le rapport ne permet pas de conclure à un effacement de l’Algérie du processus. Il permet en revanche d’observer une évolution du cadre dans lequel son rôle s’exerce.

IX. Conclusion : le rapport comme cartographie d’un possible règlement

Prises ensemble, les pièces que le rapport décrit dessinent la chaîne suivante :

BASE DE NÉGOCIATION → ÉVENTUEL ACCORD-CADRE → ÉVENTUELLE PÉRIODE DE TRANSITION → ÉVENTUEL CONSEIL DE TRANSITION → MODÈLE DÉTAILLÉ DE GOUVERNANCE / AUTONOMIE → CONSULTATION SIGNIFICATIVE → GARANTIES INTERNATIONALES → ÉVOLUTION FUTURE DE LA MINURSO

Cette chaîne est une reconstruction analytique de la logique du rapport, et non une feuille de route officiellement adoptée, ni un calendrier arrêté, ni un accord entre les parties. L’ordre des éléments n’est pas fixé par le texte, et plusieurs d’entre eux sont conditionnels.

Ce que le rapport donne à voir, c’est une négociation qui se structure, avec des documents, des mécanismes envisagés, des garanties recherchées et un lien assumé avec l’avenir de la mission onusienne. Ce qu’il laisse ouvert reste considérable. La souveraineté et l’autodétermination demeurent les points les plus controversés, ceux sur lesquels les co-présidents ont dû changer de méthode. Le contenu du modèle d’autonomie, la nature de la transition, la forme de la consultation, la position des parties sur le cadre révisé, la trajectoire de la confiance sur le terrain : rien de cela n’est tranché.

Le rapport ne dit pas ce que sera le règlement du Sahara occidental. Il montre ce qui pourrait en constituer l’architecture.

AUTONOMIE → base de négociation

WASHINGTON → construction du cadre

TRANSITION → architecture intermédiaire

AUTODÉTERMINATION → modalités d’exercice

TINDOUF → information et choix

GARANTIES INTERNATIONALES → accompagnement possible

MINURSO → évolution du mandat liée au processus politique

Encadré

Corrélations avec les analyses antérieures de l’IGH

Dix corrélations sont identifiées entre la trajectoire analytique de l’IGH et la configuration désormais décrite par le rapport du Secrétaire général. Elles ne sont pas toutes de même nature :

6 corrélations fortes
2 corrélations intermédiaires
2 corrélations prospectives

Cette hiérarchie est essentielle : il ne s’agit pas de présenter dix « prédictions » de l’IGH confirmées par les Nations unies, mais de mesurer précisément les points où une trajectoire analytique antérieure trouve désormais une traduction institutionnelle ou procédurale dans le rapport S/2026/781.

Lecture : citation IGH · passage du rapport · texte courant : commentaire analytique.

I. Six corrélations fortes

Corrélation forte

1. AUTONOMIE — DE LA CENTRALITÉ ANALYTIQUE À LA BASE DES NÉGOCIATIONS

IGH — 3 NOVEMBRE 2025

« Résolution 2797 : Comment l’IGH a anticipé le tournant historique du dossier saharien »
IGH-GF-2025-11-002

Cette publication intervient trois jours seulement après l’adoption de la résolution 2797, le 31 octobre 2025.

Citation IGH

« Consécration du plan d’autonomie marocain comme base unique de négociation. »

Rapport du Secrétaire général — 1er octobre 2026

S/2026/781 — §3, §6 et §7

Le rapport indique que le Maroc a élaboré un « Draft Autonomy Statute », transmis à l’Envoyé personnel, aux États-Unis et aux participants, et précise que ce document est destiné à servir de

« a basis for negotiations rather than an outcome agreement » (§3).

Il indique ensuite que les discussions ont pris la Proposition marocaine d’autonomie

« as the basis » conformément au cadre établi par la résolution 2797 (§6).

Le Maroc a présenté la version développée de son projet lors du premier round (§7).

Ce que le rapprochement montre

La corrélation est forte sur la centralité acquise par l’autonomie dans le nouveau cadre de négociation.

L’IGH avait identifié cette centralité dès le 3 novembre 2025, soit trois jours après la résolution 2797. Le rapport du 1er octobre 2026 décrit désormais cette centralité dans le fonctionnement concret des négociations.

Nuance essentielle

La publication IGH du 8 février 2026 parlait du « seul document sur la table ». Le rapport apporte une nuance importante : le Front Polisario a également transmis une proposition portant sur l’autodétermination et les garanties post-référendaires (§3, §7).

La formule IGH de « base unique » ne doit pas être présentée comme littéralement confirmée par le rapport. La proposition marocaine constitue la base des discussions ; mais elle n’est pas le seul texte politique présent dans le processus.

Corrélation forte

2. WASHINGTON — DE LA FACILITATION À LA CONSTRUCTION DU CADRE

IGH — 15 JUIN 2026

« Ce que Madrid, Washington, Oslo et Paris préparent vraiment pour le Conseil de sécurité »

Cette analyse avait identifié la montée en puissance du rôle américain dans la construction du nouveau cadre de négociation.

Rapport du Secrétaire général — 1er octobre 2026

S/2026/781 — §6, §9 et §13

Le rapport indique que les États-Unis coprésident les rounds de négociation. Surtout, il précise :

« at the request of the participants, UN and US teams worked together »

sur un projet préliminaire d’accord-cadre concernant une éventuelle phase transitoire et sur des positions de compromis possibles (§9). Après les consultations du printemps, l’Envoyé personnel et son co-président américain ont également préparé un projet révisé d’accord-cadre pour une période transitoire (§13).

Ce que le rapprochement montre

L’analyse IGH avait identifié une implication américaine allant au-delà de la simple facilitation.

Le rapport donne désormais une traduction institutionnelle précise à cette implication : coprésidence des négociations, participation de hauts responsables américains et travail conjoint ONU–États-Unis sur la construction du cadre.

Nuance absolue

La formule « Washington impose la solution » ne peut être reprise comme un fait. La formulation à retenir est celle déjà établie dans l’analyse : « Washington participe désormais à la construction du cadre dans lequel une solution pourrait être négociée. »

Le rapport précise que le travail a été réalisé « à la demande des participants » et que le résultat demeure un projet.

Corrélation forte

3. TRANSITION — DE L’HYPOTHÈSE DE CADRE À UNE ARCHITECTURE DISCUTÉE

IGH — 15 JUIN 2026

« Ce que Madrid, Washington, Oslo et Paris préparent vraiment pour le Conseil de sécurité »

L’analyse IGH avait identifié l’émergence d’un possible cadre de règlement structuré et d’une architecture intermédiaire.

Rapport du Secrétaire général — 1er octobre 2026

S/2026/781 — §8, §9, §10 et §13

Le rapport indique que les participants ont examiné l’établissement éventuel d’un « Transitional Council », le rôle des acteurs internationaux, les garanties de mise en œuvre, le partage des ressources, l’amnistie et la réconciliation, le désarmement, la démobilisation et la réintégration, les mesures de sécurité et les systèmes électoraux.

Il précise également que les équipes ONU–États-Unis ont travaillé sur un accord-cadre préliminaire pour une éventuelle phase transitoire (§9), puis sur un projet révisé d’accord-cadre pour une période transitoire (§13). Citations du rapport :

« examined the establishment of a Transitional Council »

« could provide a basis » for negotiating a detailed model of self-governance and a consultation process (§13).

Ce que le rapprochement montre

Le rapport donne une substance beaucoup plus précise à une architecture intermédiaire que l’IGH avait identifiée dans sa trajectoire analytique.

Cette corrélation doit être lue comme une convergence forte sur la structure discutée, et non comme la confirmation d’un règlement déjà arrêté.

Nuance

Le Conseil de transition n’a pas été créé. La transition n’a pas été décidée. L’accord-cadre n’est pas adopté. Ses modalités restent à négocier.

Corrélation forte

4. MINURSO — DE L’AVENIR DU MANDAT À LA REVUE STRATÉGIQUE

IGH — 2 AVRIL 2026

« MINURSO, avril 2026 : la confirmation d’une redéfinition silencieuse en cours »
IGH-NS-2026-04-001

Citation IGH

« Avril 2026 n’est pas une séquence MINURSO. C’est une séquence sur l’avenir du mandat — ce qui n’est pas la même chose. »

Rapport du Secrétaire général — 1er octobre 2026

S/2026/781 — §42, §43 et §65

Le rapport indique qu’une revue stratégique du futur mandat de la MINURSO a été engagée :

« taking into account the outcome of the negotiations » (§42).

Il recommande ensuite la prorogation du mandat jusqu’au 31 octobre 2027 :

« while taking into account developments in the political process » (§65).

Ce que le rapprochement montre

Il s’agit d’une des corrélations les plus nettes de l’ensemble.

L’IGH avait identifié dès le 2 avril que la question centrale n’était plus seulement le maintien de la mission mais l’avenir de son mandat. Le rapport décrit désormais institutionnellement cette revue stratégique et établit explicitement le lien entre l’évolution du mandat et celle du processus politique.

Nuance

Le rapport ne définit pas le futur mandat de la MINURSO. Il ne dit pas que la mission disparaîtra. Il recommande au contraire sa prorogation jusqu’au 31 octobre 2027.

Corrélation forte

5. TINDOUF — DE « REAL CHOICES » À L’INITIATIVE « GO AND SEE »

IGH — 30 SEPTEMBRE 2026

« Sahara occidental marocain : Waltz entérine la chute du verrou algérien »

L’analyse IGH relevait le déplacement de la focale vers les populations des camps et leur accès à des choix concrets.

Citation IGH

« They deserve real choices, not another decade of waiting. »

Rapport du Secrétaire général — 1er octobre 2026

S/2026/781 — §50

Le rapport décrit l’initiative « go and see » : des visites individuelles et volontaires à Laayoune et Dakhla destinées à permettre à des réfugiés sahraouis de mieux connaître les conditions sur place et les perspectives liées à la proposition marocaine d’autonomie. Il précise que l’initiative a été portée par une lettre cosignée par l’Envoyé personnel, le HCR et le représentant permanent des États-Unis.

Ce que le rapprochement montre

La proximité temporelle est particulièrement forte : l’analyse IGH du 30 septembre place au centre du message américain la notion de « real choices » pour les populations des camps ; le rapport du 1er octobre décrit une initiative concrète d’information individuelle.

Le rapprochement porte sur la trajectoire de la question de l’information et du choix individuel, pas sur une identité entre les deux formulations.

Nuance absolue

Le rapport ne reprend pas l’expression « real choices ». Il ne décrit pas une consultation politique. Il ne dit pas que les visites ont déjà eu lieu. Il ne permet pas de conclure à un transfert, à un démantèlement des camps ou à un règlement définitif.

Corrélation forte

6. AUTODÉTERMINATION — DU PRINCIPE À LA QUESTION DE SES MODALITÉS

IGH — 21 SEPTEMBRE 2026

« Polisario–Algérie dos au mur : entre plan d’autonomie et FTO »

L’analyse IGH distinguait explicitement la position publique du Polisario, centrée sur l’autodétermination/indépendance, de la nouvelle architecture américaine autour de l’autonomie. Elle est utilisée ici comme analyse de la transition du débat vers les modalités concrètes du nouveau cadre, et non comme preuve d’une acceptation déjà acquise.

Citation IGH

« Le véritable point de bascule pourrait donc ne pas être, dans un premier temps, une décision publique de Washington. Il pourrait être la réponse d’Alger. »

Rapport du Secrétaire général — 1er octobre 2026

S/2026/781 — §10, §60 et §61

Le rapport maintient explicitement le principe de l’autodétermination. Il indique parallèlement que le Secrétaire général appelle les parties à

« explore the possibility of genuine autonomy »

laquelle

« could represent a most feasible outcome » (§60).

Il précise qu’une proposition doit faire l’objet d’une consultation significative permettant un

« free and voluntary choice to accept or reject it » (§61).

Ce que le rapprochement montre

La corrélation ne porte pas sur un abandon du principe d’autodétermination. Elle porte sur le déplacement du débat vers les modalités concrètes de son exercice.

Dans l’architecture décrite par le rapport, autonomie, autodétermination, consultation significative, choix libre et volontaire et garanties internationales sont désormais placés dans le même ensemble négociatoire.

Lecture IGH : l’autonomie peut être analysée comme une modalité possible de mise en œuvre du principe d’autodétermination.

Important

Cette qualification relève de l’analyse politique et négociatoire de l’IGH. Elle ne constitue pas une nouvelle définition juridique de l’autodétermination donnée par le Secrétaire général. Le principe d’autodétermination demeure, mais la négociation actuelle porte désormais sur les modalités concrètes de son exercice dans une architecture nouvelle, centrée sur l’autonomie, la consultation significative, le choix libre et volontaire et les garanties internationales.

II. Deux corrélations intermédiaires

Corrélation intermédiaire

7. ALGÉRIE — DU VERROU ANALYSÉ PAR L’IGH À LA PARTICIPATION AU NOUVEAU CADRE

IGH — 17 SEPTEMBRE 2026

« Rencontre Boulos–Tebboune : l’Algérie vers l’acceptation du cadre d’autonomie »

Citation IGH

« Alger aurait accepté “pour le principe” le cadre d’autonomie relatif au Sahara occidental marocain, tout en réservant des modalités qui pourraient être portées par le Front Polisario. »

Rapport du Secrétaire général — 1er octobre 2026

S/2026/781 — §6 et §11

Le rapport confirme que l’Algérie participe directement aux négociations avec le Maroc, le Front Polisario et la Mauritanie, au niveau ministériel, et qu’elle a également été reçue séparément par l’Envoyé personnel.

Ce que le rapprochement montre

La corrélation porte sur le déplacement du rôle algérien dans le nouveau cadre de négociation.

Le rapport ne montre pas une disparition de l’Algérie du dossier ; il montre au contraire qu’elle demeure une partie du processus. Il permet néanmoins d’observer que son rôle s’exerce désormais à l’intérieur d’un mécanisme de négociation directe structuré autour des quatre participants.

Nuance essentielle

Le rapport ne confirme pas l’information IGH du 17 septembre concernant une acceptation algérienne « pour le principe ». Cette information reste une analyse IGH antérieure ; le rapport ne confirme pas l’acceptation algérienne.

Corrélation intermédiaire

8. POLISARIO — DE L’ÉVOLUTION DE SA POSITION À SON INSERTION DIRECTE DANS LA DISCUSSION

IGH — 21 SEPTEMBRE 2026

« Polisario–Algérie dos au mur : entre plan d’autonomie et FTO »

La publication analysait également la question de la contre-proposition du Polisario et le déplacement du centre de gravité vers les modalités de son entrée dans le nouveau cadre.

Citation IGH

« Les Algériens ont promis une réponse d’ici début oct. Si c’est négatif ce sera FTO. »
Citation IGH / HUMINT reproduite dans la publication.

Rapport du Secrétaire général — 1er octobre 2026

S/2026/781 — §3, §7, §9 et §13

Le rapport indique que le Front Polisario a transmis une proposition développant son texte de 2007 sur les garanties post-référendaires et qu’il a présenté ses idées au premier round. Il établit donc l’existence d’une proposition propre du Front Polisario et sa participation directe aux discussions.

Ce que le rapprochement montre

Le rapport donne une base factuelle à la lecture IGH d’un déplacement du débat vers les modalités que le Polisario entend porter dans le nouveau cadre.

Nuance

Le rapport ne permet pas d’écrire que le Front Polisario a accepté l’autonomie. Il ne permet pas davantage de transformer les hypothèses IGH relatives au FTO en fait accompli.

III. Deux corrélations prospectives

Corrélation prospective

9. GARANTIES INTERNATIONALES — D’UN ÉLÉMENT DE CADRE À UN POSSIBLE DISPOSITIF D’ACCOMPAGNEMENT

IGH — 15 JUIN 2026

« Ce que Madrid, Washington, Oslo et Paris préparent vraiment pour le Conseil de sécurité »

L’analyse IGH avait intégré les garanties internationales dans l’hypothèse d’un cadre de règlement structuré et d’une éventuelle phase de transition.

Rapport du Secrétaire général — 1er octobre 2026

S/2026/781 — §8, §10, §13 et §61

Le rapport indique que le rôle des acteurs internationaux et les garanties de mise en œuvre ont été longuement débattus (§8). Il précise également que toute transition vers une autonomie authentique devrait être adossée à de fortes garanties internationales (§10). Les recommandations finales demandent que toute proposition soit accompagnée de garanties internationales (§61).

Ce que le rapprochement montre

Il existe une continuité entre la trajectoire analytique de l’IGH et la place désormais accordée aux garanties internationales dans le rapport.

Le rapport ne définit pas encore la nature exacte de ces garanties, les acteurs qui les assumeraient, leur durée ou leur mécanisme de mise en œuvre. Il s’agit d’un élément du possible règlement, pas d’un dispositif déjà arrêté.

STATUT : PROSPECTIF

Corrélation prospective

10. CONSULTATION DES POPULATIONS — VERS UNE MODALITÉ POLITIQUE ENCORE À DÉFINIR

IGH — 30 SEPTEMBRE 2026

« Sahara occidental marocain : Waltz entérine la chute du verrou algérien »

L’analyse IGH mettait au centre de la nouvelle séquence le devenir concret des populations de Tindouf et la notion de « real choices ».

Citation IGH

« They deserve real choices, not another decade of waiting. »

Rapport du Secrétaire général — 1er octobre 2026

S/2026/781 — §50 et §61

Le rapport évoque une « meaningful consultation » du peuple du Sahara occidental. Il précise que la population doit pouvoir disposer d’un

« free and voluntary choice to accept or reject it » (§61).

Parallèlement, le §50 décrit l’initiative « go and see » destinée à mieux informer individuellement les réfugiés sur les conditions de vie et les perspectives liées à la proposition d’autonomie.

Ce que le rapprochement montre

Une dimension nouvelle apparaît : information, consultation et choix des populations sont désormais explicitement intégrés dans l’architecture envisagée par le rapport.

Le rapport ne définit pas encore la forme finale de la consultation : ni le corps électoral, ni la question posée, ni la procédure, ni le rapport avec les anciennes architectures du dossier.

STATUT : PROSPECTIF

Conclusion de l’encadré

Ces dix corrélations ne sont pas de même nature.

Les six premières correspondent à des trajectoires désormais directement documentées dans le rapport :

  • la centralité de l’autonomie dans les négociations ;
  • le rôle structurant des États-Unis ;
  • l’apparition d’une architecture de transition ;
  • la revue stratégique de la MINURSO ;
  • la question des populations de Tindouf et de leur accès à une information directe ;
  • le déplacement du débat vers les modalités concrètes de l’autodétermination.

Les deux suivantes — Algérie et Polisario — constituent des corrélations intermédiaires : le rapport permet de documenter certaines évolutions de leur place dans le processus, mais il ne confirme pas toutes les informations ou hypothèses formulées antérieurement par l’IGH.

Les deux dernières — garanties internationales et consultation des populations — demeurent prospectives : le rapport les inscrit dans l’architecture possible du règlement, mais leur forme définitive n’est pas arrêtée.

Le rapport du Secrétaire général permet désormais de mesurer, point par point, jusqu’où certaines trajectoires identifiées par l’IGH se sont institutionnalisées, lesquelles restent partielles et lesquelles demeurent encore prospectives.

Sources

  • Nations unies, Secrétaire général, « Report of the Secretary-General on the situation concerning Western Sahara », S/2026/781, 1er octobre 2026 (avance de copie). Traductions des citations par l’IGH.
  • Conseil de sécurité des Nations unies, résolution 2797 (2025), 31 octobre 2025.
  • IGH, « Résolution 2797 : Comment l’IGH a anticipé le tournant historique du dossier saharien », IGH-GF-2025-11-002, 3 novembre 2025.
  • IGH, « Washington impose la Proposition Marocaine et Fractures Algérie / Polisario », 8 février 2026.
  • IGH, « MINURSO, avril 2026 : la confirmation d’une redéfinition silencieuse en cours », IGH-NS-2026-04-001, 2 avril 2026.
  • IGH, « Ce que Madrid, Washington, Oslo et Paris préparent vraiment pour le Conseil de sécurité », 15 juin 2026.
  • IGH, « Rencontre Boulos–Tebboune : l’Algérie vers l’acceptation du cadre d’autonomie », 17 septembre 2026.
  • IGH, « Polisario–Algérie dos au mur : entre plan d’autonomie et FTO », 21 septembre 2026.
  • IGH, « Sahara occidental marocain : Waltz entérine la chute du verrou algérien », 30 septembre 2026.

Institut Géopolitique Horizons (IGH) · Tanger, 3 octobre 2026 · IGH-AS-2026-10-03-01

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