Institut Géopolitique Horizons
Note d’Orientation Stratégique
Algérie : vers une Transition institutionnelle programmée
I. CADRE GÉNÉRAL ET CONTEXTE IMMÉDIAT
1.1 Genèse de la crise institutionnelle
Le système politique algérien se trouve confronté à des impasses structurelles majeures, nécessitant l’identification de leviers de stabilisation institutionnelle susceptibles d’ouvrir une séquence de transition.[1] Les fractures au sommet de l’État opposent désormais le clan présidentiel aux réseaux militaro-sécuritaires historiques, dans un contexte de révélations sur la corruption systémique.
Les révélations du général Nacer El-Djen (Abdelkader Haddad), actuellement en résidence surveillée, ont exposé l’implication directe de l’entourage présidentiel et de plusieurs généraux de haut rang dans des contrats suspects rémunérés par des commissions occultes versées sur des comptes bancaires secrets à Ljubljana (Slovénie), Antalya (Turquie) et Milan (Italie).[2]
Les mesures d’interdiction de sortie du territoire national (ISTN) non-officielles visant au moins deux conseillers présidentiels (Kamal Sidi Said et Amirouche Hamadache) ainsi que le directeur de cabinet Boualem Boualem, au lendemain de l’audition de trois conseillers et d’un voyage éclair de Boualem à Paris le 16 juillet 2025 (aller-retour dans la même journée), signalent une escalade dramatique dans cette guerre des clans qui fracture le sommet de l’État algérien.[3]
1.2 Isolement géopolitique international aigu
L’Algérie connaît un basculement géostratégique majeur. En cinq ans seulement, le pays est passé d’une puissance régionale influente à un État quasi-isolé, confronté à des relations dégradées avec la quasi-totalité de ses voisins.[4] Cet isolement géopolitique se manifeste sur plusieurs plans :
Encerclement diplomatique maghrébin
- Rupture totale avec le Maroc depuis août 2021
- Refroidissement des relations avec la Mauritanie suite au rapprochement mauritano-marocain
- Marginalisation dans les instances régionales (UMA paralysée)
Détérioration des relations sahéliennes
- Dégradation spectaculaire des relations avec le Mali malgré le soutien initial à la junte
- Tensions avec le Niger sur la gestion des flux migratoires et la sécurité frontalière
- Perte d’influence au profit d’acteurs comme la Russie (Wagner/Africa Corps) et la Turquie
- Incapacité à capitaliser sur le retrait français pour s’imposer comme acteur sécuritaire de référence
Refroidissement occidental
- Détérioration des relations avec la France (expulsion de l’ambassadeur, campagnes médiatiques hostiles)
- Tensions avec l’Union européenne sur les questions migratoires et énergétiques
- Méfiance américaine face aux achats d’armements russes et aux positions pro-palestiniennes radicales
- Échec de la tentative de diversification des partenariats occidentaux
Marginalisation africaine
Malgré les annonces de projets d’intégration d’envergure, l’Algérie n’a pas réussi à se positionner comme leader continental.[5] Son mandat au Conseil de sécurité de l’ONU (2024-2025) n’a pas permis de restaurer son influence. L’instrumentalisation du dossier du Sahara occidental isole Alger de la majorité des États africains qui reconnaissent la souveraineté marocaine.
1.3 Facteurs exogènes déclencheurs
La médiation américaine avortée sur le dossier du Sahara constitue le catalyseur immédiat de la séquence de crise actuelle. L’administration Trump 2.0, via les émissaires Steve Witkoff (envoyé spécial) et Massad Boulos, a transmis à Alger une série d’exigences transformant la proposition de dialogue en ultimatum.[6]
Le calendrier contraignant impose un accord signé avant fin février 2026, sous peine de sanctions secondaires et d’une coordination tripartite USA-Maroc-Israël visant à marginaliser définitivement Alger.[7]
Selon les sources de l’IGH, le clan du général Mohammed Mediene (dit Toufik), ancien tout-puissant patron des services de renseignement algériens, cherche désormais activement une sortie de crise pour éviter à l’Algérie une ingérence ou intervention américaine directe suite à l’échec de la médiation et à l’ultimatum de Witkoff.[8]
II. ACTEURS ET RAPPORTS DE FORCE
2.1 Cartographie des clans
Clan présidentiel fragilisé
- Abdelmadjid Tebboune (80 ans) : Président depuis 2019, affaibli par les scandales de corruption et les problèmes de santé récurrents
- Boualem Boualem : Directeur du cabinet présidentiel, éminence grise du régime, désormais sous ISTN[9]
- Conseillers sous pression : Kamal Sidi Said (affaires politiques et relations avec la jeunesse), Amirouche Hamadache, tous audités et sous surveillance
Clan militaire historique (réseau DRS)
- Général Mohammed Mediene « Toufik » (85 ans) : Ancien chef du DRS (1990-2015), architecte présumé du scénario de transition
- Contrôle des anciens cadres du renseignement et des réseaux économiques opaques
- Positionnement comme recours institutionnel face à la crise
Faction Chengriha (militaires en poste)
- Général Saïd Chengriha (80 ans) : Chef d’État-Major de l’Armée Nationale Populaire depuis 2019
- Gardien de l’orthodoxie militaire et de l’équilibre des pouvoirs
- Tensions latentes avec le clan Toufik sur la conduite de la transition
2.2 Leviers de pouvoir
Les services de renseignement (anciens DRS reconvertis) demeurent le nerf de tout pouvoir réel en Algérie. Leur capacité de surveillance, d’intimidation et de neutralisation des opposants, couplée à l’accès aux dossiers compromettants sur l’ensemble de la classe politique, leur confère une position centrale dans tout scénario de transition.
L’accès aux ressources financières occultes constitue le second levier majeur : contrôle des flux issus de la rente hydrocarbures via Sonatrach, commissions sur contrats d’armement et infrastructures, comptes offshore révélés par Haddad, et capacité de financement des clientèles politiques et tribales.
2.3 Équilibres précaires
Guerre générationnelle au sommet
Tebboune (79 ans), Chengriha (79 ans) et Toufik (85 ans) incarnent une gérontocratie à bout de souffle. L’absence de succession planifiée et de renouvellement générationnel crée des risques de vacance soudaine du pouvoir par décès ou incapacité. Les luttes d’héritage et positionnements anticipés des cadres intermédiaires intensifient les tensions.
Tensions Tebboune-Chengriha (décembre 2025 – janvier 2026)
Absences emblématiques :
- Conseil des ministres du 28 décembre 2025 : Chengriha boycotte la séance présidée par Tebboune, forçant un report du projet d’amendement constitutionnel (visant potentiellement un 3ème mandat ou prolongation)[11]
- Discours sur l’État de la Nation (30 décembre 2025) : Absence remarquée devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès au Club des Pins, malgré les protocoles exigeant sa présence[12]
Ces absences surviennent après une réunion tendue le 27 décembre entre Tebboune et les généraux sur l’amendement constitutionnel, perçu comme une dérive par le clan militaire. Les analystes évoquent un boycott stratégique de Chengriha pour contrer les ambitions de Tebboune.
Projet de prolongation constitutionnelle de Tebboune
Mécanisme de l’ajustement proposé : Tebboune invoquerait une argumentation comptable selon laquelle sa première année au pouvoir (décembre 2019-décembre 2020) compterait comme une période de transition sous l’ancienne Constitution de 2016, annulée en 2020. Cela justifierait l’ajout de deux années à son mandat actuel (2024-2029), le prolongeant jusqu’en 2031 sans référendum, via l’article 221 (révision validée par la Cour constitutionnelle si non substantielle).[14]
Chronologie récente :
- 28 décembre 2025 : Tebboune teste le projet sous couvert d’amendements électoraux, mais l’absence de Chengriha signale une fronde militaire
- 4 janvier 2026 : Report du projet « pour approfondissement » lors du Conseil des ministres, face à l’opposition interne et populaire[15]
Cette manœuvre vise à contourner l’article 222 (limites infranchissables aux révisions) et à sécuriser un 3ème mandat déguisé, perçu comme une dérive autoritaire par l’establishment militaire et la société civile.
Crise sociale : vague de grèves (2025-2026)
Grèves majeures récentes :
- Transporteurs (depuis 1er janvier 2026) : Grève nationale des transporteurs privés de voyageurs et marchandises, contre le nouveau code de la route (amendes jusqu’à 12 000 DA, peines de prison). Paralysie dans plusieurs wilayas (Alger, Béjaïa, Tizi Ouzou), avec reprise partielle le 11 janvier[17]
- Médecins résidents (grève illimitée depuis novembre 2024) : Revendications salariales (+300% sur 70 000 DA/mois), primes de garde (2 800 DA/12h). Sit-ins et grèves dans les hôpitaux comme Mustapha-Pacha (Alger), avec répression judiciaire[18]
- Enseignants (mobilisations 2025) : Préavis de grève hebdomadaire contre la loi de 2023 limitant le droit de grève (service minimum 30%), chute du pouvoir d’achat. Le ministère conteste la représentativité syndicale[19]
- Commerçants (menaces janvier 2026) : Appels viraux sur réseaux sociaux à grève générale solidaire des transporteurs, contre la politique gouvernementale. Rumeurs démenties mais tensions persistantes[20]
Contexte socio-économique : Ces grèves s’inscrivent dans un climat de grogne généralisée : inflation galopante, loi de finances 2026 adoptée unilatéralement (augmentations salariales sans concertation), restrictions au droit de grève (décrets octobre 2023). Bien qu’il n’y ait pas d’appel unifié comme en 2019 (Hirak), le risque de contagion économique demeure élevé.
Manipulation du général Haddad comme catalyseur
L’instrumentalisation délibérée des révélations de Haddad par un clan pour affaiblir le clan adverse illustre la sophistication de cette guerre des clans. La cristallisation des tensions internes autour de dossiers de corruption partagée crée un risque d’escalade incontrôlée si d’autres acteurs décident de « parler ». Le placement en résidence surveillée indique la sensibilité extrême du dossier.
Risques de purges et contre-purges
La logique de règlements de comptes entre factions militaires s’intensifie. Les auditions ciblées de conseillers présidentiels constituent un prélude probable à des arrestations. Les ISTN non-officielles créent un climat de suspicion généralisée. La menace de déstabilisation violente plane si un clan se sent acculé sans échappatoire.
III. ANATOMIE DU SCÉNARIO DE TRANSITION
3.1 Phase 1 : Mise à l’écart présidentielle (T0 – T+30 jours)
Le scénario s’ouvrirait par une annonce officielle pour « raisons de santé majeures » concernant le président Tebboune. Les problèmes cardiaques et hospitalisations récurrentes fourniraient le prétexte médical crédible.[21] L’activation immédiate des articles constitutionnels sur la vacance du pouvoir (articles 90-91 de la Constitution de 2020) transférerait les prérogatives présidentielles à la présidente de la Cour Constitutionnelle, Fatiha Benabbou, pour une durée maximale de 60 jours.
Cette période initiale serait cruciale pour négocier entre clans militaires les modalités de la transition. Le rôle de Fatiha Benabbou serait essentiellement symbolique et procédural, servant de façade institutionnelle légale pendant que les véritables négociations se dérouleraient entre Toufik, Chengriha et les généraux influents. L’objectif serait d’éviter tout vide du pouvoir susceptible d’encourager des mobilisations populaires ou des interventions externes.
La communication officielle insisterait sur la continuité institutionnelle, la stabilité et le respect scrupuleux de la Constitution, tout en préparant l’opinion publique à une « nouvelle ère » politique.
3.2 Phase 2 : Présidence collégiale (T+30 – T+180 jours)
À l’issue des 60 jours constitutionnels, la présidente de la Cour Constitutionnelle nommerait, en accord avec l’establishment militaire, une présidence collégiale composée d’une dizaine de personnalités. Cette formule inédite permettrait de partager les responsabilités et d’équilibrer les différentes factions.
Composition envisagée :
- Trois représentants militaires (dont un proche de Chengriha, un du réseau Toufik, un des services)
- Trois technocrates civils (économie, affaires étrangères, justice)
- Deux personnalités issues de la société civile « modérée » pour la légitimation démocratique
- Deux représentants d’institutions constitutionnelles (Parlement, Conseil d’État)
Mandat de la présidence collégiale :
- Gestion des affaires courantes de l’État
- Préparation d’un calendrier électoral crédible
- Supervision du gouvernement technocratique
- Conduite des négociations diplomatiques urgentes (notamment avec les États-Unis et le Maroc)
- Lancement des premiers audits anticorruption ciblés
La légitimation passerait par le consensus de l’establishment plutôt que par l’élection populaire, dans une logique de « démocratie encadrée » typique du système algérien. Les médias d’État présenteraient cette formule comme une « sagesse algérienne » combinant modernité et respect des traditions de consensus.
3.3 Phase 3 : Gouvernement technocratique (T+60 – T+365 jours)
Parallèlement à la présidence collégiale, un gouvernement de technocrates serait nommé, composé d’économistes reconnus, de juristes de haut niveau, et d’experts ayant une expérience internationale (Banque mondiale, FMI, institutions africaines). Les profils privilégiés seraient ceux ayant une crédibilité auprès des partenaires occidentaux tout en étant acceptables pour l’appareil militaro-sécuritaire.
Missions prioritaires :
- Réformes structurelles économiques (Sonatrach, secteur bancaire, investissements)
- Lutte visible contre la corruption (procès médiatisés, récupération d’avoirs)
- Préparation technique du processus constituant (commissions d’experts, consultations)
- Normalisation des relations internationales (diplomatie économique active)
- Restauration des équilibres budgétaires (réduction dépenses militaires, optimisation subventions)
Ce gouvernement opérerait sous la supervision étroite de la présidence collégiale et, en réalité, de l’appareil sécuritaire. Son autonomie serait limitée aux aspects techniques, les décisions stratégiques demeurant aux mains des militaires. Sa durée de vie ne dépasserait pas douze mois, le temps de préparer les conditions d’un retour à une normalité institutionnelle rénovée.
3.4 Phase 4 : Processus constituant (T+180 – T+730 jours)
Le débat national sur une « Deuxième République » constituerait la phase finale et la plus délicate de la transition. Il s’agirait de refonder le pacte politique algérien sur des bases réputées plus démocratiques, transparentes et efficaces, tout en préservant le rôle central de l’institution militaire.
Modalités envisagées :
- Constitution d’une assemblée constituante élue ou désignée (mixant élection et nomination)
- Consultations régionales et sectorielles
- Débats médiatisés mais encadrés
- Rédaction d’un nouveau texte constitutionnel réduisant les pouvoirs présidentiels, renforçant le Parlement et les contre-pouvoirs, garantissant le rôle « arbitral » de l’armée
Recomposition du système politique :
- Libéralisation contrôlée du champ partisan (nouveaux partis autorisés mais surveillés)
- Élections législatives selon nouvelles règles (scrutin proportionnel, seuils)
- Émergence encadrée de nouvelles figures politiques civiles
- Maintien de lignes rouges (intégrité territoriale, rôle de l’armée, langue arabe)
Le processus culminerait par un référendum constitutionnel largement médiatisé, présenté comme un moment refondateur comparable à 1962, et validant la « Deuxième République algérienne ». Des élections présidentielles et législatives suivraient dans les six mois, marquant formellement la fin de la transition.
IV. AXES DE RÉFORME PROGRAMMÉS
4.1 Normalisation diplomatique
Dossier marocain
Ce serait l’axe le plus sensible et le plus stratégique. La reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental et l’acceptation du plan d’autonomie comme cadre unique de règlement constitueraient le prix politique majeur exigé par Washington.[22]
En contrepartie, Alger pourrait négocier :
- Réouverture des frontières terrestres et aériennes
- Relance du gazoduc Maghreb-Europe via territoire marocain
- Accords économiques bilatéraux (zones franches, investissements croisés)
- Coordination sécuritaire sur le terrorisme et les trafics
- Médiation marocaine auprès des États-Unis et de l’UE
La transition permettrait de présenter cette normalisation non comme une défaite mais comme un « pragmatisme stratégique » face aux enjeux régionaux. Le Polisario serait progressivement marginalisé, les camps de Tindouf réorganisés sous supervision internationale, la RASD fantôme définitivement abandonnée.
Règlement des différends avec les voisins
- Tunisie : Maintien de relations fonctionnelles, coopération énergétique renforcée
- Mali et Niger : Redéfinition du partenariat sécuritaire, reconnaissance des nouvelles réalités politiques (juntes), coordination antiterroriste pragmatique
- Mauritanie : Normalisation complète et projets conjoints atlantiques
Réintégration des circuits occidentaux
- Rétablissement de relations normales avec la France (nouvel ambassadeur, coopération économique)
- Dialogue constructif avec l’UE sur migration et énergie (l’Algérie comme fournisseur fiable)
- Partenariat stratégique avec les États-Unis (accès ressources, coopération antiterroriste, investissements)
- Crédibilité restaurée auprès des institutions financières internationales (FMI, Banque mondiale)
4.2 Autonomie interne : dossier MAK (Kabylie)
La question kabyle représente un autre dossier explosif nécessitant un traitement politique innovant. Le Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK), classé organisation terroriste, serait approché via des canaux discrets pour des négociations sur un statut spécial administratif.
Garanties culturelles et linguistiques offertes :
- Reconnaissance officielle renforcée du tamazight (co-officialité effective)
- Autonomie administrative de la région (élections locales libres, budget propre)
- Préservation de l’identité culturelle kabyle (médias, enseignement, festivals)
- Représentation politique garantie au niveau national
En contrepartie : Désarmement complet des groupes séparatistes, renonciation à l’indépendance, réintégration dans le jeu politique légal. Ce modèle d' »autonomie avancée » s’inspirerait paradoxalement du plan marocain pour le Sahara, créant une symétrie stratégique ironique.
L’enjeu serait de transformer un risque de fragmentation territoriale en opportunité de démocratisation régionale, tout en neutralisant définitivement la menace sécessionniste.
4.3 Réformes économiques
Transparence du secteur hydrocarbures
La réforme phare concernerait Sonatrach, géant opaque au cœur du système rentier :
- Audit international complet
- Restructuration managériale
- Introduction de normes de gouvernance internationales
- Partenariats stratégiques avec majors américaines (ExxonMobil, Chevron)
Ouverture aux investissements directs étrangers
- Nouveau code des investissements attractif (garanties, rapatriement des profits)
- Zones économiques spéciales
- Facilitation bureaucratique drastique
- Partenariats public-privé dans infrastructures
Audit des comptes d’État et fin des commissions occultes
- Traçabilité complète des flux financiers publics
- Dissolution des réseaux de corruption révélés par Haddad
- Récupération d’avoirs illicites (comptes Ljubljana, Antalya, Milan)
- Justice transitionnelle ciblée (procès symboliques)
- Nouvelles institutions de contrôle (cour des comptes renforcée, autorité anticorruption indépendante)
4.4 Refonte sécuritaire
Réduction du budget de défense et des effectifs frontaliers
Cette réforme répondrait aux exigences américaines tout en permettant une réallocation des ressources vers l’économie. L’armée algérienne, hypertrophiée et coûteuse, serait progressivement rationalisée :
- Réduction d’effectifs de 20-30% sur cinq ans
- Reconversion des militaires vers économie civile
- Modernisation ciblée plutôt qu’accumulation quantitative
Coopération antiterroriste au Sahel avec Washington
- Partage systématique de renseignements
- Autorisation de survols pour drones américains
- Bases logistiques légères
- Opérations conjointes contre AQMI et État islamique
- Formation de forces spéciales algériennes par instructeurs américains
Retrait des systèmes russes
Le retrait des systèmes russes (S-400, Su-30, armement lourd) sous pression américaine serait compensé par :
- Accès à technologies occidentales (drones, cyberdéfense)
- Diversification des fournisseurs d’armement
- Partenariats industriels de défense avec entreprises européennes et américaines
V. RISQUES ET RÉSISTANCES
5.1 Oppositions internes
Clans militaires perdants
Les clans militaires perdants dans la recomposition du pouvoir pourraient organiser des résistances actives. Les purges probables des réseaux compromis dans les scandales de corruption, les officiers écartés des nouveaux circuits de décision, et les anciens bénéficiaires du système rentier menacés de poursuites judiciaires représentent autant de sources potentielles de déstabilisation. Le risque de tentatives de putsch ou de sabotage interne du processus de transition ne peut être écarté.
Élites rentières
Les élites rentières, comprenant les réseaux de corruption liés à Sonatrach et aux marchés publics, les importateurs et oligarques économiques menacés par la libéralisation, et les intermédiaires financiers des commissions occultes, pourraient mobiliser leurs ressources considérables pour bloquer les réformes. Leur capacité de nuisance inclut la fuite de capitaux, le lobbying international, et la manipulation médiatique.
Polisario et lobbies pro-RASD
Le Polisario et les lobbies pro-RASD, face à l’abandon algérien, pourraient se radicaliser davantage. Les dirigeants du Polisario risquant la perte de leurs privilèges, les militants internationalistes, et les réseaux diplomatiques construits depuis cinquante ans ne se laisseraient pas marginaliser sans réaction. Des actions de déstabilisation dans les camps de Tindouf, des attaques contre intérêts marocains, et une campagne médiatique internationale intense sont envisageables.
5.2 Déstabilisation externe
Réaction russe
La réaction russe à la perte d’un client militaire majeur serait potentiellement virulente. Moscou pourrait activer des leviers de déstabilisation : soutien discret aux factions militaires pro-russes, instrumentalisation de dossiers compromettants sur élites algériennes, pression économique via contrats énergétiques, utilisation de médias et réseaux d’influence (RT, Sputnik).
Instrumentalisation iranienne
L’instrumentalisation iranienne s’inscrirait dans la logique de l’axe de résistance. Téhéran, perdant un allié méditerranéen, pourrait mobiliser ses réseaux locaux (chiites, groupes idéologiquement alignés), intensifier la propagande anti-normalisation, et soutenir financièrement des oppositions radicales.
Activisme turc
L’activisme turc face à des contrats menacés (BTP, infrastructures, défense) prendrait diverses formes : lobbying intense auprès de factions algériennes, offres de soutien économique alternative, médiation régionale pour préserver ses intérêts, activation de réseaux confrériques et culturels.
5.3 Fragmentation territoriale
Sécessionnisme kabyle
Le sécessionnisme kabyle pourrait s’intensifier si les négociations échouent. Un MAK armé rejetant le compromis d’autonomie, une proclamation unilatérale d’indépendance, des affrontements avec forces de sécurité, et un appel à la reconnaissance internationale créeraient une crise majeure. Le précédent kosovar ou érythréen hanterait les stratèges algériens.
Tensions au Sahara algérien
Les tensions au Sahara algérien, particulièrement autour de Tindouf, découleraient du démantèlement des camps de réfugiés sahraouis. Des populations déplacées frustrées, des trafiquants perdant leurs sanctuaires, et des groupes armés transnationaux profitant du chaos déstabiliseraient cette région stratégique.
Instabilité du sud algérien
L’instabilité du sud algérien, vaste territoire sous-administré, s’aggraverait avec les trafics (drogues, armes, migrants, carburant), les groupes armés jihadistes (AQMI, État islamique), les revendications touarègues, et la porosité des frontières libyennes et maliennes. Le risque d’une « somalisation » du sud ne peut être écarté.
5.4 Effondrement socio-économique
Chute des revenus hydrocarbures
La chute des revenus hydrocarbures, due à la volatilité des marchés, la concurrence du gaz américain et qatari, et l’obsolescence des infrastructures gazières et pétrolières, priverait l’État de sa principale source de financement. Sans réformes rapides, le budget algérien deviendrait insoutenable.
Chômage massif des jeunes
Le chômage massif des jeunes (déjà estimé à plus de 30%) exploserait avec la réduction des emplois publics, l’incapacité du secteur privé à absorber les demandeurs, et la faillite d’entreprises publiques non compétitives. Une génération désœuvrée et sans perspectives constituerait un terreau pour radicalisation et violence.
Pression migratoire vers l’Europe
La pression migratoire vers l’Europe s’intensifierait dramatiquement. Des dizaines de milliers d’Algériens, notamment jeunes qualifiés (harraga), fuiraient vers l’Espagne, la France et l’Italie. Cette hémorragie démographique aggraverait la crise en privant le pays de ses forces vives, tout en créant des tensions avec l’UE qui exigerait des mesures de contrôle draconiennes.
VI. SCÉNARIOS PROSPECTIFS 2026-2030
Scénario 1 : Transition maîtrisée
Dans cette trajectoire, un consensus des clans militaires se cristallise autour d’un calendrier clair et d’une répartition équitable des pouvoirs. Toufik et Chengriha parviennent à un accord historique préservant les intérêts essentiels de chaque faction. Les purges restent ciblées et évitent l’escalade vengeresse.
Le soutien américain conditionnel serait maintenu, Washington acceptant de moduler ses exigences contre des gages concrets (normalisation avec Maroc, accès ressources, coopération antiterroriste). L’UE accompagnerait le processus via aide financière et assistance technique. Les institutions internationales (FMI, Banque mondiale) apporteraient leur caution.
La normalisation avec le Maroc s’effectuerait avant mi-2026, permettant les bénéfices économiques (frontières ouvertes, gazoduc, investissements) de compenser les coûts politiques. Une dynamique régionale positive se créerait, relançant l’Union du Maghreb Arabe.
La Deuxième République serait instaurée courant 2028, avec une nouvelle constitution équilibrant pouvoirs civils et militaires, des élections jugées relativement crédibles, et l’émergence de nouvelles élites politiques modérées. L’Algérie retrouverait progressivement une stature régionale et une trajectoire de développement.
Scénario 2 : Transition chaotique
Dans cette trajectoire médiane, les luttes factionnelles se prolongent au-delà des délais prévus. Toufik et Chengriha s’opposent sur des questions clés (répartition du pouvoir, ampleur des purges, rythme des réformes). Des compromis fragiles sont régulièrement remis en cause.
Le gouvernement technocratique se trouve paralysé entre injonctions contradictoires des factions militaires, résistances bureaucratiques, et manque de moyens réels. Les réformes économiques patinent, les audits anticorruption ciblent sélectivement les adversaires politiques sans s’attaquer aux structures systémiques.
Une crise économique aiguë se développe avec un possible défaut de paiement sur la dette extérieure. Les réserves de change fondent rapidement, la monnaie s’effondre, l’inflation explose. Les subventions alimentaires et énergétiques deviennent insoutenables. Des émeutes urbaines éclatent sporadiquement.
L’instabilité sahélienne devient contagieuse, les groupes jihadistes profitent du désordre algérien pour intensifier leurs activités. Des attentats touchent le territoire algérien. La frontière sud devient incontrôlable. La Libye exporte son chaos vers l’est algérien.
Cette phase chaotique pourrait durer de deux à quatre ans avant qu’un nouvel équilibre précaire n’émerge ou qu’une dégradation vers le scénario catastrophe ne s’amorce.
Scénario 3 : Effondrement systémique
Dans cette trajectoire catastrophe, une guerre ouverte éclate entre clans militaires suite à des purges sanglantes. Des arrestations massives déclenchent des représailles violentes. Des affrontements armés se produisent entre unités militaires rivales. Des assassinats politiques se multiplient. Le pays plonge dans une spirale de violence interne.
La fragmentation territoriale s’accélère avec une proclamation unilatérale d’indépendance de la Kabylie, une sécession de facto du sud saharien, un éclatement territorial rappelant la Libye ou la Somalie. L’État central perd progressivement le contrôle de vastes régions.
Une intervention étrangère multipartite se dessine alors. Les États-Unis, la France et le Maroc coordonnent une action pour « stabiliser » l’Algérie, prévenir une catastrophe humanitaire, sécuriser les installations énergétiques, et empêcher l’expansion jihadiste. Une opération militaire internationale sous mandat ONU ou sans mandat est envisagée.
La libanisation politique s’installe durablement : partage confessionnel ou tribal du pouvoir, milices armées incontrôlées, corruption généralisée, services publics effondrés, élites prédatrices, population appauvrie et traumatisée. L’Algérie rejoint le club des États faillis, perdant sa souveraineté effective pour des décennies.
VII. IMPLICATIONS RÉGIONALES ET INTERNATIONALES
7.1 Maghreb
La recomposition de l’axe Rabat-Alger-Tunis marquerait un tournant historique après des décennies de rivalités stériles. La normalisation algéro-marocaine créerait un effet d’entraînement sur l’ensemble du Maghreb. La Tunisie, sortant de son isolement économique, bénéficierait de la connectivité retrouvée. La Mauritanie s’intégrerait plus étroitement aux circuits maghrébins. La Libye pourrait trouver dans cette dynamique régionale apaisée un cadre favorable à sa propre stabilisation.
La fin de l’isolement algérien libérerait des énergies et des ressources considérables. Les budgets militaires pléthoriques dédiés à la confrontation avec le Maroc pourraient être réorientés vers le développement. Les élites économiques des deux pays exploreraient des complémentarités (industrie marocaine, hydrocarbures algériens, main-d’œuvre, marchés).
La relance de l’Union du Maghreb Arabe, moribonde depuis sa création en 1989, deviendrait enfin envisageable. La connectivité économique (routes, chemins de fer, gazoducs, électricité, numérique) se développerait rapidement une fois les obstacles politiques levés. Un marché maghrébin intégré de 100 millions d’habitants attirerait massivement les investisseurs internationaux.
7.2 Sahel
La coopération antiterroriste serait renforcée par la normalisation des relations algériennes avec ses partenaires occidentaux. Une Algérie stabilisée et ouverte pourrait jouer un rôle constructif dans la stabilisation malienne et nigérienne, en coordination avec la France et les États-Unis plutôt qu’en opposition.
Cependant, la stabilisation du Mali et du Niger passerait désormais via une Alger affaiblie et moins influente. Le Maroc, les pays du Golfe, et même la Turquie prendraient davantage d’importance. L’équilibre sahélien se redessinerait avec une multipolarité accrue.
La compétition d’influence entre France, États-Unis et Russie se poursuivrait mais dans un contexte moins polarisé. Une Algérie pragmatique pourrait servir de pont plutôt que de terrain d’affrontement, facilitant des approches coordonnées contre le jihadisme.
7.3 Afrique Atlantique
L’intégration aux corridors énergétiques atlantiques constituerait un axe majeur de repositionnement algérien. Le projet de gazoduc trans-saharien Nigéria-Algérie, longtemps enlisé, pourrait connaître une accélération avec l’implication d’investisseurs américains et européens. L’Algérie se positionnerait comme hub énergétique connectant l’Afrique subsaharienne à l’Europe.
Les partenariats portuaires avec Cotonou (Bénin), Dakar (Sénégal), voire Abidjan (Côte d’Ivoire), permettraient de diversifier les routes commerciales algériennes vers l’Atlantique, réduisant la dépendance méditerranéenne. Des zones économiques spéciales côtières pourraient être développées.
Le repositionnement géostratégique de l’Algérie la ferait basculer d’une orientation exclusivement méditerranéenne et sahélienne vers une posture atlantique élargie, en synergie avec le positionnement marocain déjà bien établi dans cette zone.
7.4 Acteurs globaux
États-Unis
Pour Washington, l’enjeu principal serait la sécurisation de la Méditerranée face aux influences russe et chinoise. Une Algérie alignée ou au moins neutre bienveillante renforcerait considérablement la position américaine en Afrique du Nord. L’accès aux ressources algériennes (gaz, lithium, phosphates) via partenariats préférentiels servirait les intérêts énergétiques et technologiques américains (batteries, technologies vertes). La coopération antiterroriste permettrait de démanteler les réseaux jihadistes sahélo-maghrébins.
Chine
La Chine chercherait à préserver ses contrats dans les infrastructures (routes, ports, télécoms) et son accès aux ressources. Pékin adopterait une posture pragmatique, s’adaptant à la nouvelle orientation algérienne sans confrontation directe avec Washington. Les investissements chinois continueraient via la Belt and Road Initiative, mais avec moins de latitude politique qu’auparavant.
Russie
Pour la Russie, la limitation des dégâts suite à la perte d’un allié stratégique serait prioritaire. Moscou tenterait de préserver des niches d’influence (nucléaire civil, certains contrats d’armement, relations culturelles et académiques) tout en acceptant une perte d’influence globale. Le pivot algérien vers l’Ouest constituerait un revers géopolitique majeur pour Poutine après les échecs syriens et les difficultés au Sahel.
VIII. INDICATEURS DE SUIVI IGH
Signaux court terme (0-3 mois)
- Annonces concernant la santé de Tebboune : Hospitalisation prolongée, bulletins médicaux alarmistes, absences répétées aux événements officiels, délégation inhabituelle de prérogatives présidentielles
- Nominations à la Cour Constitutionnelle : Changements dans la composition de l’institution, renforcement du profil et des prérogatives de la présidente Fatiha Benabbou, préparation juridique d’une procédure de vacance du pouvoir
- Auditions et arrestations de l’entourage présidentiel : Extension des mesures ISTN, convocations de nouveaux conseillers, perquisitions dans les résidences officielles, fuites médiatiques sur des dossiers de corruption
- Mouvements militaires aux frontières : Redéploiements d’unités d’élite vers Alger, retrait partiel de troupes des frontières marocaine et tunisienne, manœuvres inhabituelles
Signaux moyen terme (3-12 mois)
- Composition du gouvernement technocratique : Annonce de la liste des ministres avec leurs profils (formation, parcours, affiliations), présence ou non d’experts internationalement reconnus
- Premières réformes économiques concrètes : Décrets sur Sonatrach (restructuration, audits, partenariats), nouveau code des investissements publié au Journal Officiel
- Ouverture de négociations avec le Maroc et le MAK : Rencontres discrètes confirmées par fuites médiatiques, désignation d’émissaires officiels
- Ajustements budgétaires de la défense : Réduction annoncée du budget militaire dans la loi de finances, plans de départs volontaires ou de réformes dans l’armée
Signaux long terme (12-36 mois)
- Processus constituant : Annonce de la convocation d’une assemblée constituante, publication de l’avant-projet de constitution
- Élections législatives et présidentielles : Fixation du calendrier électoral, libéralisation du champ partisan (nouveaux partis autorisés)
- Accords bilatéraux signés : Traité de normalisation algéro-marocain ratifié, accords économiques avec États-Unis et UE
- Indicateurs macro-économiques : Taux de croissance du PIB, niveau de la dette publique et externe, montant des réserves de change
IX. ANNEXES TECHNIQUES
Annexe A : Chronologie détaillée de la crise (juillet 2025 – janvier 2026)
- 16 juillet 2025 : Voyage éclair de Boualem Boualem à Paris (aller-retour dans la même journée), nature et objectif de la mission non élucidés
- 17 juillet 2025 : Audition de trois conseillers présidentiels par les services de sécurité, premières rumeurs sur des investigations anticorruption
- 18-20 juillet 2025 : Placement sous ISTN non-officielle de Kamal Sidi Said, Amirouche Hamadache et Boualem Boualem, information confirmée par sources IGH
- Août-septembre 2025 : Résidence surveillée du général Nacer El-Djen (Abdelkader Haddad), révélations progressives sur comptes offshore et commissions occultes
- Octobre 2025 : Intensification des pressions américaines via émissaires Witkoff et Boulos, présentation des onze conditions pour médiation sur le Sahara
- Novembre 2025 : Rejet algérien des conditions américaines, début de coordination tripartite USA-Maroc-Israël, isolation diplomatique accrue d’Alger
- 27 décembre 2025 : Réunion tendue entre Tebboune et les généraux sur l’amendement constitutionnel
- 28 décembre 2025 : Boycott du Conseil des ministres par le général Chengriha, report du projet d’amendement constitutionnel
- 30 décembre 2025 : Absence de Chengriha au discours présidentiel devant le Parlement au Club des Pins
- 4 janvier 2026 : Report du projet de « révision technique » de la Constitution « pour approfondissement »
- 8 janvier 2026 : Haut Conseil de sécurité présidé par Tebboune, absence notable de Chengriha dans les communiqués
- 11 janvier 2026 : Reprise partielle de la grève des transporteurs après négociations
Annexe B : Biographies des acteurs clés
Général Mohammed Mediene « Toufik »
Né en 1939 (85 ans). Chef du DRS de 1990 à 2015, homme le plus puissant d’Algérie durant un quart de siècle. Démis par Bouteflika mais réseaux intacts. Architecte présumé de la transition pour éviter intervention américaine. Opère depuis les coulisses.
Général Saïd Chengriha
Né en 1945 (79 ans). Chef d’État-Major depuis 2019, gardien de l’orthodoxie militaire. Profil technocrate militaire formé en URSS. Relations ambivalentes avec Toufik (respect mais rivalité). Arbitre potentiel de la transition. Tensions ouvertes avec Tebboune depuis décembre 2025.
Boualem Boualem
Né vers 1960. Directeur du cabinet présidentiel depuis janvier 2024. Ancien magistrat à la Cour suprême. Éminence grise de Tebboune, centralise flux d’informations et décisions sensibles. Actuellement sous ISTN. Profil technocratique mais impliqué dans réseaux opaques.
Abdelmadjid Tebboune
Né en 1945 (79 ans). Président depuis 2019, ancien Premier ministre de Bouteflika. Considéré comme créature de l’armée. Santé fragile (problèmes cardiaques). Affaibli par scandales de corruption de son entourage. Tentative de prolongation constitutionnelle en décembre 2025. Potentielle variable d’ajustement de la transition.
Général Abdelkader Haddad « Nacer El-Djen »
Officier supérieur en résidence surveillée. Auteur des révélations explosives sur corruption. Manipulé par faction rivale pour déstabiliser clan adverse. Détenteur d’informations compromettantes sur l’ensemble de l’élite.
Annexe C : Cartographie des réseaux de corruption
Comptes de Ljubljana (Slovénie)
Utilisés pour commissions sur contrats avec entreprises européennes (notamment BTP et armement allemand/autrichien). Montants estimés entre 500 millions et 2 milliards USD. Bénéficiaires identifiés incluant conseillers présidentiels et généraux. Banques impliquées sous investigation.
Comptes d’Antalya (Turquie)
Liés aux partenariats avec sociétés turques (construction, infrastructures, défense). Montants estimés entre 300 millions et 1 milliard USD. Utilisation de sociétés-écrans basées à Istanbul et Ankara. Implication de l’entourage présidentiel confirmée.
Comptes de Milan (Italie)
Connexions avec multinationales énergétiques et industrielles. Montants estimés entre 700 millions et 1,5 milliard USD. Circuits sophistiqués via holdings suisses et luxembourgeoises. Plusieurs généraux de haut rang impliqués.
Mécanismes opératoires
Commissions de 3% à 15% sur contrats publics majeurs. Versements fractionnés via paradis fiscaux. Blanchiment via investissements immobiliers (Dubai, Espagne, France). Implication de banques internationales sous régulation faible.
Annexe D : Textes juridiques pertinents
Constitution algérienne de 2020, Article 90
« En cas de vacance de la présidence de la République pour cause de décès, de démission ou pour tout autre motif, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit et constate la vacance définitive. Le président de la Chambre haute du Parlement exerce la fonction de Chef de l’État pour une durée maximale de soixante (60) jours. »
Article 91
« Durant cette période, l’élection du nouveau Président de la République est organisée conformément aux dispositions de la présente Constitution. »
Article 221 (révisions constitutionnelles)
Permet des révisions « techniques » ou « non substantielles » validées par la Cour constitutionnelle sans référendum. Mécanisme invoqué par Tebboune pour son projet de prolongation de mandat.
Article 222 (limites aux révisions)
Définit les dispositions constitutionnelles qui ne peuvent être révisées : forme républicaine de l’État, ordre démocratique, islam religion d’État, arabe langue nationale et officielle, libertés fondamentales. La limitation des mandats présidentiels à deux fait débat sur son inclusion.
Annexe E : Données économiques critiques
Budget 2026
- Déficit prévu à 18% du PIB
- Dépenses publiques à 57% du PIB (insoutenable)
- Budget de défense à 11% du PIB (parmi les plus élevés au monde)
- Subventions alimentaires et énergétiques à 9% du PIB
Dette publique
- Dette interne à 65% du PIB
- Dette externe à 28% du PIB (relativement modérée)
- Service de la dette absorbant 22% des recettes d’exportation
- Notation dégradée par agences (Moody’s : B2, S&P : B+)
Réserves de change
- Effondrement de 194 milliards USD (2014) à environ 58 milliards USD (fin 2025)
- Rythme de diminution de 12-15 milliards USD annuels
- Couverture des importations réduite à 14 mois (seuil d’alerte à 12 mois)
Secteur hydrocarbures
- 95% des recettes d’exportation
- 60% des recettes budgétaires
- Production stagnante voire déclinante (champs vieillissants)
- Sous-investissement chronique
- Concurrence accrue (gaz américain, qatari, azerbaïdjanais)
Indicateurs sociaux
- Taux de chômage officiel 13%, réel estimé à 25-30%
- Chômage des jeunes 30-35%
- 12 millions d’Algériens sous le seuil de pauvreté
- Inflation officielle 9%, réelle estimée à 15-20%
Annexe F : Références bibliographiques
Publications IGH
- Institut Géopolitique Horizons, « Note d’Orientation Stratégique : Algérie, pistes de sortie de crise » (2025)
- Institut Géopolitique Horizons, « Les leviers d’influence américains sur l’Algérie » (2025)
- Institut Géopolitique Horizons, « Le glas sonne-t-il pour l’Algérie ? Déclin géopolitique, effondrement systémique et fragmentation territoriale » (2025)
- Institut Géopolitique Horizons, « Algérie : anatomie d’une guerre des clans » (2025)
- Institut Géopolitique Horizons, « Médiation US entre le Maroc et l’Algérie : entre coordination tripartite et isolement algérien » (2025)
Think tanks internationaux
- International Crisis Group, « Algeria: The Challenge of Transition » (2024)
- Carnegie Endowment, « Algeria’s Political Economy: Rentierism and Reform » (2025)
- Chatham House, « Algeria’s Security Dilemmas in the Sahel » (2025)
- Policy Center for the New South, « L’Algérie au Conseil de sécurité : à la recherche d’une gloire perdue » (2024)
Revues académiques
- Middle East Report, « Algeria’s Military Factions » (2025)
- Maghreb Studies Review, « Succession Crisis in Algeria » (2025)
- Mediterranean Politics, « Algeria’s International Isolation » (2025)
Presse internationale
- Jeune Afrique, « Algérie : que sait-on des tensions actuelles entre le président Tebboune et le général Chengriha? » (2025)
- Le360, « Désaccords au sommet du pouvoir algérien : qui de Chengriha ou Tebboune va écarter l’autre? » (2025)
- Le Monde Afrique, « En Algérie, les médecins et les enseignants sur le pied de grève » (2025)
- Reuters, Al Jazeera, The Economist : couvertures régulières 2024-2026
Notes de bas de page
Ce document analytique reflète l’état des connaissances et des analyses de l’IGH au moment de sa rédaction. Les scénarios prospectifs présentés constituent des hypothèses de travail basées sur les informations disponibles et ne prétendent pas à la prédiction certaine. L’IGH décline toute responsabilité quant aux décisions prises sur la base de cette analyse.









