Institut Géopolitique Horizons Mai 2025
Résumé exécutif
Depuis l’arrivée d’Abdelmadjid Tebboune à la présidence en décembre 2019, l’Algérie a connu une dégradation spectaculaire de sa position internationale. En cinq ans, le pays est passé d’une puissance régionale influente à un État quasi-isolé, confronté à des relations dégradées avec la quasi-totalité de ses voisins. Cette analyse examine les mécanismes de cet isolement progressif, ses causes structurelles et ses implications stratégiques pour la stabilité régionale au Maghreb et au Sahel.
Introduction : Le paradoxe algérien
L’élection d’Abdelmadjid Tebboune en décembre 2019, dans le contexte de la contestation populaire du Hirak, devait marquer un renouveau pour l’Algérie. Pourtant, cinq ans plus tard, le bilan géopolitique s’avère désastreux : rupture diplomatique totale avec le Maroc, tensions majeures avec la France et l’Espagne, brouilles avec les Émirats arabes unis et le Niger, relations dégradées avec les pays sahéliens, et même un éloignement progressif de la Russie, partenaire historique.
Tebboune n’est cependant que la face visible d’un système politico-militaire profondément dysfonctionnel. Derrière les apparences d’un pouvoir présidentiel, se cache un régime fragmenté par des luttes de clans permanentes où s’affrontent le clan présidentiel, les héritiers de l’ère Bouteflika, les réseaux du général Toufik (Mohamed Mediène) et diverses factions militaires. Ces rivalités internes, illustrées par l’emprisonnement spectaculaire de 155 officiers supérieurs à la prison militaire de Blida, paralysent la prise de décision et expliquent en grande partie l’incohérence de la politique étrangère algérienne.
Cette transformation radicale de la position internationale algérienne ne peut donc s’analyser sans comprendre les fractures internes d’un système où la diplomatie devient l’otage des équilibres de pouvoir entre clans rivaux.
I. Les fondements de la crise diplomatique algérienne : Un système en guerre contre lui-même
Le déficit de légitimité et la guerre des clans
L’arrivée de Tebboune au pouvoir s’effectue dans un contexte de forte contestation, avec un taux de participation historiquement bas (39,9%). Mais au-delà de ce déficit de légitimité démocratique, c’est surtout la guerre des clans au sein du système politico-militaire qui paralyse l’action gouvernementale.
Le pouvoir algérien est structurellement fragmenté entre plusieurs clans rivaux :
- Le clan Tebboune d’une part et le clan Chengriha d’autre part (chacun ayant ses propres réseaux, avec une prédominance pour le chef d’état-major)
- Le clan des généraux « Toufik » (autour de l’ex-patron du DRS Mohamed Mediène, figure de « revenant » emprisonné puis acquitté, mais dont les généraux associés ne forment pas un ensemble homogène)
- Les vestiges du clan Bouteflika et ses relais économiques
- Diverses factions militaires et sécuritaires en concurrence
Un élément particulièrement révélateur de cette décomposition institutionnelle réside dans l’ampleur des fuites d’informations confidentielles et très confidentielles dont souffre l’establishment algérien. Ces fuites profitent non seulement aux activistes de l’opposition établis à l’étranger (Anwar Malek, Hicham Aboud, etc.), mais permettent également à des instituts d’analyse comme le nôtre d’accéder directement à des sources algériennes de très haut niveau. Cette hémorragie informationnelle, impensable dans un système cohérent, illustre parfaitement l’état de guerre interne permanent qui caractérise le régime algérien.
Cette fragmentation se traduit par des purges spectaculaires : 155 officiers supérieurs sont actuellement emprisonnés à la prison militaire de Blida (60 généraux, 10 généraux-majors et 85 colonels), un record inédit dans l’histoire du pays. Parmi les figures les plus emblématiques :
- Général-major Abdelhamid Ghriss (ex-secrétaire général du ministère de la Défense)
- Général-major Rachid Chouaki (ancien directeur des industries militaires, décédé en prison en 2023)
- Général Wassini Bouazza (ancien chef de la DGSI, dégradé et emprisonné)
- Général-major Hadj Laaroussi Djamel (commandant de la 2ème Région militaire, décédé en détention en 2023)
- Trois officiers du renseignement (dont Noureddine Makri et Sid Ali Ould Zmirli) condamnés à dix ans de prison pour « complot contre les institutions »
L’instabilité institutionnelle atteint des niveaux surréalistes avec des cas de « yo-yo hiérarchique » : des officiers emprisonnés puis réhabilités et remis en fonction. Le cas le plus spectaculaire est celui du général Abdelkader Aït Ouarabi dit « Hassan », condamné à 5 ans de prison en 2019, totalement réhabilité en 2021, puis nommé en mai 2025 à la tête de la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI), remplaçant le général Abdelkader Haddad (« Nacer El-Djen ») lui-même tombé en disgrâce. Cette valse des dirigeants illustre un système où les rapports de force internes priment sur toute logique institutionnelle.
La paralysie du « cerveau stratégique » et l’anarchie institutionnelle
Cette guerre des clans explique pourquoi, selon des sources des services de renseignement européens, le « cerveau stratégique » de l’État algérien est « totalement paralysé ». L’instabilité institutionnelle atteint des niveaux pathologiques : des généraux sont emprisonnés en cours de service, d’autres meurent en détention (comme les généraux-majors Rachid Chouaki et Hadj Laaroussi Djamel en 2023), et certains effectuent des retours spectaculaires après leur incarcération.
Cette anarchie institutionnelle transforme les services de sécurité et de renseignement en terrain de jeu pour les règlements de compte entre factions. La nomination d’un ancien détenu à la tête de la DGSI en mai 2025 illustre parfaitement cette décomposition institutionnelle où les critères de compétence et de loyauté institutionnelle sont subordonnés aux équilibres momentanés entre clans.
Les décisions de politique étrangère deviennent ainsi l’otage de ces équilibres de pouvoir internes volatils, avec des changements fréquents à la tête de la diplomatie reflétant cette instabilité chronique. Dans ce contexte, aucune cohérence stratégique à moyen terme n’est possible.
L’obsession compensatoire du Sahara occidental
Dans ce contexte de fragilité interne, la focalisation excessive sur le dossier du Sahara occidental et le soutien inconditionnel au Polisario servent de ciment au régime. Cette obsession devient l’un des rares points de consensus entre les clans rivaux, mais aussi un piège stratégique qui limite la marge de manœuvre diplomatique du pays.
II. Chronologie d’un isolement programmé (2019-2025)
2019-2021 : Les prémices de la rupture
Dès son arrivée, Tebboune durcit le ton avec le Maroc, accusant Rabat de soutenir le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK). La découverte de l’utilisation du logiciel espion Pegasus par le Maroc contre des responsables algériens aggrave les tensions, culminant avec la rupture unilatérale des relations diplomatiques en août 2021.
2022-2023 : L’extension des crises
La crise s’étend rapidement à d’autres partenaires. En mars 2022, l’Algérie rappelle son ambassadeur d’Espagne en réaction au soutien de Madrid au plan d’autonomie marocain pour le Sahara. Parallèlement, les tensions avec la France s’intensifient, alimentées par des différends sur l’histoire coloniale et la reconnaissance française de la « marocanité » du Sahara.
2024-2025 : L’isolement généralisé
L’année 2024 marque l’extension de l’isolement algérien. La brouille avec les Émirats arabes unis atteint son paroxysme avec des accusations publiques de déstabilisation. La crise avec le Niger éclate autour du traitement des migrants. En 2025, même la relation privilégiée avec la Russie se dégrade, Moscou privilégiant ses nouveaux partenaires sahéliens au détriment d’Alger.
III. L’encerclement géographique : Analyse des relations bilatérales
Le Maghreb hostile
Maroc : Rupture totale depuis 2021. Fermeture de l’espace aérien, arrêt du gazoduc Maghreb-Europe, accusations mutuelles d’espionnage et de déstabilisation.
Tunisie : Relations maintenues mais limitées par l’instabilité politique tunisienne et l’incapacité algérienne à jouer un rôle stabilisateur.
Libye : Influence algérienne marginalisée face à la présence turque, russe et émiratie. Alger peine à peser sur la résolution du conflit libyen.
Le Sahel perdu : La stratégie de containment émiratie
Mali : Relations tendues depuis les coups d’État militaires. La présence de mercenaires russes Wagner concurrence directement l’influence algérienne traditionnelle, tandis que les Émirats arabes unis tissent méthodiquement leur toile d’influence.
Niger : Crise diplomatique ouverte en 2024 autour du traitement des migrants, avec convocation des ambassadeurs et plainte officielle de Niamey. Plus grave encore, le Niger s’intègre désormais dans la stratégie de containment émiratie visant l’Algérie, illustrée par la visite de Saddam Haftar à Niamey en mai 2025 et sa décoration officielle par le régime militaire.
Burkina Faso : Membre de l’Alliance des États du Sahel (AES), le pays participe à la recomposition géopolitique anti-algérienne orchestrée par les Émirats arabes unis.
Mauritanie : La Mauritanie prend ses distances avec le Polisario et renforce sa coopération avec le Maroc, réduisant l’espace d’influence algérien et participant à l’Initiative royale atlantique qui vise à contourner les corridors commerciaux algériens.
Cette transformation du Sahel illustre une stratégie de containment systématique de l’Algérie orchestrée par les Émirats arabes unis. La tournée diplomatique de Sheikh Shakhboot Bin Nahyan Al Nahyan dans les trois capitales de l’AES en mai 2025, suivie immédiatement de la mission stratégique de Saddam Haftar au Niger, révèle la mise en place d’un axe Abou Dhabi-AES-Benghazi visant explicitement l’encerclement géopolitique d’Alger.
L’offensive émiratie au Sahel se déploie sur plusieurs axes :
- Diplomatie économique massive : près de 97 milliards de dollars d’investissements promis en Afrique
- Coopération sécuritaire : accords de défense et livraisons d’armes aux juntes militaires
- Guerre énergétique : financement émirati du gazoduc Africa Atlantic Gas Pipeline (AAGP) Nigeria-Maroc, torpillant définitivement le projet concurrent algérien de gazoduc transsaharien
- Alliance avec l’ANL libyenne : contrôle potentiel de la base stratégique de Madama à la frontière libyo-nigérienne
Cette architecture géopolitique transforme l’AES en maillon sahélien d’un axe stratégique Atlantique-Golfe qui marginalise définitivement les ambitions algériennes de leadership régional, créant un véritable cordon sanitaire autour d’Alger.
Les partenaires occidentaux en crise
France : Relations au plus bas depuis l’indépendance. Expulsions croisées de diplomates en avril 2025, tensions sur l’histoire coloniale et le Sahara occidental.
Espagne : Crise diplomatique prolongée depuis 2022, partiellement apaisée fin 2023 mais sans véritable réconciliation.
IV. Les facteurs structurels de l’isolement
Rigidité doctrinale et incapacité d’adaptation
La diplomatie algérienne sous Tebboune se caractérise par une rigidité doctrinale qui l’empêche de s’adapter aux évolutions géopolitiques. Le maintien de positions maximalistes sur le Sahara occidental, malgré l’évolution du rapport de forces international, illustre cette incapacité d’adaptation.
Fragilités économiques et dépendance énergétique
L’économie algérienne reste massivement dépendante des hydrocarbures (plus de 95% des exportations), limitant ses capacités d’influence économique. Cette faiblesse structurelle réduit l’attractivité du pays comme partenaire et limite ses marges de manœuvre diplomatiques.
Défaillances institutionnelles et répression généralisée
Au-delà des luttes de clans militaires, l’ensemble du système institutionnel algérien présente des signes de décomposition. Les rotations fréquentes à la tête du ministère des Affaires étrangères ne sont que la partie visible d’une instabilité généralisée où 18 ministres et plus d’une trentaine de généraux et officiers supérieurs sont actuellement en prison.
Cette instabilité institutionnelle se double d’une répression accrue des libertés publiques, créant un climat de peur et de méfiance généralisée où toute voix discordante est perçue comme une menace existentielle. Les familles des officiers détenus dénoncent des conditions de détention déplorables et un harcèlement judiciaire constant, illustrant un régime en guerre totale contre ses propres institutions.
Cette paranoia collective du régime, alimentée par la peur de nouveaux complots internes, se reflète directement dans sa diplomatie internationale, transformant chaque désaccord avec l’étranger en question de survie du système.
La spirale de la méfiance
L’accumulation des crises diplomatiques crée une spirale de méfiance qui isole progressivement l’Algérie. Chaque nouveau différend renforce la perception internationale d’un pays imprévisible et peu fiable, dirigé par un système politico-militaire en guerre permanente contre lui-même. Cette image complique la résolution des crises existantes et la prévention de nouvelles tensions.
V. Conséquences stratégiques et implications régionales
Marginalisation dans les dossiers régionaux et offensive de containment
L’isolement algérien se traduit par une marginalisation croissante dans les grands dossiers régionaux, amplifiée par une stratégie de containment méthodique orchestrée depuis l’extérieur. Sur la Libye, le Mali ou même la Tunisie, l’Algérie n’est plus considérée comme un acteur incontournable, mais cette perte d’influence résulte aussi d’une offensive géopolitique coordonnée.
L’offensive émiratie illustre parfaitement cette dynamique : les Émirats arabes unis exploitent le vide géopolitique laissé par le retrait occidental au Sahel pour construire un cordon sanitaire autour d’Alger. L’axe Abou Dhabi-AES-Benghazi, matérialisé par la séquence diplomatique de mai 2025 (visite de Sheikh Shakhboot suivie de la mission Haftar), vise explicitement l’encerclement de l’influence algérienne traditionnelle au Sahel.
Cette stratégie de containment se déploie sur plusieurs fronts :
- Guerre énergétique : le financement émirati du gazoduc AAGP (Nigeria-Maroc via l’Atlantique) neutralise définitivement le projet algérien concurrent de gazoduc transsaharien
- Réorientation commerciale : l’Initiative royale marocaine, soutenue par les Émirats, offre aux pays de l’AES un accès atlantique qui contourne les corridors algériens
- Alliance sécuritaire : la coopération militaire émiratie avec l’AES et l’ANL libyenne crée une présence permanente aux frontières algériennes
- Isolement diplomatique : l’intégration de l’AES dans l’orbite émiratio-marocaine prive l’Algérie de ses alliés sahéliens traditionnels
Cette recomposition géopolitique dépasse la simple rivalité bilatérale : elle illustre l’émergence d’un nouvel ordre sahélien où l’influence traditionnelle algérienne se trouve systématiquement contestée par une alliance sophistiquée qui transforme le Sahel en plateforme anti-algérienne.
Vulnérabilité sécuritaire et encerclement stratégique
L’isolement diplomatique accroît dramatiquement la vulnérabilité sécuritaire de l’Algérie, particulièrement face à l’émergence d’une architecture de containment sophistiquée. La dégradation des relations avec les voisins complique la coopération antiterroriste et la gestion des flux migratoires, mais surtout, l’Algérie fait désormais face à un véritable encerclement stratégique.
Cet encerclement se matérialise par :
- Au Nord : tensions avec l’Espagne et rupture avec la France
- À l’Ouest : rupture totale avec le Maroc et Initiative royale atlantique qui détourne les flux sahéliens
- Au Sud : contrôle émirati de l’AES et alliance avec l’ANL libyenne qui menace de s’emparer de la base stratégique de Madama
- À l’Est : influence marginalisée en Libye face à la coalition turco-émiratie
Cette configuration géographique créé des zones grises propices aux trafics et à l’instabilité, mais aussi des bases avancées pour d’éventuelles opérations de déstabilisation. Le contrôle potentiel de Madama par les forces de Haftar, allié des Émirats, placerait une base militaire hostile à seulement quelques centaines de kilomètres des frontières algériennes, transformant la vulnérabilité théorique en menace sécuritaire concrète.
Impact sur la stabilité régionale et recomposition géopolitique
L’isolement algérien contribue à la fragmentation du Maghreb et complique la résolution des crises régionales, mais il participe aussi d’une recomposition géopolitique plus large de l’espace ouest-africain. L’absence d’un acteur algérien constructif prive la région d’un médiateur traditionnel, mais cette marginalisation s’inscrit désormais dans une nouvelle géographie des influences.
La nouvelle architecture géopolitique émergente – axe Abou Dhabi-AES-Rabat renforcé par l’alliance avec les forces de Haftar – redessine durablement la carte des influences régionales et des flux économiques ouest-africains. Cette recomposition transforme :
- Le Maroc en hub atlantique pour les échanges sahéliens
- Les Émirats en financeur de cette nouvelle connectivité Sud-Sud
- L’AES en maillon sahélien d’un corridor énergétique et commercial qui contourne systématiquement l’Algérie
Cette nouvelle géographie énergétique et commerciale marginalise structurellement l’Algérie en créant des flux alternatifs (gazoduc AAGP, corridors commerciaux atlantiques, partenariats énergétiques émiratis) qui privent Alger de ses débouchés naturels et de son rôle de carrefour régional traditionnel.
L’impact dépasse le cadre sahélien pour toucher l’ensemble de l’espace ouest-africain, créant un nouvel ordre géopolitique sahélien connecté à l’Atlantique plutôt qu’à la Méditerranée, marginalisant définitivement l’influence algérienne dans sa zone d’influence historique.
Risques d’implosion interne
L’isolement extérieur pourrait à terme fragiliser la stabilité interne. L’incapacité du régime à obtenir des succès diplomatiques, combinée aux difficultés économiques, risque d’alimenter un nouveau cycle de contestation sociale.
Conclusion stratégique
L’isolement géopolitique de l’Algérie sous Tebboune résulte moins de la personnalité du président que d’une crise systémique profonde du régime politico-militaire algérien. Tebboune n’est que la face visible d’un iceberg institutionnel miné par des luttes de clans permanentes qui paralysent la prise de décision et génèrent une diplomatie erratique.
La guerre des clans – illustrée par l’emprisonnement de 155 officiers supérieurs – révèle un système en décomposition où les équilibres internes de pouvoir priment sur l’intérêt national. Cette fragmentation structurelle, combinée à l’obsession compensatoire du Sahara occidental, à la rigidité doctrinale et aux fragilités économiques, a transformé l’Algérie en un État quasi-paria, encerclé par des voisins devenus hostiles ou méfiants.
Mais cet isolement résulte également d’une stratégie de containment méthodiquement orchestrée depuis l’extérieur. L’offensive émiratie au Sahel, convergente avec l’Initiative royale marocaine, exploite les faiblesses internes du régime algérien pour redessiner la géopolitique régionale. Cette architecture géopolitique – axe Abou Dhabi-AES-Rabat-Benghazi – crée un véritable cordon sanitaire autour d’Alger, transformant l’isolement diplomatique en encerclement stratégique.
Cette transformation spectaculaire illustre comment les pathologies internes d’un régime peuvent rapidement détruire l’influence géopolitique d’un pays, particulièrement lorsqu’elles sont exploitées par des acteurs extérieurs sophistiqués. Elle révèle les limites d’une diplomatie otage des équilibres de pouvoir internes et incapable d’anticipation stratégique face à des coalitions adverses déterminées.
Recommandations stratégiques
- Stabilisation institutionnelle préalable : Toute amélioration diplomatique nécessite d’abord une pacification des luttes de clans internes et une stabilisation du processus décisionnel.
- Réforme du système de gouvernance : La décentralisation du pouvoir et l’institutionnalisation des mécanismes de coordination sont essentielles pour une diplomatie cohérente.
- Contre-stratégie face au containment externe : L’Algérie doit développer une réponse cohérente à la stratégie émiratio-marocaine, notamment par la diversification de ses partenariats et la réactivation de ses réseaux diplomatiques traditionnels.
- Désescalade progressive et séquentielle : La résolution des crises diplomatiques doit être abordée de manière graduelle, en privilégiant les dossiers où un compromis est possible.
- Diversification économique urgente : La réduction de la dépendance aux hydrocarbures est cruciale pour restaurer l’attractivité du pays et sa capacité de résistance aux pressions externes.
- Réconciliation nationale : L’ouverture démocratique et la réconciliation avec la société civile sont nécessaires pour redonner une légitimité au projet diplomatique algérien.
L’alternative à cette transformation systémique est claire : un isolement croissant qui pourrait à terme provoquer l’implosion du régime et contribuer à la déstabilisation durable de l’ensemble de la région maghrébo-sahélienne. L’Algérie se trouve aujourd’hui à un carrefour historique où elle doit choisir entre la réforme profonde de son système politico-militaire ou l’aggravation de sa marginalisation géopolitique dans un environnement régional recomposé par ses adversaires.
Cette analyse s’appuie sur des sources ouvertes et des évaluations d’experts. Les conclusions n’engagent que l’Institut Géopolitique Horizons.








