Institut Géopolitique Horizons IGH
No Result
View All Result
  • Login
  • Accueil
  • Actualités
  • Afrique
  • Maghreb
    • Maroc
    • Algérie
    • Sahel
    • Tunisie
    • Libye
    • Mauritanie
  • Documents
    • Communiqués de presse
    • Note d’Orientation Stratégique
  • Monde
  • Podcast
  • Qui sommes-nous?
S'abonner
Mon Compte
  • Accueil
  • Actualités
  • Afrique
  • Maghreb
    • Maroc
    • Algérie
    • Sahel
    • Tunisie
    • Libye
    • Mauritanie
  • Documents
    • Communiqués de presse
    • Note d’Orientation Stratégique
  • Monde
  • Podcast
  • Qui sommes-nous?
No Result
View All Result
Institut Géopolitique Horizons IGH
No Result
View All Result
Accueil Actualités

Du Polisario au Rif : Les Deux Fronts de la Stratégie Algéro-Iranienne

Institut Géopolitique Horizons by Institut Géopolitique Horizons
23 avril 2025
in Actualités, Algérie, Maroc, Monde
Reading Time: 13 mins read
97.9k
A A
0
Du Polisario au Rif : Les Deux Fronts de la Stratégie Algéro-Iranienne
Abdelhakim Yamani,
Institut Géopolitique Horizons
23 avril 2025

Une analyse des collaborations stratégiques visant à déstabiliser le Maroc sur deux flancs

RÉSUMÉ EXÉCUTIF

Le présent rapport analyse une stratégie coordonnée entre l’Algérie et l’Iran visant à déstabiliser le Royaume du Maroc sur deux fronts distincts mais complémentaires : le Sahara au sud via le Polisario et le Rif au nord via un nouveau mouvement séparatiste. S’appuyant sur des informations exclusives fournies par un officier général algérien, proche des services de renseignement de son pays, aujourd’hui en rupture avec le pouvoir d’Alger, notre analyse démontre comment cette collaboration s’est développée en deux phases :

RELATED POSTS

Sahel : la carte sécuritaire régionale se redessine

Iyad Ag Ghali, leader du JNIM, évacué pour soins en Algérie ?

Mondial 2026, Maroc et « Affaire Hakimi »

  1. Premier front (Sud) : Soutien historique au Front Polisario dans le Sahara occidental, complété plus récemment (milieu des années 2010) par une assistance militaire iranienne incluant armements et formation par les Gardiens de la Révolution.
  2. Second front (Nord) : Nouvelle stratégie visant le Rif avec un soutien officiel au Parti National Rifain (PNR), financé à hauteur de 10 millions d’euros par l’Algérie, couplé au déploiement d’une influence religieuse chiite de longue haleine au sein de la diaspora rifaine en Europe, particulièrement en Belgique, où la communauté chiite marocaine est estimée entre 200 000 et 250 000 personnes.

Cette convergence vise à établir potentiellement une entité politique sous influence chiite aux abords du détroit de Gibraltar, reproduisant à l’ouest de la Méditerranée la stratégie iranienne de contrôle des détroits stratégiques déjà observée à Ormuz ou sur les rives yéménites de Bab Al Mandeb. L’ancien général des Pasdaran, Amir Moussaoui, désormais retraité et installé en Belgique où il dispose d’attaches familiales (deux sœurs jumelles), a et continue à jouer un rôle central dans cette stratégie.

Il convient de noter que les différentes sources marocaines consultées dans le cadre de cette étude ont refusé de confirmer ou d’infirmer officiellement l’existence de cette collaboration algéro-iranienne. Néanmoins, ces interlocuteurs n’ont pas paru surpris par ces révélations, suggérant qu’une telle alliance pourrait s’inscrire dans la continuité logique des manœuvres déjà observées dans la région.

La montée du chiisme au Maroc même, avec le signalement régulier de célébrations discrètes de Husseiniyates, constitue un indicateur de l’efficacité partielle de cette stratégie prosélyte iranienne initiée dès les années 1980, justifiant une vigilance accrue des autorités marocaines et européennes.


1. LE SOUTIEN ALGÉRIEN AU SÉPARATISME RIFAIN : CHRONOLOGIE ET OBJECTIFS

1.1 Émergence d’une nouvelle stratégie de déstabilisation

Le soutien algérien au séparatisme dans le Rif s’est considérablement intensifié depuis 2023-2024, marquant une évolution significative dans la stratégie régionale d’Alger. En mars 2024, l’Algérie a officiellement accueilli et financé le Parti National Rifain (PNR), un mouvement séparatiste fondé en 2021 en Europe, en lui offrant une représentation officielle à Alger.

Cette démarche s’est intensifiée notamment en novembre 2024, avec l’organisation par Alger d’une « Journée du Rif » et un soutien financier important (environ 10 millions d’euros) au PNR, provoquant une vive réaction internationale et au sein de la Ligue arabe. Ce soutien vise à exploiter les tensions internes au Maroc, en particulier dans la région du Rif, pour affaiblir le pouvoir central marocain et détourner l’attention des problèmes internes algériens, comme les revendications indépendantistes en Kabylie.

1.2 Objectifs stratégiques multidimensionnels

L’appui algérien au séparatisme rifain poursuit plusieurs objectifs simultanés :

  • Déstabiliser le Maroc en exploitant les divisions internes, notamment dans une région (le Rif) marquée par des mouvements sociaux comme le Hirak de 2016.
  • Contrecarrer l’influence régionale du Maroc et affirmer la position de l’Algérie comme puissance dominante au Maghreb, en créant de nouveaux foyers de tension au-delà du Sahara occidental.
  • Détourner l’attention des problèmes internes algériens, notamment des revendications indépendantistes en Kabylie, en focalisant la pression sur le Maroc.
  • Internationaliser la cause rifaine pour obtenir un soutien diplomatique, notamment auprès de l’Union africaine et de certains pays africains, afin de légitimer la revendication d’indépendance du Rif.
  • Réagir aux défaites diplomatiques algériennes sur le Sahara occidental, en utilisant le Rif comme nouveau levier contre le Maroc après le recul de son soutien au Polisario sur la scène internationale.

2. LA DIMENSION IRANIENNE : UNE STRATÉGIE DE PROSÉLYTISME CHIITE CIBLÉE

2.1 L’influence chiite dans la diaspora rifaine en Belgique

Selon des informations fiables, l’Iran mène depuis le début des années 1980 une stratégie méthodique de prosélytisme chiite ciblant plus spécifiquement la diaspora marocaine en Europe, avec une concentration particulière sur les communautés rifaines en Belgique. Cette stratégie a connu un succès significatif : les autorités marocaines estiment aujourd’hui qu’entre 200 000 et 250 000 Marocains en Belgique seraient désormais chiites, représentant une proportion considérable de la communauté marocaine dans ce pays.

Cette pénétration du chiisme s’observe par la transformation de plusieurs mosquées traditionnellement marocaines en Belgique, qui affichent désormais des symboles chiites, comme la mosquée Arrahmane à Anderlecht, où les fidèles, souvent originaires du Rif, pratiquent des rituels distinctifs du chiisme.

Des sources journalistiques ont récemment documenté l’intensification de cette stratégie. Selon le quotidien marocain Assabah, un « nouveau plan de conversion au chiisme visant des Marocaines » a été lancé en Belgique, financé directement par l’Iran. Ce plan cible spécifiquement les femmes marocaines originaires « de villes du nord du Royaume et des montagnes du Rif », et consiste à organiser des mariages avec des hommes chiites selon des « rites chiites » considérés comme « bizarres » et « totalement étrangers aux coutumes marocaines » par les témoins. Ces cérémonies, qui se multiplient à Bruxelles, Liège, Charleroi et Anvers, sont « financées par des sources étrangères » selon les autorités belges citées par le journal.

L’opération de recrutement est méthodique : les femmes sont généralement approchées dans des mosquées et lieux de culte qu’elles fréquentent habituellement. Après ces unions, elles sont souvent invitées à séjourner en Iran et dans des régions chiites d’Irak pour y recevoir une formation religieuse approfondie. Selon les sources citées par Assabah, une centaine de femmes au moins seraient déjà concernées par ce phénomène, qui semble s’accélérer et s’institutionnaliser.

2.2 Les méthodes de recrutement et d’implantation

Les stratégies de prosélytisme chiite identifiées comprennent :

  • Mariages selon des rites chiites : Des opérations organisées font épouser des Marocaines sunnites à des hommes chiites, souvent liés à l’Iran.
  • Formations et voyages en Iran ou en Irak : Les recrues sont invitées à séjourner dans ces pays pour recevoir une éducation religieuse chiite approfondie.
  • Financement de petits commerces : L’Iran finance l’établissement de snacks et autres petits commerces servant de points d’ancrage communautaires et de diffusion idéologique discrète.
  • Utilisation de mosquées et création de centres d’études chiites : Ces lieux servent de bases pour l’organisation d’activités religieuses et culturelles promouvant le chiisme.

2.3 La progression du chiisme au Maroc même

La stratégie de prosélytisme iranien initiée dans les années 1980 a commencé à porter ses fruits également au Maroc même. Nos analyses confirment l’existence d’un nombre croissant de chiites marocains et l’organisation régulière, bien que discrète, de cérémonies de Husseiniyates (commémorations chiites du martyre de l’Imam Hussein). Ces activités font l’objet d’une surveillance attentive par les services de sécurité marocains, conscients des implications géopolitiques de cette pénétration religieuse.

3. CONVERGENCE STRATÉGIQUE ET ANTÉCÉDENTS : DU POLISARIO AU SÉPARATISME RIFAIN

3.1 Le précédent du soutien iranien au Polisario

Alors que le prosélytisme chiite auprès des populations marocaines a commencé dès les années 1980, l’implication directe de l’Iran dans le soutien au Front Polisario est un phénomène beaucoup plus récent, remontant au milieu des années 2010. Cette stratégie de déstabilisation du Maroc a été officiellement exposée en 2018, lorsque Rabat a rompu ses relations diplomatiques avec Téhéran après avoir découvert que le Hezbollah, sous direction iranienne, livrait des armes et dispensait des formations militaires aux combattants du Polisario.

Comme le confirme notre source, ancien responsable de haut rang algérien aujourd’hui en rupture avec le régime : « Le soutien iranien au Polisario n’a jamais cessé malgré les dénégations publiques. Les livraisons d’armement et les formations se sont simplement faites plus discrètes, transitant désormais par des pays tiers comme le Mali et la Mauritanie. L’Algérie a servi de facilitateur permanent dans cette relation, fournissant la logistique, le territoire et la couverture diplomatique nécessaires ».

Il révèle également que « des officiers des Gardiens de la Révolution ont formé des centaines de combattants du Polisario entre 2016 et 2023 à l’utilisation de drones d’attaque et aux tactiques de guerre asymétrique, dans des camps d’entraînement situés dans le désert algérien, loin des regards indiscrets ».

Cette collaboration triangulaire entre l’Algérie, l’Iran et le Front Polisario a servi de modèle opérationnel pour la nouvelle stratégie visant le Rif, avec des méthodes similaires mais adaptées au contexte spécifique du nord du Maroc et de sa diaspora européenne.

3.2 Un acteur clé à l’interface des intérêts irano-algériens : Amir Moussaoui

Amir Moussaoui, ancien général de brigade des Pasdaran et ex-membre des services de renseignement iraniens, constitue une figure centrale dans cette stratégie conjointe irano-algérienne. Officiellement à la retraite, il réside actuellement en Belgique où il dispose d’attaches familiales de longue date, notamment deux sœurs jumelles. Sa présence dans ce pays stratégique pour la diaspora rifaine n’est pas fortuite et s’inscrit dans la continuité de son rôle antérieur.

Anciennement attaché culturel à l’ambassade d’Iran à Alger, Moussaoui a joué un rôle clé en tant qu’intermédiaire entre l’Iran, le Hezbollah et le Front Polisario, notamment dans la fourniture d’armes au mouvement séparatiste sahraoui. Son activisme a provoqué des tensions diplomatiques majeures, conduisant à la rupture des relations entre le Maroc et l’Iran en 2018.

D’après notre source informée : « Moussaoui n’a jamais vraiment pris sa retraite. Son installation en Belgique a été planifiée depuis longtemps pour superviser la deuxième phase de la stratégie iranienne au Maghreb : après avoir soutenu le Polisario, il coordonne maintenant les opérations d’influence auprès de la diaspora rifaine. C’est lui qui identifie les leaders potentiels pour le mouvement séparatiste et qui valide les financements pour les commerces et associations servant de couverture ».

3.3 La révélation d’une collusion stratégique

L’information de la collusion stratégique entre l’Algérie et l’Iran concernant le soutien au séparatisme rifain nous a été révélée par un officier général, proche des services de renseignement algériens et en rupture idéologique avec le pouvoir actuel. Cette source de haut niveau confirme l’existence d’une coordination délibérée entre Alger et Téhéran, visant à instrumentaliser les revendications identitaires rifaines dans une stratégie plus large de déstabilisation régionale.

Selon les révélations de cet officier supérieur : « Le plan conjoint algéro-iranien pour le Rif n’est pas une simple opportunité tactique, mais une stratégie méticuleusement élaborée dans les bureaux fermés de l’état-major à Alger en présence d’émissaires iraniens ». Il ajoute que « cette stratégie a été validée au plus haut niveau de l’État algérien, avec une enveloppe financière initiale de 50 millions de dollars sur cinq ans pour soutenir l’émergence d’un mouvement séparatiste structuré dans le Rif ».

Notre source décrit également les motivations profondes de cette alliance : « L’objectif n’est pas simplement de créer un nouveau front contre le Maroc, mais d’établir un relais d’influence chiite aux portes de l’Europe, reproduisant le modèle que l’Iran a déployé avec succès au Yémen. Les généraux algériens ont été convaincus par l’argument iranien qu’une entité pro-chiite dans le Rif servirait nos intérêts communs : pour l’Algérie, affaiblir définitivement le Maroc ; pour l’Iran, établir un point d’appui stratégique sur le détroit de Gibraltar ».

Selon cette source, la stratégie algérienne affichée de soutien au PNR s’articule avec une stratégie iranienne plus discrète de pénétration religieuse, les deux convergeant vers l’objectif commun d’affaiblir le Maroc et de créer un foyer d’influence potentiellement hostile aux abords du détroit de Gibraltar.

3.4 Liens historiques entre le Hirak du Rif et l’influence extérieure

Une dimension supplémentaire de cette stratégie de déstabilisation est apparue dès 2017, lors du mouvement de protestation sociale du Hirak dans le Rif. Plusieurs sources médiatiques ont rapporté des implications algériennes dans ce mouvement contestataire.

Selon le site d’information Hespress dans un article datant de février 2024, « l’Algérie cherche à exploiter les failles sociales et identitaires existantes pour créer un nouveau foyer de tension qui détournerait l’attention des succès diplomatiques marocains sur le Sahara. » La même source précise que « le régime militaire algérien, via ses services de renseignement, aurait tenté d’exploiter le Hirak du Rif pour attiser les tensions dans cette région du Maroc. »

Le360.ma, dans une tribune publiée en décembre 2023, indiquait que « l’Algérie joue avec le feu du séparatisme » en soutenant les revendications indépendantistes du Rif, s’inscrivant dans une stratégie plus large de déstabilisation régionale. Ce soutien s’est concrétisé officiellement en mars 2024, comme le rapportait L’Orient Le Jour, avec l’ouverture d’un bureau du Parti National Rifain (PNR) à Alger, « exacerbant les tensions entre Alger et Rabat. »

Abdelkrim Chadili, un ancien prisonnier de tendance salafiste, avait alerté dès juin 2017 sur le fait que « plusieurs de ses camarades, dont certains sont toujours en prison pour terrorisme, sont unanimes qu’il y a des mains chiites derrière le mouvement de protestation du Rif », comme le rapportait alors le quotidien Assabah. Bien que distinguant les revendications socio-économiques légitimes des habitants du Rif, il pointait spécifiquement certains leaders du mouvement comme servant « des agendas extérieurs ».

Il est important de noter que, selon les sources consultées, si l’implication politique et le soutien algérien aux indépendantistes du Rif sont documentés, notamment via le PNR et des actions diplomatiques, les preuves publiques d’une implication directe dans les manifestations mêmes du Hirak sur le terrain demeurent limitées. Les autorités marocaines ont accusé le mouvement d’être manipulé par des mains étrangères, mais ces accusations n’ont pas été accompagnées de preuves documentaires accessibles au public.

Notre source algérienne confirme cette lecture des événements : « Le Hirak du Rif a été une opportunité idéale pour tester la réceptivité du terrain à l’influence extérieure. Les services iraniens et algériens ont étudié minutieusement les dynamiques de ce mouvement, identifié les leaders potentiels et évalué les faiblesses dans la réponse des autorités marocaines. Ces leçons ont directement alimenté la stratégie actuelle, plus sophistiquée et mieux coordonnée. »

4. LA DIMENSION STRATÉGIQUE DU CONTRÔLE DES DÉTROITS MARITIMES

4.1 La stratégie iranienne des verrous maritimes

L’Iran adopte depuis plusieurs années une stratégie de guerre hybride visant à établir des points de contrôle dans les principaux détroits et passages maritimes mondiaux, particulièrement le détroit d’Ormuz. Téhéran utilise une stratégie de déni d’accès maritime combinant menace militaire directe et utilisation de proxies.

Cette stratégie s’est manifestée concrètement en décembre 2023, lorsqu’un général iranien du Corps des Gardiens de la Révolution a explicitement menacé de bloquer le détroit de Gibraltar si les attaques contre Gaza ne cessaient pas, soulignant l’intérêt stratégique de Téhéran pour ce passage maritime crucial reliant la Méditerranée à l’Atlantique.

4.2 Le détroit de Gibraltar : prochain objectif stratégique ?

L’analyse des différentes données suggère que l’Iran pourrait chercher à reproduire aux abords du détroit de Gibraltar une stratégie similaire à celle déployée dans le détroit d’Ormuz. La création potentielle d’une entité politique sous influence chiite dans le Rif, aux portes de ce passage maritime stratégique, s’inscrirait dans cette vision globale.

Un tel positionnement permettrait à l’Iran d’établir un « verrou » sur un second détroit vital pour le commerce mondial, complétant son dispositif stratégique et renforçant considérablement son poids géopolitique face aux puissances occidentales.

5. IMPLICATIONS ET ANALYSE CRITIQUE DE LA POLITIQUE ALGÉRIENNE

5.1 Menaces potentielles pour la stabilité régionale

La convergence des stratégies algérienne et iranienne dans le Rif présente plusieurs risques majeurs :

  • Déstabilisation d’une région déjà fragilisée par des tensions socio-économiques, avec le risque d’un embrasement similaire au Hirak de 2016.
  • Exportation d’une influence religieuse chiite dans une région historiquement sunnite, créant les conditions de tensions confessionnelles inédites.
  • Émergence d’une menace potentielle sur le détroit de Gibraltar, passage stratégique pour le commerce mondial et la sécurité européenne.
  • Internationalisation d’un conflit localisé, avec le risque d’une extension des tensions régionales.

Comme l’a souligné notre source : « Ce n’est pas un hasard si les services iraniens ciblent la région du Rif. Ils ont étudié son histoire de rébellion contre le pouvoir central, ses particularités ethniques et linguistiques, et son sentiment d’abandon économique. Ils appliquent la même méthode qu’au Yémen avec les Houthis, en cherchant des populations vulnérables pour y implanter leur influence confessionnelle et idéologique, puis les transformer en leviers de puissance géopolitique. »

5.2 Une stratégie algérienne privilégiant la nuisance au développement

Il convient de souligner que l’Algérie, dans sa lutte d’influence contre le Maroc, a délibérément opté pour une stratégie de développement d’une forte capacité de nuisance, parfois aux dépens mêmes de ses propres intérêts de développement. Cette approche se caractérise par des investissements considérables dans les mouvements séparatistes (Polisario et désormais PNR) qui pourraient être redirigés vers le développement économique et social interne.

La mobilisation de ressources diplomatiques, financières et sécuritaires significatives pour alimenter des conflits aux frontières du Maroc témoigne d’une priorité accordée à l’affaiblissement du voisin plutôt qu’au renforcement des capacités nationales. Cette orientation stratégique est d’autant plus paradoxale que l’Algérie fait face à des défis socio-économiques majeurs qui nécessiteraient une concentration des ressources sur les besoins internes.

En s’associant à l’Iran dans cette stratégie de déstabilisation, l’Algérie prend également le risque d’importer sur son propre territoire des problématiques confessionnelles susceptibles, à terme, de fragiliser sa propre cohésion nationale, particulièrement dans un contexte où le chiisme demeure très minoritaire dans le paysage religieux maghrébin.

CONCLUSION

L’alliance stratégique entre l’Algérie et l’Iran visant à instrumentaliser le séparatisme rifain représente une évolution significative dans le paysage géopolitique régional. Cette collaboration dépasse le simple cadre des rivalités bilatérales traditionnelles pour s’inscrire dans une vision plus globale de reconfiguration des équilibres de puissance en Méditerranée occidentale.

La dimension religieuse de cette stratégie, matérialisée par le prosélytisme chiite ciblant spécifiquement la diaspora rifaine, ajoute une complexité supplémentaire à cette équation géopolitique. Le succès relatif de cette stratégie, attesté par la progression du chiisme tant en Belgique qu’au Maroc même, démontre sa cohérence et sa persévérance sur le long terme.

Pour conclure avec les mots prophétiques de l’officier algérien qui nous a confié ces informations : « Ce que nous observons aujourd’hui n’est que la partie émergée de l’iceberg. Le plan algéro-iranien pour le Rif s’inscrit dans une vision à vingt ans, pas à deux ans. Si l’Occident et le Maroc ne prennent pas pleinement conscience de cette menace hybride, ils pourraient se réveiller d’ici une décennie avec une entité séparatiste fortement radicalisée aux portes de l’Europe, servant d’avant-poste à l’influence iranienne dans un corridor maritime crucial. »

Face à cette menace multidimensionnelle, une réponse coordonnée impliquant non seulement le Maroc mais aussi ses partenaires européens s’avère indispensable pour préserver la stabilité régionale et la sécurité d’un axe maritime vital pour l’économie mondiale.


Document préparé par l’Institut Géopolitique Horizons
Analyse : Abdelhakim Yamani
Avril 2025
© Institut Géopolitique Horizons – Tous droits réservés

Tags: algeralgerieAmir MoussaouiANALYSEChiismeContexte géopolitiqueDetroit de GibraltardiplomatieFront PolisariogéopolitiqueIGH Institut Géopolitique HorizonsiranLe Roi Mohammed VImaghrebMarocMohammed 6Mohammed VIPasdaranpolisarioProselytisme chiiteRABATRifSaharasahara marocainSahara occidentaltebbouneTrump
Share35328Tweet22080Send
Institut Géopolitique Horizons

Institut Géopolitique Horizons

Related Posts

Sahel : la carte sécuritaire régionale se redessine
Actualités

Sahel : la carte sécuritaire régionale se redessine

13 juillet 2026
Iyad Ag Ghali, leader du JNIM, évacué pour soins en Algérie ?
Actualités

Iyad Ag Ghali, leader du JNIM, évacué pour soins en Algérie ?

13 juillet 2026
Mondial 2026, Maroc et « Affaire Hakimi »
Actualités

Mondial 2026, Maroc et « Affaire Hakimi »

22 juin 2026
Ce que Madrid, Washington, Oslo et Paris préparent vraiment pour le Conseil de sécurité
Actualités

Ce que Madrid, Washington, Oslo et Paris préparent vraiment pour le Conseil de sécurité

15 juin 2026
Le « Scénario El Ouali » : Comment Brahim Ghali aurait éliminé son successeur
Actualités

Le « Scénario El Ouali » : Comment Brahim Ghali aurait éliminé son successeur

8 juin 2026
Alger a ouvert un nouveau front contre le Maroc — et ce n’est plus au Sahara
Actualités

Alger a ouvert un nouveau front contre le Maroc — et ce n’est plus au Sahara

6 juin 2026

Articles recommandées

  • All
  • Actualités
Géopolitique de l’Énergie : Comment le Maroc est en phase de rebattre les cartes ?

Géopolitique de l’Énergie : Comment le Maroc est en phase de rebattre les cartes ?

1 an ago
La Réponse Humanitaire Marocaine à Gaza : Analyse d’une Diplomatie d’Influence

La Réponse Humanitaire Marocaine à Gaza : Analyse d’une Diplomatie d’Influence

1 an ago
Du Polisario au Rif : Les Deux Fronts de la Stratégie Algéro-Iranienne

Du Polisario au Rif : Les Deux Fronts de la Stratégie Algéro-Iranienne

1 an ago
Load More

Articles phares

  • Mondial 2026, Maroc et « Affaire Hakimi »

    Mondial 2026, Maroc et « Affaire Hakimi »

    88427 shares
    Share 35371 Tweet 22107
  • Ce que Madrid, Washington, Oslo et Paris préparent vraiment pour le Conseil de sécurité

    88424 shares
    Share 35370 Tweet 22106
  • Le « Scénario El Ouali » : Comment Brahim Ghali aurait éliminé son successeur

    88400 shares
    Share 35360 Tweet 22100
  • Alger a ouvert un nouveau front contre le Maroc — et ce n’est plus au Sahara

    88369 shares
    Share 35348 Tweet 22092
  • Iyad Ag Ghali, leader du JNIM, évacué pour soins en Algérie ?

    88366 shares
    Share 35346 Tweet 22092
Twitter LinkedIn
Institut Géopolitique Horizons IGH

L’Institut Géopolitique Horizons (IGH)

Un centre d’expertise indépendant dédié à l’analyse géopolitique des régions du Maghreb, du Sahel et de l’Afrique atlantique. Fondé pour répondre aux besoins croissants de compréhension des dynamiques régionales, notre institut s’engage à produire des analyses rigoureuses et à favoriser le dialogue entre les acteurs de ces territoires.

Articles récents

  • Sahel : la carte sécuritaire régionale se redessine 13 juillet 2026
  • Iyad Ag Ghali, leader du JNIM, évacué pour soins en Algérie ? 13 juillet 2026
  • Mondial 2026, Maroc et « Affaire Hakimi » 22 juin 2026

Catégories

  • Actualités
  • Afrique
  • Afrique Atlantique
  • Algérie
  • Communiqués de presse
  • Documents
  • Guerre Cognitive
  • Libye
  • Maghreb
  • Maroc
  • Mauritanie
  • Monde
  • Non catégorisé
  • Note d’Orientation Stratégique
  • Podcast
  • Sahel
  • Tribunes du Conseil scientifique et stratégique
  • Tunisie
  • غير مصنف

Welcome Back!

Login to your account below

Forgotten Password?

Retrieve your password

Please enter your username or email address to reset your password.

Log In
  • Login
No Result
View All Result
  • Accueil
  • Actualités
  • Afrique
  • Maghreb
    • Maroc
    • Algérie
    • Sahel
    • Tunisie
    • Libye
    • Mauritanie
  • Documents
    • Communiqués de presse
    • Note d’Orientation Stratégique
  • Monde
  • Podcast
  • Qui sommes-nous?

© 2026 Horizons.ma — Institut indépendant d'analyse géopolitique et stratégique. Prospective sur les enjeux géopolitiques | #Maghreb #Sahel #Afrique #Géopolitique #Stratégie

Ce site utilise des cookies dans le cadre de l’analyse de l’audience et de l’amélioration de ses services. En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies conformément à notre Politique de confidentialité et de cookies.
-
00:00
00:00

Queue

Update Required Flash plugin
-
00:00
00:00